samedi 23 avril 2011

Je dis graisse

Je ne comprends même pas comment j'arrive à entretenir ce blog, moi qui suis une sinistrée de l'informatique et des nouvelles technologies. Moi qui ai une crinoline dans la tête et qui prendrais volontiers un fiacre pour aller voir la dernière pièce de Msieur Hugo. Bref, ça me dépasse, mais peu importe, ce qui compte c'est le résultat et je suis donc dans le bain de la modernitude et si ya que la tête qui dépasse de la bouée, après tout c'est pas bien grave.

Ce n'est que très récemment que j'ai trouvé le bouton qui me dévoile ce que les gens qui vivent sur la Toile (toi, madame, mademoiselle, monsieur, martien ou pissenlit transgénique, everybody's welcome) ont tapé comme mots clés pour parvenir jusqu'à la maison de mon cerveau.

Et là, ce soir, j'ai regardé, et ben ya DEUX entrées "bouille à baise et tête de con".

Je vais adorer cette fonction.

(C'est ptête quelqu'un qui cherchait mon gérant? Il a disparu.)

mercredi 20 avril 2011

You've got mail!

L'inénarrable Paris Habitat a décidé de contribuer à la déforestation de l'Amazonie et à la contamination de l'Amazone par déversement intempestif d'encre moche et nous a envoyés, à nous autres heureux locataires contents (je suis heureux d'être un Delta) une brochure intitulée: "La médiatrice du locataire".

C'est dans l'éventualité hautement improbable (je vous dis qu'on est content) où on serait pas ravis d'être posés dans un élevage de cafards entre le vide-ordure et le parking, et qu'on aurait une récrimination à l'encontre de Paris-Habitat, ben au lieu d'aller direct à l'antenne casser la gueule à la gérante avec la poignée de l'ascenseur qui nous est restée dans les mains (message personnel: l'ascenseur est en panne) on doit maintenant passer par la médiatrice. Qui je cite "peut être sollicitée dès lors que votre problème n'est pas réglé ou que la réponse ne vous donne pas satisfaction."

Elle va bien rigoler la médiatrice. Qui me rappelle singulièrement le bouc émissaire des romans de Pennac, vous savez, le type qui travaille dans une maison d'édition et dont le métier est de recevoir les auteurs évincés, voire de se faire casser la gueule à l'occasion (Au bonheur des ogres et les merveilles qui suivent).

Bref. Voilà à quoi ressemble la première de couve du chef d'œuvre:




Je remarque que la médiatrice est blonde. Alors que le locataire (qu'a pas l'air si pas content que ça finalement) est un homme. La médiatrice n'a pas de dents (donc si vous tapez dessus, elle ne vous mordra pas, c'est toujours bon à savoir). Le locataire, lui, est muni d'une grande unident blanche, est très très souple du poignet (sisi, je vous assure, j'ai essayé le petit mouvement de torsion pour avoir les doigts bien en face du dessinateur comme ça c'est vachement dur mine de rien quand on est en biais). Mais surtout il est très mal dessiné. ALors c'est bien la peine qu'on allonge des 500 euros par mois fois trois milliards sans pratiquement rien coûter en frais d'entretien des immeubles (message personnel: il continue de pleuvoir dans la cave) pour que Paris Habitat aille faire dessiner bénévolement ses prospectus d'auto-satisfaction par des enfants de maternelle même pas chinois (les ptits chinois en maternelle ils savent déjà dessiner les patrons pour Gap et Levis, eux.)

Je passe sur le goût vestimentaire du locataire, qui visiblement est allé faire un tour dans les années 80 pour s'acheter son futal. Et sur le regard dans le vide de madame la médiatrice qu'on est même pas déjà arrivés à la page 2, je la soupçonne d'être un robot ou une poupée gonflable. Et de s'être fait offrir une écharpe en PQ pour la fête des mères (mon Dieu faites qu'il pleuve).

Voici la page deux.





Alors là on voit la médiatrice du locataire, son écharpe en PQ fermement arrimée, qui fait moins sa fière plongée dans une foule de locataires pas contents (et toujours aussi bien dessinés). Les gens du premier plan (surtout la femme blonde, là, à gauche) ont le regard carrément inquiétant, c'est d'une violence tellement insoutenable que l'artiste (hahaha!) a préféré mettre du flou pour pas choquer. En effet, il semble évident que la pauvre médiatrice-robot va se faire lyncher voire bouffer crue par ces individus sans âme et sans confort dont le sourie figé échoue à cacher la soif de sang que seul du plasma bien frais de médiatrice du locataire pourra étancher (j'aurais dû faire scénariste pour Scream).
Ca vous fait pas un peu penser à ça?





