Je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout le temps de bloguer.
C'est ballot parce que j'avais l'intention d'écrire une longue tirade existentielle sur la digestion du confit de canard chez les loutres gersoises en préménopause, j'avais toute la doc sous la main après des mois de recherches, mon plan était fait, la conclusion toute construite dans ma tête mais j'ai pas le temps de l'écrire, j'ai trop de clients sur le feu.
À la place je vous livre une des premières fables qui berça mon enfance. C'est mon père qui me l'avait apprise je pense. C'est à lire à haute voix. Sinon ça marche pas. (Éloignez les enfants, les coincés du cul et du second degré).
Attention ça va aller très vite.
Un hanneton volage près d'une pie passa.
Mais la pie était sage, et ne le happa pas.
Moralité:
Ah! Quel bel appât que la pie n'happa pas!
(Oui c'est écrit plus gros que d'habitude, c'est pour que ça prenne plus de place, ya pas de raison, au lycée ça marchait sur les copies de français et de philo).
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dimanche 14 décembre 2014
mercredi 19 novembre 2014
Paroles paroles paroles
Novembre. Les feuilles tombent, les larfeuilles aussi. J'en ai trouvé un par terre, bien garni de tout un tas de cartes vitale, d'identité, bleue et autre passeport que je me suis empressée de revendre au prix fort aux sans papiers de la Goutte d'Or.
(Note aux cognes: je blaaaague. J'ai retrouvé le proprio, rendu le portefeuille, reçu pour ma peine des chocolats très corrects, et expliqué à Gavroche qui voulait au passage soulager l'objet du billet de 20 balles qui y était niché que non, on ne pouvait pas faire croire qu'un pigeon s'était envolé avec. Fallait tout rendre.)
En parlant de Gavroche, j'ai déjà mentionné qu'il était dyslexique mais ai-je sussuré qu'il était également bilingue? Ce sont des choses qui arrivent. (Pas à moi. Moi je me suis cogné, comme vous, "Where is Jenny? Mummy is in the kitchen. Daddy is watching TV in the living-room" et tous les joyeux clichés pas sexistes du tout des manuels d'anglais des années 80. Bref).
L'autre soir à table je lui racontais dans les (très) grande lignes l'histoire de Don Quichotte. (La culture générale des dyslexiques c'est à l'oral ou RIEN). Ah ben c'est pas du tout de ça que je croyais que ça parlait, m'a-t-il rétorqué après un défilé éclair de moulins à vent et autres fausses princesses. Ah bon tu croyais que ça parlait de quoi?
- D'un âne qui se fait tirer dessus par un type et qui meurt.
????
- Ben oui. Don Quichotte.
Donkey shot.
Là, enfin, pour la première fois depuis ces longues années où je maudis le ciel et évoque en vain le nom du Seigneur pour lui expliquer où j'aimerais lui coller mon pied, j'ai compris à quoi servait l'absence totale de rapport à l'écrit de la dyslexie. A coller des orgasmes aux neurones des linguistes (pornographie de niche s'il en est. Mais tout est bon à prendre).
Ca risque de pas être vachement utile dans la vie de Gavroche ce genre de sortie poétique mais foutre que c'était bon.
(Il avait aussi jugé précédemment que les polos low cost, avec le crocodile, c'était pas tellement sa came.)
(Je réalise que juste avec les mots-clés "pornographie" et "orgasme" je suis sûre de remplir mon quota de visiteurs du mois en 24 heures. Et ptête même "niche" aussi. J'ai pas fait exprès je le jure. Les amateurs de cabrioles canines fourvoyés par mon vocabulaire trompeur et un moteur de recherche peu scrupuleux peuvent toujours se consoler avec ça, autre illustration de la création artistique débridée des années 80:)
PS: Cervantes et Shakespeare sont morts le même jour, de la même année. Cette extraordinaire coïncidence littératuro-banale n'avait à ce jour aucune importance ni aucune incidence sur le cours des planètes, et d'ailleurs tout le monde s'en foutait éperdument sauf moi qui adore ce genre d'info parfaitement inutile. Ben maintenant, ça prend enfin tout son sens. Will, Miguel, on se comprend.
(Note aux cognes: je blaaaague. J'ai retrouvé le proprio, rendu le portefeuille, reçu pour ma peine des chocolats très corrects, et expliqué à Gavroche qui voulait au passage soulager l'objet du billet de 20 balles qui y était niché que non, on ne pouvait pas faire croire qu'un pigeon s'était envolé avec. Fallait tout rendre.)
En parlant de Gavroche, j'ai déjà mentionné qu'il était dyslexique mais ai-je sussuré qu'il était également bilingue? Ce sont des choses qui arrivent. (Pas à moi. Moi je me suis cogné, comme vous, "Where is Jenny? Mummy is in the kitchen. Daddy is watching TV in the living-room" et tous les joyeux clichés pas sexistes du tout des manuels d'anglais des années 80. Bref).
L'autre soir à table je lui racontais dans les (très) grande lignes l'histoire de Don Quichotte. (La culture générale des dyslexiques c'est à l'oral ou RIEN). Ah ben c'est pas du tout de ça que je croyais que ça parlait, m'a-t-il rétorqué après un défilé éclair de moulins à vent et autres fausses princesses. Ah bon tu croyais que ça parlait de quoi?
- D'un âne qui se fait tirer dessus par un type et qui meurt.
????
- Ben oui. Don Quichotte.
Donkey shot.
Là, enfin, pour la première fois depuis ces longues années où je maudis le ciel et évoque en vain le nom du Seigneur pour lui expliquer où j'aimerais lui coller mon pied, j'ai compris à quoi servait l'absence totale de rapport à l'écrit de la dyslexie. A coller des orgasmes aux neurones des linguistes (pornographie de niche s'il en est. Mais tout est bon à prendre).
Ca risque de pas être vachement utile dans la vie de Gavroche ce genre de sortie poétique mais foutre que c'était bon.
