jeudi 27 mai 2010

Cafard academy

Vous allez rire, mais avant que mon appareil photo ne me lâche lâchement (et quasiment en même temps que mon scanner, ce qui m'entrave considérablement le blogage, à croire que c'est un complot Paris-Habitationniste) et que je ne sois contrainte de vivre sur mes archives, et bien je m'étais essayée à la vidéo (mais si, .)

Et comme je suis dotée de deux mains gauches (et sans doute de deux hémisphères gauches aussi, l'autopsie prouvera que j'avais raison et je rigolerai bien et vous regretterez tous de vous être moqués), pour bien cadrer le couloir l'appareil je l'ai tourné.

Voilà pourquoi c'est en penchant la tête sur le côté très fort (ou en penchant votre ordi, voire votre bureau, de préférence si vous travaillez en open space ça donnera un sujet de conversation à la cantine) que vous pourrez savourer en exclusivité MONDIALE une répétition de "Singing in the rain" par les cancrelats de la cave du 47.




Mais si, sous le seau, là, à droite, on le voit danser avec son parapluie.

(L'original, c'est . Redressez la tête. Hurry up, parce que le son de l'extrait devrait bientôt être retiré par les ayants-droits. Pour moi, vous inquiétez pas, ce sera toujours open-bar chez les cafards).

Plouf

Ah, la cave!
Que de bons moments! Quelle richesse, olfactive notamment, car c'est là que l'on entrepose les poubelles, nid de cafard notoire et repaire à rats...

Encore une fois, Paris Habitat fait montre d'une belle générosité.

Logement très social, soit, mais il ne sera pas dit que les blattes défavorisées n'ont pas droit à un peu de confort. Voire d'hygiène.
(Pardon pour la qualité et la luminosité des photos, mais parfois, les ampoules sont fichues, et ya pas de flash sur mon téléphone...)

Alors pour les cancrelats les plus pressés, douche façon pluie tropicale comme dans les grands hôtels, avec bac à douche de bonne taille dans les teintes bleu océan:




Mais parce que certains cafards aiment barboter dans de grands espaces, et que parfois un bain s'impose, Paris Habitat proudly presents la baignoire-Ville de Paris, écolo, eau recyclée à partir des tuyaux d'eaux usées de l'immeuble et bassin vert-campagne:



Et enfin, pour ces dames et ces demoiselles les blattes, pour qui hygiène est synonyme de détente mais aussi de fun et de parfum Ariel-Paic, le must des soirées undergound (littéralement, hein), j'ai nommé le bain moussant!



Alors j'ai testé pour vous, la dernière fois que je suis allée déposer mes poubelles au bout du labyrinthe de la cave j'ai essuyé (haha) une salve humide et odorante, version shampoing qui pue, en direct sur mon scalp qui a moyennement apprécié l'agression. En gros, j'en ai pris sur la tête, et ça m'a calmée. Maintenant je ne sors plus mes poubelles que dans la rue, me privant par là de belles rencontres, mais bon, au prix du shampoing spécial cheveux trempés dans les égouts, je peux pas me permettre trop d'ouverture non plus.

(Pour info, ces trois photos ont été prises exactement au même endroit.)


mercredi 19 mai 2010

Quand j'ai le cafard....

Tous les soirs, lui et moi, on vit une grande histoire d'amour.
(Fonctionne sans pile.)

lundi 17 mai 2010

mardi 11 mai 2010

Trop mortel

Galaé est une petite fille de huit ans à la curiosité sans limites. Elle écoute tout ce qu'on lui dit et est pourvue d'une paire de parents diserts et toujours prêts à décortiquer pour elle les mystères de la vie.

Samedi dernier, elle est venue dîner avec sa famille dans mon HLM où, au moins, on n'a jamais peur de déranger les voisins en faisant la bringue le ouikende - ils se doutent qu'en venant se plaindre il s'exposent à ce que je leur rappelle en toute amitié locative que leurs tuyaux goutent-à-goutent à travers le plafond de ma cuisine depuis plusieurs mois, par exemple, sans qu'ils n'éprouvent la moindre velléité de coller un pauvre malabar sur le trou pour que ça s'arrête. Et puis à vue d'oreille, ils passent leur temps à se découper mutuellement en morceaux, alors ils doivent plus être très présentables.

Bref, samedi, Galaé a eu droit à l'explication de la trappe de l'ascenseur par sa maman qui aime à roblotiser* le temps de monter les quatre étages, pour passer le temps.

Et hier soir, en revenant du cours de danse auquel elle participe avec ma progéniture, cette petite m'a permis d'assister à un dialogue absolument surréaliste.