C'est les enfants du "Village des damnés", un des films que je regardais en boucle quand j'étais petite, et où les enfants très très méchants font vraiment de grosses bêtises étant donné qu'ils sont moitié extra-terrestres, moitié américains. (On note le même genre de mixité réaliste chez eux que dans le dessin de la brochure soit dit en passant).

Ben ici c'est pareil, sauf que les locataires ils sont moitié pas contents, moitié mal dessinés.

(On notera au passage la grande mixité ethnique qui règne dans les dessins de Paris Habitat. Qui me conforte dans l'idée que l'enfant de maternelle qui a commis ça doit habiter Neuilly, en plus de pas être chinois).





Dans la page trois la vie est bien compliquée. Le couple voudrait bien écrire à la médiatrice du locataire, mais il a pas de papier, pas de stylo! Heureusement, un gentil monsieur de Paris Habitat (il n'est cependant pas précisé où se procurer cet accessoire fort utile) leur tend un FORMULAIRE. C'est la fin des souci pour monsieur et madame Lagroy de Croutte de saint Partin, qui vont enfin pouvoir écrire à la dame (ils n'ont toujours pas de stylo, mais on va pas s'arrêter à des détails, la dame n'a pas non plus de dessous-de-nez, de bras droit ou d'épingle dans son chignon, et est-ce que ça gêne quelqu'un? Et Monsieur sans tronc, il dérange?)

Bref, la vie est belle, tout comme pour ce digne vieillard du dessous (il a les cheveux gris, c'est un code) qui va enfin comprendre où mettre son nom, là, en bas de la page blanche où ya rien écrit, vous inquiétez pas papy je remplirai après on a l'habitude - ah bravo la médiatrice du locataire, dès que tombe l'écharpe en PQ les scrupules disparaissent on dirait, c'est pas joli joli.

Mais qu'il est long, ce post.

Enfin, dernière page, on retrouve la locatrice du médiataire ou l'inverse, je sais plus il est tard, qui lit tranquillement son courrier:






(Notez qu'elle est payée grassement, elle a les moyens, elle, de se payer des stylos et une jolie affiche blanche en lévitation pour décorer son mur), tandis que Monsieur Tout le Monde en kimono déverse sa bile non sans avoir chaussé ses moches lunettes Affreux Loup.

C'est tellement pathétique que même Marianne sur le timbre (zavez compris bande de dégénérés d'assistés sociaux des HLM? Faut mettre un TIMBRE sur votre lettre au Père Noël!!) elle fait la gueule.

samedi 2 avril 2011

Comme le dit Pénélope...

...ma vie est tout à fait fascinante.

Comme je suis traductrice (quand ça va, trouductrice quand ya du mou), j'ai l'occasion de travailler pour des clients tout ce qu'il y a de plus funky.

Or donc, un boss à moi (que je ne nommerai pas, même si c'est pas l'envie qui me manque mais bon, comme dit le vieux proverbe chinois, si tu chauffes la nouille au patron t'auras bientôt plus de beurre à mettre dans les épinards), désignons-le par l'habile pseudonyme de J., fait rien qu'à rire de la mort prochaine du petit artisanat traductouilleur aux mains du désolant (et souvent désopilant) Google trad.


Au début je me suis rebellée, instinct de survie oblige. Quoi, mais ces machines ne seront jamais au niveau du cerveau humain qui est quand même capable d'inventer la mine antipersonnelle, la Star Academy et les centrales nucléaires qui fondent dans la bouche pas dans la main. Laissez-moi rire.

Et puis j'ai été obligée d'admettre que le temps où lesdites machines traduisaient "gentle cycle wash" par "gentille bicyclette lavable" était révolu.

Donc cher public, parce qu'on est le 2 avril et que ça se fête, en exclu UN IGUANE IN MY LIFT rien que pour vous.
Je vous livre des extraits du post du 2 mars, pas tout ce serait de la gourmandise. Mais le meilleur est en couleur et si ya des non-traducteurs ou non-anglophones qui passent par là, vous pouvez y aller direct (ya quelqu'un?)
Ca donne:

Suffice it here to move a bit, lifting a tad, rotate to one micron certainly win the jackpot.