(Il avait aussi jugé précédemment que les polos low cost, avec le crocodile, c'était pas tellement sa came.)
(Je réalise que juste avec les mots-clés "pornographie" et "orgasme" je suis sûre de remplir mon quota de visiteurs du mois en 24 heures. Et ptête même "niche" aussi. J'ai pas fait exprès je le jure. Les amateurs de cabrioles canines fourvoyés par mon vocabulaire trompeur et un moteur de recherche peu scrupuleux peuvent toujours se consoler avec ça, autre illustration de la création artistique débridée des années 80:)
PS: Cervantes et Shakespeare sont morts le même jour, de la même année. Cette extraordinaire coïncidence littératuro-banale n'avait à ce jour aucune importance ni aucune incidence sur le cours des planètes, et d'ailleurs tout le monde s'en foutait éperdument sauf moi qui adore ce genre d'info parfaitement inutile. Ben maintenant, ça prend enfin tout son sens. Will, Miguel, on se comprend.
vendredi 24 octobre 2014
Holà....
Je viens d'entrer brutalement dans le XXIe siècle (sachant que j'étais fermement ancrée dans le XIXe duquel je refusais obstinément de sortir, séduite par les corsets, les cocotes et la syphilis créatrice sans oublier les enfants qui travaillent à la mine au lieu de faire chier à vouloir faire des ateliers théâtre à 500 euros l'année). Donc, j'ai acquis un smartphone. Et ce juste avant de partir en Andalousie, afin de m'assurer que je resterais connectée à la civilisation (=mes mails) dans cette contrée à peine effleurée par la modernité (j'étais à Marbella, longue plage de béton et de millionnaires allemandes à chienchiens, où les enseignes des banques et des agences immobilières sont en russe tant l'Espagnol s'y fait rare.)
Evidemment, l'engin a absolument refusé de fonctionner pendant tout mon séjour, m'obligeant à l'exil dans un cybercafé pour consulter mes mails.
Au bout de 3 jours de vains efforts, l'oeil convulsé, la bave aux lèvres et le coeur en tachycardie (Mon Dieu et si j'avais reçu un mail d'un prince gabonais qui m'adjurait de transférer 5000 euros sur mon compte et qu'il était trop tard pour répondre?) j'ai dégoté sur l'équivalent andalou de la Place du Tertre ("Ménou Tapas récommandé par lé guidé dé lé Routardo") un cybercafé (olé). Une fois connectada, il ne me resta plus que mes ojos pour pleurer car gmail (qu'il soit maudit jusqu'à la 7e génération) trouva hautement suspect que je tente de me connecter depuis Grenade, me soupçonna d'être un vil pirate et me demanda de confirmer mon identité en lui introduisant dans la fente le code qu'il allait envoyer à mon smartphone.
Celui-là même qui refusait de fonctionner, donc, et m'avait conduite dans le cybercafé susmentionné et subséquemment tout droit dans le mur de parpaings du désespoir.
Je cassai une ou deux chaises ("sillas" en espagnol, ne me remerciez pas) et allai visiter l'Alhambra, la mort dans l'âme et sur le trottoir:
(oui c'est pittoresque Grenade et pas du tout touristique)
À l'Alhambra, malgré mon air hagard et ma petite mine de traductrice déconnectée, j'ai fait mon premier selfie, autant que mon smartphone serve à quelque chose:
Admettez que j'étais pas fraîche.
Ça va mieux merci.
Ceci dit, après m'être cassé le cul à chercher vainement une connexion en Espagne, je suis pas passée loin de me rompre autre chose en Vendée, comme quoi ma réputation d'(a)mante religieuse n'est pas totalement sans, heu, fondement:
PS: j'ai trouvé ma tombe idéale. Je prie les rescapés de mon futur cancer de m'offrir ça quand j'aurai trépassé:
Evidemment, l'engin a absolument refusé de fonctionner pendant tout mon séjour, m'obligeant à l'exil dans un cybercafé pour consulter mes mails.
Au bout de 3 jours de vains efforts, l'oeil convulsé, la bave aux lèvres et le coeur en tachycardie (Mon Dieu et si j'avais reçu un mail d'un prince gabonais qui m'adjurait de transférer 5000 euros sur mon compte et qu'il était trop tard pour répondre?) j'ai dégoté sur l'équivalent andalou de la Place du Tertre ("Ménou Tapas récommandé par lé guidé dé lé Routardo") un cybercafé (olé). Une fois connectada, il ne me resta plus que mes ojos pour pleurer car gmail (qu'il soit maudit jusqu'à la 7e génération) trouva hautement suspect que je tente de me connecter depuis Grenade, me soupçonna d'être un vil pirate et me demanda de confirmer mon identité en lui introduisant dans la fente le code qu'il allait envoyer à mon smartphone.
Celui-là même qui refusait de fonctionner, donc, et m'avait conduite dans le cybercafé susmentionné et subséquemment tout droit dans le mur de parpaings du désespoir.
Je cassai une ou deux chaises ("sillas" en espagnol, ne me remerciez pas) et allai visiter l'Alhambra, la mort dans l'âme et sur le trottoir:
(oui c'est pittoresque Grenade et pas du tout touristique)
À l'Alhambra, malgré mon air hagard et ma petite mine de traductrice déconnectée, j'ai fait mon premier selfie, autant que mon smartphone serve à quelque chose:
Admettez que j'étais pas fraîche.
Ça va mieux merci.
Ceci dit, après m'être cassé le cul à chercher vainement une connexion en Espagne, je suis pas passée loin de me rompre autre chose en Vendée, comme quoi ma réputation d'(a)mante religieuse n'est pas totalement sans, heu, fondement:
PS: j'ai trouvé ma tombe idéale. Je prie les rescapés de mon futur cancer de m'offrir ça quand j'aurai trépassé:
Bonne journée.
dimanche 7 septembre 2014
Ksss
Mon chat a été malade, j'ai cru qu'il allait mourir, pis finalement il a changé d'avis, ce qui tombe bien car il est très efficace pour absorber les mauvaises ondes de la maison.
