mercredi 2 mars 2011

Kinder surprise

Il suffit, ici, de déplacer un tantinet, de soulever un chouïa, de faire pivoter un micron pour à coup sûr gagner le gros lot.

Le gros lot a six pattes et deux antennes, et s'il a conscience que la bave au coin de mes lèvres, les éclairs dans mon regard et les jurons hystériques représentent un danger pour sa carapace, il fait le mort. A plat sur le ventre. C'est à dire il ferme les yeux très fort et il ne bouge plus, très fort aussi. Ce qui m'arrange, parce que quand il se rend compte que d'une part je suis pieds nus et que donc, je ne vais pas le piétiner, et que d'autre part il n'est pas si loin que ça de la bibliothèque et qu'en mettant ses six pattes à son cou il peut sauver ses tubules de malpighi (ça en jette, hein?), ben il se tire et il s'en tire, évidemment. Sauf quand mon instinct de survie a raison de mon instinct d'intello et que je lui jette les Misérables en travers de la gueule, mais je regrette toujours parce qu'après il faut laver le bouquin, et j'aime pas mouiller Hugo. Et tomber sur un bout d'antenne entre Thénardier et Jean Valjean, ça casse un peu l'ambiance barricade.

C'est pour cette raison que j'évite de déplacer couvercles, tabliers et autres machines à laver chez moi, ce serait dommage de les déranger. Sauf quand j'ai pas le choix. Comme hier, par exemple, où j'ai déplacé de quelques centimètres le dessus du lave-vaisselle, et ben ça a pas raté:



Remarquez que la bête est sur le dos. Un cancrelat de l'Actor's Studio, qui trouve que ça fait plus réaliste de jouer les macchabées les quatre fers en l'air? Ou un cas de cafard exhibitionniste kiffant à l'idée de me mettre son gros (sa grosse?) tubule sous le nez? Ben imaginez-vous que même pas. Il était VRAIMENT mort (oh, j'aimerais tant que ce soit la fin du cafard de mon lave-vaisselle! Dieu des cloportes, ayez pitié de mes nerfs!) Du moins j'espère parce que je l'ai aspiré, et s'il était pas cané il est en train de faire la teuf dans le sac de l'aspirateur, ou d'y pondre tranquillement des milliards d'oeufs dont le sang impur ne manquera pas d'abreuver les sillons de ma douleur. Bref. J'aurais aimé je crois pouvoir me dire que j'étais tombé sur un insecte obsédé, un déviant au milieu de ces foules grégaires qui ne vivent que pour mourir et ben même PAS!

Sachez que les cafards se reproduisent dos à dos. Si c'est pas pitoyable.

Ce qui prouve deux choses:

tout d'abord, ils doivent grave se faire chier au lit. Ben oui, imaginez-vous baiser dos à dos. A moins de tapisser toute la chambre de miroirs, ça doit être limite barbant (j'en vois, salut les filles, qui se disent oui mais parfois on doit pouvoir en profiter pour s'épiler ou regarder Desperate Housewives quand ça dure trop. Certes. Mais ne me faites pas croire que ça rend la chose moins pathétique).

Et l'autre chose que ça prouve, c'est que les cafards sont en fait réellement des obsédés et insolents et vulgaires avec ça. Parce que quand ils font le mort sur le ventre, en fait, c'est pour le coup qu'ils me la montrent grave.

PS: Ayé, on sait enfin d'où vient l'expression "faire un enfant dans le dos", du coup.

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