Galaé: Tu sais à quoi ça sert la trappe, là, dans l'ascenseur?
Cosette: C'est pour mettre les trucs de l'électricité de l'ascenseur, tout ça.
G: Pas du tout, c'est pour mettre les CERCUEEEEEEIIIIIILS....sinon c'est trop petit on peut pas les mettre.
C (très désireuse d'être impressionnée): Ah bon.
....
On sort de l'ascenseur. Et Galaé reprend, l'air envieux:
"T'as trop de chance. Toi ton ascenseur il est grand, on pourra faire passer ton cercueil. Alors que le mien il est tout petit, et faudra prendre les escaliers".

Trooooop de chance, la Cosette.


* roblotiser: adopter le langage du Roblot ménager.





mardi 4 mai 2010

Cancrelat las

Il existe plusieurs sortes de cafards. Des plus ou moins noirs, des plus ou moins gros. J'ai la chance d'en posséder un échantillon assez représentatif (oui j'estime après quasiment deux ans de cohabitation hostile que je les possède, car sinon il me faudrait admettre que je suis possédée (certains soirs, quand j'ai l'impression qu'il me courent dans la façade interne de la boîte crânienne, je ne suis pas loin de le penser).

Ya les marronasses aussi, comme celui qui a fini sa vie devant l'entrée de la cuisine ce soir. Énorme, mais marron assez clair. Je le soupçonne d'être celui que Gavroche avait pourchassé un matin où je refusais de sortir de mon lit sous le prétexte un peu facile que c'était dimanche, que j'avais la flemme de bouger de mon lit, et que si c'est pour commencer la chasse aux bestioles avant le petit-déj je préférais encore lire tout le Vidal en VO sans dictionnaire ou chanter la bible par coeur sur l'air de Tata Yoyo. Bref, Gavroche avait pourchassé la bête à mains nues (il est courageux, mon fils), mais "j'ai essayé de l'attraper et elle est partie sous la bibliothèque".

D'où je la soupçonne de ne pas être sortie (découragée par la bouffée d'insecticide que je lui ai pulvérisé sur le coin des antennes?) pendant les 15 jours qui ont suivi.

Sauf que là, ce soir, elle s'est dit, la bête, qu'il ne lui restait plus trop de temps si elle voulait avoir le temps de fignoler son testament, elle a pris son courage à deux antennes, et elle a entrepris de traverser le couloir. Et pouf, dead.

Et comme je ne respecte rien, et surtout pas la camarde, je lui ai filé un grand coup de tapette sur le coin de la carapace, au cas où elle n'aurait fait que semblant d'être canée (on me l'a déjà fait, hein, sont futés et perfides ces insectes).
Elle faisait pas semblant. C'était bien un cancrelat décédé.

Mais alors gros, gros, je dirais catégorie 4.

Le cafard de type 1, c'est le bébé, quand même pas mignon mais que je peux regarder courir comme un con sans hurler, et écraser sans nausée. Le niveau 2, il commence à prendre de l'assurance, mais comme il est crétin - c'est le cafard ado, période rebelle, du gel plein les antennes et la mandibule boutonneuse, il veut épater sa bande de potes planqués sous l'évier et il leur dit "Hé les gars, chiche je traverse la cuisine en courant en plein jour!" et vlan, mort subite si je passe par là.
Le cafard de type 3, c'est du sérieux, il est adulte, il est chargé de famille, il est pas là pour rigoler, et il est GROS. Il aime bien bouffer les croquettes du chat au petit matin, se planquer sous la gamelle et surgir au moment où je débarque ensommeillée préparer le ptit déj des enfants: il crie "BOUH!" et moi j'ai le palpitant qui se prend pour DJ techno.

Le 4, c'est le cafard énorme, un peu comme Voldemort, vaut mieux pas le nommer, on sait jamais, ça pourrait le faire venir. Et lui c'est celui qui m'assure de douces nuits au pays des cauchemars et, en général, il sort au moment où le plafond de la cuisine se met à gouter et où les voisins rejouent massacre à la tronçonneuse en bengladais. Me propulsant dans les ténèbres gluantes du désespoir locatif le plus total.

Aujourd'hui j'ai reçu une énième lettre type de la mairie en réponse à mes courriers, pour m'expliquer que seul Paris Habitat pouvait me faire changer de logement, et que j'avais intérêt à avoir une bonne raison pour demander autre chose. Genre agrandissement de la famille. Ben si mes calculs sont exacts (et ils ne le sont pas mais je suis sûrement dans la cote basse), ils sont plusieurs centaines rien que sous mon évier. C'est pas de la surpopulation, ça? J'ai une nouvelle solution: on me laisse là, et on les change d'appart, eux.

Gavroche m'a finalement confié: "Maman tu sais, les gens qui étaient là avant nous, je crois qu'ils ont déménagé parce qu'il y avait trop de cafards ici."

Bon, en vrai, ils ont été expulsés. C'est vachement plus poétique.