Gavroche qui a dorénavant 10 ans et demi et une dyslexie dont l'intensité dépasse de peu son addiction maladive au Nutella est partagé entre la douleur anticipée à l'idée de le perdre et l'envie d'en avoir un nouveau qui n'aurait pas encore servi, plus petit, plus mignon, plus joueur et plus manipulable (notre chat est obèse.)
Cet été nous sommes passés chez sa tante (ma soeur donc) dont la chatte produit des mômes en flux tendu (alors que ma soeur n'en a que deux, finalement), et l'idée que nous n'en adopterions pas lui fut assez douloureuse.
(Alors que pour moi, qui ai déjà refilé un chaton de la génitrice en question à un collègue, et qui sais qu'avec ya puces et vers grouillants dans le trou de balle en bonus, ça a été beaucoup plus simple d'y renoncer).
Quand il a été malade, j'ai conduit mon chat chez le vétérinaire (le boucher n'en voulait pas). Quand je suis arrivée à proximité de l'échoppe, j'ai été submergée par une odeur de crottin, on se serait cru chez les gardes républicains. Boudiou me suis-je dit, on soigne les chevaux au beau milieu du 18e arrondissement de Paris, j'aime ma ville décidément. Or déception, c'était en fait à cause d'un tournage "d'époque" (comprendre du temps où on courait plus de risque de glisser dans du crottin de cheval que dans une merde de caniche en allant acheter son charbon), yavait des chevaux partout qui faisaient le tour du petit square qui jouxte le cabinet du véto.
Ahhhh la véto. La cinquantaine paniquée (et probablement pas niquée non plus), et terrorisée par mon chat qui ne bouge pas, qui ne griffe pas, qui ne mord pas mais qui miaule. Le matou sur la table pleure toutes les larmes de mon corps (parce qu'en 16 ans j'en ai pas vu une chez lui alors que je pourrais noyer le Zouave du pont de l'Alma à moi toute seule tant je chiale), et c'est vrai, il faut admettre que ça ressemble davantage à des barrissements qu'à des miaulements mais bon, ça reste un gros chat qui flippe quoi. Pas de quoi le fouetter non plus. Or donc la dame dont c'est le MÉTIER s'est mise à prendre vapeur et à s'exclamer au bord des larmes qu'elle n'y arriverait jamais, que c'était pas possible un chat pareil (miaou, donc), que oh la la il urine en plus (ah ouais pardon j'ai pas pensé à lui coller un tampax dans l'urètre avant de venir, bêtement je me suis dit qu'elle en avait vu d'autres avec tous les lions et les poneys qu'elle soit soigner, non, je me goure?), et on dirait bien qu'il a peur vu l'odeur (parenthèse culturelle: un chat qui a peur pisse et dans son urine dégage une hormone de panique qui chlingue abominablement et qui a comme conséquence collatérale de déstabiliser totalement les vétérinaires improbables). Et là elle n'était pas en train de lui coller un thermomètre dans le cul (ça elle l'a fait avec un grand naturel, il n'a RIEN dit), ni de lui faire une piquouse, poser une ventouse ou inciser un furoncle, non, elle lui coupait juste les poils pour faire une prise de sang.
Moi le chat je le tenais, comme on me l'avait ordonné. On m'avait aussi enjointe de tenir sa tête de côté pour pas qu'il regarde, et de le caresser. Oui, il faut bien trois mains pour faire tout ça, je confirme (et le fait qu'il y ait une assistante à mes côtés, les bras ballants, me regardant tenir-caresser-écarter la tête du chat n'était pas du tout agaçant. A sa décharge elle a failli réussir à trouver le sopalin pour éponger la pisse). Et puis parlez-lui madame pour qu'il ait moins peur hein, parce que c'est pas possible, je vais pas y arriver.
Et à toi connasse je dis quoi pour que t'arrêtes de flipper? (Dialogue strictement intérieur, donc. Elle avait un rasoir à la main et une évidente tendance maniaco-dépressive je vous rappelle).
Au final la vétérinaire a été très courageuse et elle a réussi à couper un centimètre carré de poils (j'ai failli lui donner des croquettes pour la récompenser). Une prise de sang et 102 euros de moins plus tard, je repartais avec mon matou qui, une fois rentré, a décidé de guérir miraculeusement pour ne plus jamais revoir la folle qui doit pas beaucoup murmurer à l'oreille des chevaux.
Voilà, sinon pour rester dans le domaine animalier je pense avoir trouvé la parfaite illustration de ma vie sentimentale:
Gavroche qui a dorénavant 10 ans et demi et une dyslexie dont l'intensité dépasse de peu son addiction maladive au Nutella est partagé entre la douleur anticipée à l'idée de le perdre et l'envie d'en avoir un nouveau qui n'aurait pas encore servi, plus petit, plus mignon, plus joueur et plus manipulable (notre chat est obèse.)
Cet été nous sommes passés chez sa tante (ma soeur donc) dont la chatte produit des mômes en flux tendu (alors que ma soeur n'en a que deux, finalement), et l'idée que nous n'en adopterions pas lui fut assez douloureuse.
(Alors que pour moi, qui ai déjà refilé un chaton de la génitrice en question à un collègue, et qui sais qu'avec ya puces et vers grouillants dans le trou de balle en bonus, ça a été beaucoup plus simple d'y renoncer).
Quand il a été malade, j'ai conduit mon chat chez le vétérinaire (le boucher n'en voulait pas). Quand je suis arrivée à proximité de l'échoppe, j'ai été submergée par une odeur de crottin, on se serait cru chez les gardes républicains. Boudiou me suis-je dit, on soigne les chevaux au beau milieu du 18e arrondissement de Paris, j'aime ma ville décidément. Or déception, c'était en fait à cause d'un tournage "d'époque" (comprendre du temps où on courait plus de risque de glisser dans du crottin de cheval que dans une merde de caniche en allant acheter son charbon), yavait des chevaux partout qui faisaient le tour du petit square qui jouxte le cabinet du véto.
