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dimanche 8 mai 2016

Allons zenfants

Aujourd'hui Macron est allé à Rouen faire l'article, c'est-à-dire parler de Jeanne d'Arc et dire à quel point elle avait "fendu le système" et "su rassembler le pays",  concluant même que "les Français ont besoin de Jeanne d'Arc car elle nous dit que le destin n'est pas écrit."


Résumons: Jeanne d'Arc c'est quand même une gonzesse définie par l'état de son hymen (la pucelle avant tout), qui prétendait entendre des voix, qui était persuadée que Dieu lui donnait des ordres quasi en direct : ("Gentil dauphin, je te dis de la part de Messire Dieu que tu es vrai héritier du trône de France"), et qui s'était permis de faire ce qu'aucun mâle dominant n'avait réussi à faire en cent ans de guerre, aka bouter les Anglais avec un coup de pied au cul pour leur donner de l'élan.

Donc, une fille qui au Moyen-Âge faisait TOUT ce que les filles ne doivent surtout pas faire (l'ouvrir et humilier des mecs). (Je dis au Moyen-Âge mais changez quelques lettres et ça marche assez bien pour à peu près toutes les époques et tous les continents). Et alors tout ce courage et ce mérite, ça lui a valu une médaille, un beau château, des terres et un mari qui ne la violerait pas trop souvent, forcément?

Ben non, ça ça aurait été si le destin n'avait pas été écrit. Mais le sien, à Jeanne, à partir du moment où elle a quitté le cul de ses moutons, il était clair comme du sperme de baleine: elle était cuite la môme et elle ne s'en sortirait pas aussi facilement.

Bon ceci dit tout cela n'est pas très grave, si ça prouve uniquement que Macron est une brêle en histoire médiévale, après tout on peut pas être bon en tout.

Mais quelle idée quand même de choper Jeanne justement, pour donner une image de personnalité qui fend le système (c'est marrant comme expression. À la fois on a l'impression de voir un bûcheron avec sa hache, et puis d'un autre côté, la fente de Jeanne, quand même, c'est limite irrespectueux. Je m'égare). À croire qu'il n'existait personne de plus récent, de plus rassembleur, de plus réaliste surtout....Eh, Manu, de Gaulle tu connais pas? Jaurès ça te dit rien? Une femme absolument? Lucie Aubrac alors?

Non, c'est Jeanne qu'il te faut. Comme le FN, quoi. C'est dit. Eh bien outre que c'est de la récup douteuse (attention, le recyclage à mauvais escient ça pue) ben moi je trouve ça affolant, d'ériger un personnage médiéval religieux symbole de la xénophobie de clocher comme unificateur des français.

Et ça n'a rien à voir (?) mais à Stalingrad, sous le métro aérien où se réfugiaient les réfugiés, il y a désormais des grilles qui empêchent absolument tout accès. Le terrain de basket et le trottoir sont devenus de vrais no-go zones où personne, et surtout pas des étrangers qui fuient la guerre après avoir tout perdu et tout subi, ne peut aller planter temporairement son désespoir. La mairie de Paris et le gouvernement n'ont pas besoin d'une nouvelle Jeanne pour bouter les Syriens hors de notre vue, la police aux uniformes bleu marine l'ont avantageusement remplacée.



vendredi 18 février 2011

C'est bête, ah, bon dieu!

Après un iguane dans mon ascenseur, un cafard dans mon imprimante (ou au choix lave-vaisselle/bureau/couloir/tapis/ya guère que dans mon cul...mais je m'égare) et un rat dans ma cour, j'ai trouvé, par un moche matin d'hiver, une coccinelle dans mon tiroir à culottes.




Les paris sont ouverts. Était-ce un mâle féru de franfreluches dentelières et en quête de sensations? Une femelle qui se croyait perdue dans un magasin de lingerie géante? Un message poétique envoyé par mon ange-gardien, qui ainsi me faisait savoir qu'une coccinelle ne fait pas le printemps, certes, mais qu'il reste de l'espoir et que la vie peut-être rouge avec des points noirs et que si ça, ça donne pas une occasion d'espérer, alors quoi?

Je ne le saurai jamais. D'abord la coccinelle, elle était crevée. Et puis Gavroche l'a emportée pour la disséquer et faire des expériences en vacances. Si ça se trouve, c'est exactement ce qu'un petit diablotin est en train de faire avec mon ange-gardien, d'ailleurs.

Sinon comment expliquer ce courrier de Paris Habitat, poussé au cul par monsieur Philippe Jacquot que Monsieur Mano (Le grand chef des apparts à la mairie de Bertrand) a sollicité après un des mes multiples courriers vengeurs, qui dit:

"Je vous informe que mes services n'ont enregistré aucune demande de logement à votre nom".