The jackpot has six legs and two antennas, and if he is aware that the drool at the corner of my lips, lightning in my eyes and swear hysterical represent a danger to its shell, it plays dead. Flat on his stomach. That is to say he closes his eyes really hard and it stops moving, very strong too. This suits me, because when he realizes that on one hand I'm barefoot and so I'm not going to trample, and secondly it is not that far from library and that by its six legs around his neckhe can save his Malpighian tubules (throws it, huh?), well he shoots and he is doing, obviously.Except when my survival instinct is right in my instinct nerd and I threw him in Les Miserables through the mouth, but I always regret it because after the book should be washed, not wet and I love Hugo. And fall on a piece of antenna between Jean Valjean and Thenardier, it breaks the mood a little barricade.

For this reason I avoid travel covers, aprons and other washing machines at home, it would be a pity to disturb them. Except when I have no choice. Like yesterday, for example, where I moved a few centimeters above the dishwasher, and well it has not missed:




Pour les non-anglophones, j'ai demandé à Google trad de retraduire les passages en rouge en français (il fait ça si bien):

Sauf quand mon instinct de survie est juste dans mon instinct nerd et je l'ai jetédans Les Misérables par la bouche, mais j'ai toujours le regretter, car d'après le livre doit être lavé, mais pas mouillé et j'aime Hugo. Et tomber sur un morceau del'antenne entre Jean Valjean et Thénardier, il rompt l'humeur d'une petite barricade.

Pour cette raison, je éviter Voyage, tabliers et autres machines à laver à la maison.

Bon allez je vous laisse, faut que j'aille jeter le dernier Houellebecq par la bouche.


lundi 28 mars 2011

Girls we wanna have fuuuun

Une de mes citations préférées du répertoire français:

"J'en ai rêvé si fort que les draps s'en souviennent".

(merci Méchant-Héry).

mercredi 16 mars 2011

Actu cafardeuse

Je suis très occupée.

Entre autres, parce que l'actu, qui en tue beaucoup en ce moment, me fait vivre. C'est du Darwinisme journalistique. C'est moche, mais il est certain qu'au pays des Bisounours, j'aurais beaucoup moins d'articles à traduire.

En passant, et comme le nucléaire est à la mode de chez nous, je tiens à souligner que d'après vous, QUI est le seul capable de survivre à une attaque atomique? Gaspard le cafard. Si ce n'est pas la preuve que tels les ongles de pieds de mes enfants négligés par une mère au bord du burn out, ces bêtes-là sont le mal incarné.

Les gens, les animaux, les plantes, couic, mais Gaspard, non, tout content, et hop, il est maître du monde. D'ailleurs, j'ai des preuves.

Et moi j'habite avec ces créatures-là. Pouah.

mercredi 2 mars 2011

Kinder surprise

Il suffit, ici, de déplacer un tantinet, de soulever un chouïa, de faire pivoter un micron pour à coup sûr gagner le gros lot.

Le gros lot a six pattes et deux antennes, et s'il a conscience que la bave au coin de mes lèvres, les éclairs dans mon regard et les jurons hystériques représentent un danger pour sa carapace, il fait le mort. A plat sur le ventre. C'est à dire il ferme les yeux très fort et il ne bouge plus, très fort aussi. Ce qui m'arrange, parce que quand il se rend compte que d'une part je suis pieds nus et que donc, je ne vais pas le piétiner, et que d'autre part il n'est pas si loin que ça de la bibliothèque et qu'en mettant ses six pattes à son cou il peut sauver ses tubules de malpighi (ça en jette, hein?), ben il se tire et il s'en tire, évidemment. Sauf quand mon instinct de survie a raison de mon instinct d'intello et que je lui jette les Misérables en travers de la gueule, mais je regrette toujours parce qu'après il faut laver le bouquin, et j'aime pas mouiller Hugo. Et tomber sur un bout d'antenne entre Thénardier et Jean Valjean, ça casse un peu l'ambiance barricade.