Ahhhh la véto. La cinquantaine paniquée (et probablement pas niquée non plus), et terrorisée par mon chat qui ne bouge pas, qui ne griffe pas, qui ne mord pas mais qui miaule. Le matou sur la table pleure toutes les larmes de mon corps (parce qu'en 16 ans j'en ai pas vu une chez lui alors que je pourrais noyer le Zouave du pont de l'Alma à moi toute seule tant je chiale), et c'est vrai, il faut admettre que ça ressemble davantage à des barrissements qu'à des miaulements mais bon, ça reste un gros chat qui flippe quoi. Pas de quoi le fouetter non plus. Or donc la dame dont c'est le MÉTIER s'est mise à prendre vapeur et à s'exclamer au bord des larmes qu'elle n'y arriverait jamais, que c'était pas possible un chat pareil (miaou, donc), que oh la la il urine en plus (ah ouais pardon j'ai pas pensé à lui coller un tampax dans l'urètre avant de venir, bêtement je me suis dit qu'elle en avait vu d'autres avec tous les lions et les poneys qu'elle soit soigner, non, je me goure?), et on dirait bien qu'il a peur vu l'odeur (parenthèse culturelle: un chat qui a peur pisse et dans son urine dégage une hormone de panique qui chlingue abominablement et qui a comme conséquence collatérale de déstabiliser totalement les vétérinaires improbables). Et là elle n'était pas en train de lui coller un thermomètre dans le cul (ça elle l'a fait avec un grand naturel, il n'a RIEN dit), ni de lui faire une piquouse, poser une ventouse ou inciser un furoncle, non, elle lui coupait juste les poils pour faire une prise de sang.
Moi le chat je le tenais, comme on me l'avait ordonné. On m'avait aussi enjointe de tenir sa tête de côté pour pas qu'il regarde, et de le caresser. Oui, il faut bien trois mains pour faire tout ça, je confirme (et le fait qu'il y ait une assistante à mes côtés, les bras ballants, me regardant tenir-caresser-écarter la tête du chat n'était pas du tout agaçant. A sa décharge elle a failli réussir à trouver le sopalin pour éponger la pisse). Et puis parlez-lui madame pour qu'il ait moins peur hein, parce que c'est pas possible, je vais pas y arriver.
Et à toi connasse je dis quoi pour que t'arrêtes de flipper? (Dialogue strictement intérieur, donc. Elle avait un rasoir à la main et une évidente tendance maniaco-dépressive je vous rappelle).
Au final la vétérinaire a été très courageuse et elle a réussi à couper un centimètre carré de poils (j'ai failli lui donner des croquettes pour la récompenser). Une prise de sang et 102 euros de moins plus tard, je repartais avec mon matou qui, une fois rentré, a décidé de guérir miraculeusement pour ne plus jamais revoir la folle qui doit pas beaucoup murmurer à l'oreille des chevaux.
Voilà, sinon pour rester dans le domaine animalier je pense avoir trouvé la parfaite illustration de ma vie sentimentale:
mardi 6 mai 2014
Crac boum ouin
Râââ mais je suis maudite de la voisinerie.
Avant, j'avais des cafards et des voisins qui se balançaient des chaises à la tronche, tout en tapant leurs gamins. Dans un immeuble insonorisé moyen, c'était pas la fête du slip.
L'immeuble dans lequel je vis actuellement a été conçu par un architecte fou et sadique, qui, devançant Deproges qui avait juré qu'il piègerait son corps pour qu'il explose à la gueule du premier qui le triturerait post-mortem, a imaginé une caisse de résonance à visée locative et il doit bien se marrer du fond de sa tombe (je vais au Père Lachaise régulièrement, si je le trouve je le déterre).
Et j'ai des nouveaux voisins.
Et ils crachent (beaucoup), pètent, toussent, marchent (les cons), parlent (non mais sans blague), écoutent un transistor (pffff), bref, vivent et j'entends TOUT.
Oui, je les entends cracher.
(Et éternuer. Et quand je leur dis "à vos souhaits", ils me remercient même pas, bravo).
(Le fait qu'eux m'entendent faire toutes les joyeuses activités humaines qui sont notre lot sonore et quotidien, à moi et mes enfants, m'indiffère totalement. Ma mauvaise foi peut atteindre des sommets si je veux. Certes cet immeuble est une caisse de tambour, mais c'est MOI que ça gêne le plus. J'ai dit).
Et puis alors là depuis deux jours, ils poncent. De 9h du matin à 21h30. Mes mômes sont des zombies et oui, j'y suis allée, oui. Pour un premier contact, c'est de la balle.
Alors bon, je voudrais bien savoir ce que j'ai fait dans ma vie d'avant pour mériter ça sans déconner. C'est déjà pas une sinécure de trouver à se loger à Paris, et le montant de mon loyer me laisse juste assez de thunes pour, heu, ben pour payer le loyer suivant en fait, alors pourquoi nom d'une pipe à merde je peux pas être tranquille?????
La liste des trucs que j'ai dû faire dans ma vie antérieure:
- avoir torturé une concierge
- avoir fait cocu mon architecte de mari
- avoir fait tomber un chaton dans les fondations d'un immeuble haussmanien (inspiration Zola, sauf que lui c'était pas un chaton, et celui qui trouve dans quel bouquin c'est gagne une paire de bouchons d'oreilles, mis une seule fois)
- avoir empoisonné un adjoint au maire au logement à la sardine pas fraîche
- avoir avorté à la ponceuse électrique avant la loi Weil
- avoir filé un logement social à un agent immobilier
Bon en attendant on peut toujours avancer qu'au moins je n'ai plus de cafards, et ça, ça n'a pas de prix, et tous les jours je remercie mon karma de ne m'avoir plongée dans un nid de cafards que quatre ans et demi au XXIe siècle (parce qu'au siècle précédent j'avais aussi joué à la fille qui hurle dans un appart où ils me couraient dessus pendant la nuit, mais c'est une autre histoire).