"Je vous informe que mes services n'ont enregistré aucune demande de logement à votre nom".

Mais à la mairie du 18e, ils ont une pièce ENTIÈRE remplie de demandes de logements à mon nom! Il paraît qu'ils envisagent de me dédier un square, avec la statue d'un iguane géant, tellement ma persévérance fait plaisir à voir. Dans les grandes école, des étudiants appliqués apprennent mes missives par coeur, dans l'espoir de savoir, eux aussi, un jour, écrire la même lettre sous sept cents formes différente sans jamais répéter la même phrase!!!!

Ah, Philippe Jacquot, j'ai l'air de rigoler comme ça, mais je t'assure, c'est nerveux.

samedi 11 décembre 2010

Sale type

Aujourd'hui j'ai reçu UNE réponse à la demi-douzaine de lettres que j'ai envoyées il y a dix jours pour protester contre les lettres-types dont je suis inondée.

En effet, quelle que soit la nature de ma demande, de mon grief ou de mon hystérie, la mairie ne sait que me renvoyer une lettre-type.

Contexte de ma dernière missive:
Un matin je me levai aux aurores (8h39) et j'allumai mon cerveau annexe (France Inter), seule manière efficace de me connecter au monde. Mal m'en prit puisque je tombai en pleine interview de Monsieur Jean-Yves Mano, autrement connu comme monsieur l'adjoint au maire responsable du logement de Bertrand D., voire Monsieur le président de l'Opac (tiens, ça me dit quelque chose). Ce gai-luron (voir photo) se défendait, agressé par des journalistes (sont méchants ces gens, n'importe quel membre du gouvernement vous le dira) refusant de faire comme s'ils ne savaient pas que certains HLM sont occupés par des gens riches. Ou juste assez aisés pour aller ailleurs. C'est La tribune qui a craché le morceau en preum's (enfin ya moi aussi mais personne ne lit mes lettres, c'est un scandale).

Monsieur Jean-Yves Mano est bien d'accord: c'est proprement scandaleux. D'ailleurs il va faire le ménage dans tout ça, et d'ailleurs les services concernés labeurent jour et nuit pour remédier au problème.

Ca m'a un tantinet agacée, dans la mesure où moi, j'écris régulièrement à l'univers entier que je gagne trop de sous pour justifier un logement HLM et que je suis volontaire pour aller ailleurs, non, même pas dans plus grand, juste dans plus cher (et évidemment, faut pas pousser l'iguane dans la cage d'escalier non plus, plus près de l'école pendant qu'on y est). Un PLI (logement intermédiaire), quoi.
Ce qui permettait de libérer mon FANTASTIQUE (dans mon pays les majuscules sont une marque d'ironie) logement en faveur d'une famille vraiment défavorisée, vu que c'est quand même trois pièces et quand même moins de 600 euros par mois (et dans mon immeuble vous n'imaginez même pas combien certaines familles arrivent à caser de membres dans trois pièces).

Donc, reprenons, j'étais agacée.
Étant donné l'heure matinale, ma légendaire timidité et le refus catégorique de mes cordes vocales de donner de la voix avant d'avoir avalé l'ami du petit déjeuner, hors de question d'appeler France Inter pour déverser ma faconde dans l'oreille de Monsieur Mano et des milliards d'auditeurs. Donc, j'ai fait comme d'hab: j'ai écrit. A monsieur le président de l'Opac, of course, mais j'ai un peu mis en copie la terre entière (l'autre jour à la Poste l'employé, qu'il soit béni jusqu'à la douzième génération, m'a indûment refilé un carnet de timbre. J'en profite). Dont la mairie, mon interlocuteur aveugle, sourd et muet favori.

En gros, ma lettre disait ça:
Cher Monsieur Mano, moi je suis dans le cas des gens dont vous causez, je peux payer plus que mon loyer actuel et filer mon appart à des pauvres, seulement quand j'écris à ma mairie socialiste pour leur dire ils ne font rien qu'à me répondre des lettres types. Quoi faire?

J'aurais pu rajouter "et c'est pas la mairie qui me contredira", car ce matin, donc, j'ai reçu la réponse de "Le secrétaire administratif Catherine Della Valle" (on est pas très féministe de la syntaxe à la mairie du XVIIIe semble-t-il), qui me renvoie une lettre-type pour accuser réception de ma lettre me plaignant de recevoir des lettres types.

Ubu maire, vous connaissez? Merdre alors!