C'est pour cette raison que j'évite de déplacer couvercles, tabliers et autres machines à laver chez moi, ce serait dommage de les déranger. Sauf quand j'ai pas le choix. Comme hier, par exemple, où j'ai déplacé de quelques centimètres le dessus du lave-vaisselle, et ben ça a pas raté:



Remarquez que la bête est sur le dos. Un cancrelat de l'Actor's Studio, qui trouve que ça fait plus réaliste de jouer les macchabées les quatre fers en l'air? Ou un cas de cafard exhibitionniste kiffant à l'idée de me mettre son gros (sa grosse?) tubule sous le nez? Ben imaginez-vous que même pas. Il était VRAIMENT mort (oh, j'aimerais tant que ce soit la fin du cafard de mon lave-vaisselle! Dieu des cloportes, ayez pitié de mes nerfs!) Du moins j'espère parce que je l'ai aspiré, et s'il était pas cané il est en train de faire la teuf dans le sac de l'aspirateur, ou d'y pondre tranquillement des milliards d'oeufs dont le sang impur ne manquera pas d'abreuver les sillons de ma douleur. Bref. J'aurais aimé je crois pouvoir me dire que j'étais tombé sur un insecte obsédé, un déviant au milieu de ces foules grégaires qui ne vivent que pour mourir et ben même PAS!

Sachez que les cafards se reproduisent dos à dos. Si c'est pas pitoyable.

Ce qui prouve deux choses:

tout d'abord, ils doivent grave se faire chier au lit. Ben oui, imaginez-vous baiser dos à dos. A moins de tapisser toute la chambre de miroirs, ça doit être limite barbant (j'en vois, salut les filles, qui se disent oui mais parfois on doit pouvoir en profiter pour s'épiler ou regarder Desperate Housewives quand ça dure trop. Certes. Mais ne me faites pas croire que ça rend la chose moins pathétique).

Et l'autre chose que ça prouve, c'est que les cafards sont en fait réellement des obsédés et insolents et vulgaires avec ça. Parce que quand ils font le mort sur le ventre, en fait, c'est pour le coup qu'ils me la montrent grave.

PS: Ayé, on sait enfin d'où vient l'expression "faire un enfant dans le dos", du coup.

vendredi 18 février 2011

C'est bête, ah, bon dieu!

Après un iguane dans mon ascenseur, un cafard dans mon imprimante (ou au choix lave-vaisselle/bureau/couloir/tapis/ya guère que dans mon cul...mais je m'égare) et un rat dans ma cour, j'ai trouvé, par un moche matin d'hiver, une coccinelle dans mon tiroir à culottes.




Les paris sont ouverts. Était-ce un mâle féru de franfreluches dentelières et en quête de sensations? Une femelle qui se croyait perdue dans un magasin de lingerie géante? Un message poétique envoyé par mon ange-gardien, qui ainsi me faisait savoir qu'une coccinelle ne fait pas le printemps, certes, mais qu'il reste de l'espoir et que la vie peut-être rouge avec des points noirs et que si ça, ça donne pas une occasion d'espérer, alors quoi?

Je ne le saurai jamais. D'abord la coccinelle, elle était crevée. Et puis Gavroche l'a emportée pour la disséquer et faire des expériences en vacances. Si ça se trouve, c'est exactement ce qu'un petit diablotin est en train de faire avec mon ange-gardien, d'ailleurs.

Sinon comment expliquer ce courrier de Paris Habitat, poussé au cul par monsieur Philippe Jacquot que Monsieur Mano (Le grand chef des apparts à la mairie de Bertrand) a sollicité après un des mes multiples courriers vengeurs, qui dit:

"Je vous informe que mes services n'ont enregistré aucune demande de logement à votre nom".

"Je vous informe que mes services n'ont enregistré aucune demande de logement à votre nom".

Mais à la mairie du 18e, ils ont une pièce ENTIÈRE remplie de demandes de logements à mon nom! Il paraît qu'ils envisagent de me dédier un square, avec la statue d'un iguane géant, tellement ma persévérance fait plaisir à voir. Dans les grandes école, des étudiants appliqués apprennent mes missives par coeur, dans l'espoir de savoir, eux aussi, un jour, écrire la même lettre sous sept cents formes différente sans jamais répéter la même phrase!!!!

Ah, Philippe Jacquot, j'ai l'air de rigoler comme ça, mais je t'assure, c'est nerveux.