Du coup, maintenant j'ai ça:
C'est à peine plus propre mais c'est autrement plus mignon. Pourquoi? Vu que par rapport à un cafard, c'est quand même gigantesque, pourquoi est-ce que ça ne me fait pas hurler, frissonner, sauter, pleurer de rage et de dégoût? Les poils? La queue? (Oui le terrain devient glissant je sais).
J'en ai déduit que c'était le côté mammifère qui me faisait relativiser et accepter la cohabitation (c'est pas comme si j'avais le choix non plus). Mais aussi, et surtout, le fait d'avoir baigné toute ma vie dans une culture qui dit qu'une souris, c'est mignon. Contrairement à un blaireau, un iguane, une araignée ou un ragondin (si je trouve un ragondin sur ma gazinière mon coeur risque de lâcher quand même).
Donc il aurait fallu qu'on me répétât depuis toute petite qu'un cafard c'est trop chou, le bruit de la ponceuse trop joli, les coups de marteau über-sympa et les crachats des voisins vachement rigolo pour que ma vie soit une fête. A quoi ça tient quand même (à un imparfait du subjonctif, apparemment).
Et pendant ce temps, je tiens à souligner que c'est vraiment la crise pour tout le monde:
Avant, j'avais des cafards et des voisins qui se balançaient des chaises à la tronche, tout en tapant leurs gamins. Dans un immeuble insonorisé moyen, c'était pas la fête du slip.
L'immeuble dans lequel je vis actuellement a été conçu par un architecte fou et sadique, qui, devançant Deproges qui avait juré qu'il piègerait son corps pour qu'il explose à la gueule du premier qui le triturerait post-mortem, a imaginé une caisse de résonance à visée locative et il doit bien se marrer du fond de sa tombe (je vais au Père Lachaise régulièrement, si je le trouve je le déterre).
Et j'ai des nouveaux voisins.
Et ils crachent (beaucoup), pètent, toussent, marchent (les cons), parlent (non mais sans blague), écoutent un transistor (pffff), bref, vivent et j'entends TOUT.
Oui, je les entends cracher.
(Et éternuer. Et quand je leur dis "à vos souhaits", ils me remercient même pas, bravo).
(Le fait qu'eux m'entendent faire toutes les joyeuses activités humaines qui sont notre lot sonore et quotidien, à moi et mes enfants, m'indiffère totalement. Ma mauvaise foi peut atteindre des sommets si je veux. Certes cet immeuble est une caisse de tambour, mais c'est MOI que ça gêne le plus. J'ai dit).
Et puis alors là depuis deux jours, ils poncent. De 9h du matin à 21h30. Mes mômes sont des zombies et oui, j'y suis allée, oui. Pour un premier contact, c'est de la balle.
Alors bon, je voudrais bien savoir ce que j'ai fait dans ma vie d'avant pour mériter ça sans déconner. C'est déjà pas une sinécure de trouver à se loger à Paris, et le montant de mon loyer me laisse juste assez de thunes pour, heu, ben pour payer le loyer suivant en fait, alors pourquoi nom d'une pipe à merde je peux pas être tranquille?????
La liste des trucs que j'ai dû faire dans ma vie antérieure:
- avoir torturé une concierge
- avoir fait cocu mon architecte de mari
- avoir fait tomber un chaton dans les fondations d'un immeuble haussmanien (inspiration Zola, sauf que lui c'était pas un chaton, et celui qui trouve dans quel bouquin c'est gagne une paire de bouchons d'oreilles, mis une seule fois)
- avoir empoisonné un adjoint au maire au logement à la sardine pas fraîche
- avoir avorté à la ponceuse électrique avant la loi Weil
- avoir filé un logement social à un agent immobilier
Bon en attendant on peut toujours avancer qu'au moins je n'ai plus de cafards, et ça, ça n'a pas de prix, et tous les jours je remercie mon karma de ne m'avoir plongée dans un nid de cafards que quatre ans et demi au XXIe siècle (parce qu'au siècle précédent j'avais aussi joué à la fille qui hurle dans un appart où ils me couraient dessus pendant la nuit, mais c'est une autre histoire).
Du coup, maintenant j'ai ça:
C'est à peine plus propre mais c'est autrement plus mignon. Pourquoi? Vu que par rapport à un cafard, c'est quand même gigantesque, pourquoi est-ce que ça ne me fait pas hurler, frissonner, sauter, pleurer de rage et de dégoût? Les poils? La queue? (Oui le terrain devient glissant je sais).
J'en ai déduit que c'était le côté mammifère qui me faisait relativiser et accepter la cohabitation (c'est pas comme si j'avais le choix non plus). Mais aussi, et surtout, le fait d'avoir baigné toute ma vie dans une culture qui dit qu'une souris, c'est mignon. Contrairement à un blaireau, un iguane, une araignée ou un ragondin (si je trouve un ragondin sur ma gazinière mon coeur risque de lâcher quand même).
Donc il aurait fallu qu'on me répétât depuis toute petite qu'un cafard c'est trop chou, le bruit de la ponceuse trop joli, les coups de marteau über-sympa et les crachats des voisins vachement rigolo pour que ma vie soit une fête. A quoi ça tient quand même (à un imparfait du subjonctif, apparemment).
Et pendant ce temps, je tiens à souligner que c'est vraiment la crise pour tout le monde:
J'ai encore fait une affaire, moi.
Libellés :
beurk,
les gentils voisins,
nos amies les bêtes
dimanche 23 juin 2013
Moment de crasse
(merci à Magnus pour l'idée)
Je me sens moins seule en voyant ça (et puis je me sens plus propre aussi, moi pour qui le ménage a une fréquence plutôt menstruelle. Un peu comme mes post d'ailleurs tiens. Oui bon mensuelle si vous voulez, c'est pareil d'ailleurs, alors pourquoi avoir inventé deux mots, hein? Un seul ce serait bien suffisant et tellement plus savoureux sur les factures et les papiers officiels.
Cher monsieur Edf, vous aurez la bonté de me menstrualiser mes prélèvements.
Monsieur Guéant, vous n'allez pas nous dire que votre salaire menstruel ne suffisait pas à subvenir à vos besoin? Il fallait que vous substituassiez les 10000 euros menstruels de la police?
Abonnez-vous à Nous Deux, le bi-menstruel pour hétéros pas bi!)
Fin de la divergence.
Donc je me sens moins seule car celui/celle/ceux qui ont réalisé ce film (je ne vous en ai mis qu'un bout, je n'ai pas tout vu, ce n'est pas forcément un chef d'œuvre mais il a le mérite de mettre en image des morceaux de l'intérieur de ma tête et ça c'est FORT) ont forcément cohabité avec les bestioles à un moment ou à un autre--sinon comment expliquer qu'ils fassent aussi bien passer l'évidente jubilation de la meute de cafard qui est chez elle, alors que vous, vous vous croyez chez vous.
PS: tu as trouvé l'imparfait du subjonctif qui se cache dans ce post autrement sans intérêt? Tu as gagné un bisou.
PPS: tu crois que tu peux recevoir un bisou sur Internet? Mais bien sûr. Pour le récupérer, tape youporn.com. (Tu as moins de 18 ans? N'oublie pas d'activer le mode navigation cachée. Sinon tu peux dire au revoir à ton argent de poche menstruel).
lundi 27 mai 2013
C'est dans la tête
Allongée sur le dos la tête dans la machine. Dans mon bras le tentacule pénètre ma veine. Je suis prévenue: je vais avoir chaud. Ben pour l'instant j'ai plutôt froid dans ce troisième sous-sol à la lumière de salle d'autopsie, ça tombe bien. Pas de panique, je suis tranxénisée à mort, donc détendue du système nerveux central, périphérique et orbital. Je ferme les yeux, ziiiim, bouuuum, ouiiiiz, ça bruisse, je sens rien, ça va on va pas en faire un plat. Et puis tout d'un coup le micro se déclenche, ici Houston madame, j'injecte hein, ça va bien se passer. Et là mon bras explose. Je sais que je dois pas bouger et je m'étais promis d'être sage, mais la douleur dans le bras me laisse échapper un aïe. Parce que ça fait mal, certes, mais aussi, un peu, pour prévenir qu'au cas où le fait d'avoir mal dès le départ était un signe que mon bras allait tomber, ou moi devenir vert anis, me mettre à braire ou à baver de la mousse radioactive, ben c'était le moment de se mettre à paniquer.
En fait le robot du micro ne dit rien, j'en déduis pendant un quart de seconde qu'il s'en fout/qu'il est mort /qu'il rigole/qu'il me trouve douillette. Voire tout à la fois (qu'un mec meure en rigolant et en me trouvant douillette, je suis quand même un tantinet humiliée, là). Et un quart de seconde plus tard, ma tête se met à cuire, je sens mon cerveau qui fait des bulles, c'est très chaud, trop chaud.... C'est un film d'horreur et de science-fiction à la fois. Il m'a injecté des cafards dans le bras, ils courent dans mes veines jusqu'à ma tête, il font un feu de joie, ils sont tout fous. Et puis à la vitesse de l'éclair il se ruent le long de ma colonne et sortent par la fouffe, en un nuage chaud et liquide. Mon corps entier bout et se tend, je ne suis pas attachée mais je suis immobile, ils m'ont eue, les vaches. C'est fini madame dit le robot du micro. Ta mère c'est fini! J'ouvre les yeux, je vois un jeune homme à l'air soucieux, qui me ça-va-madamise en boucle, parce que non, je çavamadamise pas du tout. Il reste deux petits cafards derrière mes paupières qui les ferment de force et qui éteignent mon cerveau. Madaaaaaaameçàavamadaaaaaaame vous arrivez à respirer madaaaaaaame.......fermez pas les yeuuuux....
Suit une lutte acharnée entre le cafard de ma tête et le monsieur. Je ne suis que l'instrument de leur communication, l'enjeu de leur affrontement. Ca va madame? Non. Vous arrivez à respirer? Oui. Je lui réponds dans ma tête, ma bouche refusant obstinément de s'ouvrir. Je vais secouer la tête à la place, tiens. Ah ben non je peux pas non plus, je vais plutôt fermer les yeux et dormir en vomissant, ça me paraît vachement plus attractif soudain comme option. Madâââââme.
Et puis mes yeux s'ouvrent, ma bouche aussi, mon menton se met à trembler et une petite cohorte de cafards sortent de mes lèvres entrouvertes et de mes yeux qui luttent pour pas pleurer. De leurs petites pattes ils descendent de mon visage à la queue-leu-leu, dégringolent de la machine en ricanant, on l'a bien eue, prennent la porte et vont coloniser une autre poche d'iode, pour la prochaine qui viendra s'allonger là.
En fait le robot du micro ne dit rien, j'en déduis pendant un quart de seconde qu'il s'en fout/qu'il est mort /qu'il rigole/qu'il me trouve douillette. Voire tout à la fois (qu'un mec meure en rigolant et en me trouvant douillette, je suis quand même un tantinet humiliée, là). Et un quart de seconde plus tard, ma tête se met à cuire, je sens mon cerveau qui fait des bulles, c'est très chaud, trop chaud.... C'est un film d'horreur et de science-fiction à la fois. Il m'a injecté des cafards dans le bras, ils courent dans mes veines jusqu'à ma tête, il font un feu de joie, ils sont tout fous. Et puis à la vitesse de l'éclair il se ruent le long de ma colonne et sortent par la fouffe, en un nuage chaud et liquide. Mon corps entier bout et se tend, je ne suis pas attachée mais je suis immobile, ils m'ont eue, les vaches. C'est fini madame dit le robot du micro. Ta mère c'est fini! J'ouvre les yeux, je vois un jeune homme à l'air soucieux, qui me ça-va-madamise en boucle, parce que non, je çavamadamise pas du tout. Il reste deux petits cafards derrière mes paupières qui les ferment de force et qui éteignent mon cerveau. Madaaaaaaameçàavamadaaaaaaame vous arrivez à respirer madaaaaaaame.......fermez pas les yeuuuux....
Suit une lutte acharnée entre le cafard de ma tête et le monsieur. Je ne suis que l'instrument de leur communication, l'enjeu de leur affrontement. Ca va madame? Non. Vous arrivez à respirer? Oui. Je lui réponds dans ma tête, ma bouche refusant obstinément de s'ouvrir. Je vais secouer la tête à la place, tiens. Ah ben non je peux pas non plus, je vais plutôt fermer les yeux et dormir en vomissant, ça me paraît vachement plus attractif soudain comme option. Madâââââme.
Et puis mes yeux s'ouvrent, ma bouche aussi, mon menton se met à trembler et une petite cohorte de cafards sortent de mes lèvres entrouvertes et de mes yeux qui luttent pour pas pleurer. De leurs petites pattes ils descendent de mon visage à la queue-leu-leu, dégringolent de la machine en ricanant, on l'a bien eue, prennent la porte et vont coloniser une autre poche d'iode, pour la prochaine qui viendra s'allonger là.
dimanche 5 mai 2013
Rêve ordinaire
Maman ya des bêtes dans ma chambre.
(photo Walter Beasley, NG) (Ben oui vous croyez que je prends mes cauchemars en photo? Alors qu'ya des gens qui font ça si bien à ma place?)
lundi 25 février 2013
Miam
Cafard
Amer
Fatigue
Assez
Ras le bol
Débarras
Ils ont envahi le placard à bouffe pourtant quasi-désertique. Il faut agir ou craquer.
Ou les deux.
Premièrement, la capture.
(Oui, au barbecue, c'est mieux).
Ya plus qu'à déguster.
Not convinced?
Amer
Fatigue
Assez
Ras le bol
Débarras
Ils ont envahi le placard à bouffe pourtant quasi-désertique. Il faut agir ou craquer.
Ou les deux.
Premièrement, la capture.
Deuxièmement, la cuisson.
Ya plus qu'à déguster.
Not convinced?
vendredi 15 février 2013
Plat de résistance
Je fais comme s'il n'y avait pas un cafard tout plat collé sur la tranche de mon placard.
J'ouvre mon placard, je prends une casserole, je rince la casserole (pour la débarrasser des éventuels œufs de cafards collés. Je veux bien manger du cheval 100% pur boeuf, mais des larves de cafard non, merci. J'ai déjà goûté des sauterelles en 1993, j'ai rempli mon contrat-insectes pour cette vie-là), et je referme la porte du placard. Comme si j'avais rien vu.
D'habitude les cafards je fais exprès de les tuer (et pas exprès de les rater) mais celui-là j'ai même pas fait exprès dites. Un jour il devait passer par là, tralalilalère, c'était son tour de terroriser la ménagère, ses potes lui ont dit "vas-y Roger, c'est à toi, fais-la crier et trépigner dans sa nuisette", il a dû répondre "rôô non les gars déconnez pas c'est pas mon tour c'est le tour à Fernand pis moi j'ai piscine ce soir dans le lave-vaisselle" mais ses potes ont rien voulu savoir, ils lui ont dit que s'il y allait pas c'était pas un vrai mâle, ils avaient un ptit coup dans le nez (j'avais renversé du Jurançon à côté de l'évier la veille) et il a dit bon c'est bon j'y vais d'accord zêtes lourds les gars et paf, le cafard. C'est à ce moment-là que j'ai pris la casserole, et refermé la porte avec ma violence coutumière d'énervée de la vie.
Les potes en sont restés coi et con, la veuve a bien pleuré, ses larves sont devenues pupilles de la nation, et moi j'ai rien vu.
Et pendant des jours et des jours, j'ai ouvert-refermé la porte du placard pour prendre des casseroles, aplatissant chaque fois un peu plus le macchabée ratatiné.
Et puis je l'ai repéré. J'ai poussé le cri de la mort, vite avorté quand j'ai constaté qu'il ne bougeait plus.
Sur la photo ya pas l'échelle mais je vous jure qu'il est très grand--parce que très plat. Mon cafard il est tellement plat on pourrait le faxer.
Je l'ai laissé une journée. En faisant comme s'il n'était pas là. Mais il était dans un coin de ma tête, alors j'ai pris mon courage et du sopalin à deux mains pour l'enlever.
Il était collé.
Collé grave. J'ai dû gratter, il partait par morceaux. On aurait dit un vieux reste de cendres au fond d'un pot à confiture dix ans après la crémation.
Mais haut les coeurs! La vie continue. les nouvelles générations prennent le relai, les larves éclosent, en ce moment ya plein de bébés cafards qui courent partout dans la cuisine et dans les chiottes. C'est trop mignon à écraser.
J'ouvre mon placard, je prends une casserole, je rince la casserole (pour la débarrasser des éventuels œufs de cafards collés. Je veux bien manger du cheval 100% pur boeuf, mais des larves de cafard non, merci. J'ai déjà goûté des sauterelles en 1993, j'ai rempli mon contrat-insectes pour cette vie-là), et je referme la porte du placard. Comme si j'avais rien vu.
D'habitude les cafards je fais exprès de les tuer (et pas exprès de les rater) mais celui-là j'ai même pas fait exprès dites. Un jour il devait passer par là, tralalilalère, c'était son tour de terroriser la ménagère, ses potes lui ont dit "vas-y Roger, c'est à toi, fais-la crier et trépigner dans sa nuisette", il a dû répondre "rôô non les gars déconnez pas c'est pas mon tour c'est le tour à Fernand pis moi j'ai piscine ce soir dans le lave-vaisselle" mais ses potes ont rien voulu savoir, ils lui ont dit que s'il y allait pas c'était pas un vrai mâle, ils avaient un ptit coup dans le nez (j'avais renversé du Jurançon à côté de l'évier la veille) et il a dit bon c'est bon j'y vais d'accord zêtes lourds les gars et paf, le cafard. C'est à ce moment-là que j'ai pris la casserole, et refermé la porte avec ma violence coutumière d'énervée de la vie.
Les potes en sont restés coi et con, la veuve a bien pleuré, ses larves sont devenues pupilles de la nation, et moi j'ai rien vu.
Et pendant des jours et des jours, j'ai ouvert-refermé la porte du placard pour prendre des casseroles, aplatissant chaque fois un peu plus le macchabée ratatiné.
Et puis je l'ai repéré. J'ai poussé le cri de la mort, vite avorté quand j'ai constaté qu'il ne bougeait plus.
Sur la photo ya pas l'échelle mais je vous jure qu'il est très grand--parce que très plat. Mon cafard il est tellement plat on pourrait le faxer.
Je l'ai laissé une journée. En faisant comme s'il n'était pas là. Mais il était dans un coin de ma tête, alors j'ai pris mon courage et du sopalin à deux mains pour l'enlever.
Il était collé.
Collé grave. J'ai dû gratter, il partait par morceaux. On aurait dit un vieux reste de cendres au fond d'un pot à confiture dix ans après la crémation.
Mais haut les coeurs! La vie continue. les nouvelles générations prennent le relai, les larves éclosent, en ce moment ya plein de bébés cafards qui courent partout dans la cuisine et dans les chiottes. C'est trop mignon à écraser.
lundi 3 décembre 2012
Encore un matin
6h45.
Le réveil s'allume doucement en se prenant pour un soleil qui se lève, et émet des chants d'oiseau dont le cynisme ne m'échappe pas. En effet il fait noir comme dans un cul, et les vrais oiseaux pioncent. Eux n'ont pas une collégienne à réveiller et à nourrir, moi si.
Stratégie du matin (au cordeau, l'ordre et le minutage sont très très importants): Allumer la lampe de chevet. Se lever. Éviter le chat affamé qui commence sa campagne "un croc-en-jambe contre une barquette de pâtée." Allumer très vite et sans regarder le couloir-la cuisine (ne pas regarder surtout ne pas regarder)-le salon. Aller faire pipi, mettre un t-shirt.
6h48.
C'est le pire moment. Il faut aller dans la cuisine avant que le chat ne fasse un malaise, et surtout parce qu'il faut préparer le bol de chocolat de la collégienne susmentionnée et roupillante.
Or, c'est vers potron-minet (ou entre chien et loup, en tout cas à l'un de ces moments que l'on a appris en cours de français au collège, j'ai aussi at the crack of dawn pour ceux qui aiment bien les langues étrangères ailleurs que dans leur bouche) que la cuisine devient vraiment intéressante en termes de vie parallèle.
Deux possibilités: ils sont repartis se coucher, ou ils sont toujours là.
S'ils sont repartis se coucher, alors j'évite le hurlement hystérique/la tachycardie/d'invoquer en vain le nom du seigneur/les grosses larmes qui coulent à l'intérieur des joues (sisi)/les chaînes de gros mots que m'a appris mon père (beaucoup plus sympa que les chaînes de lettres ou de mails avec des ptites leucémiques A négatif qui attendent ton sang pour pas mourir (comment ils savent que je suis A négatif? Bordel?), comme nomdedieudeputaindebordeldemerde (oui, en un seul mot)). S'ils sont repartis se coucher, donc, je n'évite quand même pas d'entrer dans la cuisine comme une squaw en légère surcharge pondérale avec la grâce de la bisonne, petit pas à petit pas, petit coup d'oeil par petit coup d'oeil...
La technique, c'est de regarder d'abord par terre au milieu du lino. Comme ça si yen a sur les côtés qui n'ont pas fini de décaniller, ils ont encore une chance. Et moi j'ai encore une chance de ne pas les voir. Et petit à petit, d'agrandir le champ de vision par à coups: à droite, à gauche, à droite, pour remonter vers le lieu du crime: l'évier. Là si yen a pas, c'est bon, je peux m'avancer vers le milieu de la cuisine et me saisir du bol, du chocolat, non sans avoir allumé la radio des fois qu'ils auraient envie d'écouter France Inter eux aussi. Ils sont repartis mais je sais très bien qu'ils sont là, qu'ils me regardent. Qu'ils m'écoutent. C'est pour ça que je leur parle d'ailleurs. (Oui je parle à mes cafards, est-ce vraiment plus névrosé que de murmurer à l'oreille des loups ou de danser avec les chevaux?)
S'ils sont encore là, la technique c'est un délicat enchaînement de hurlement bref et mourant, juron, larme intérieure, début de crise cardiaque (et puis je me rappelle que je suis excessivement jeune et dépourvue de la moindre trace de choléstérol alors j'arrête) et c'est là que je cherche l'OBJET.
On ne peut pas tuer un cafard avec n'importe quoi.
(L'autre soir j'ai essayé avec ma main (et un sac plastique). J'ai tué ma main).
Déjà tout objet rigide est à proscrire: par une loi physique mystérieuse et absolument partiale à l'endroit des cafards, tout objet rigide atterrissant sur leur carapace laissera forcément un angle mort, même si c'est pile au milieu et qu'il était drôlement plat, l'objet, permettant à la bête de prendre ses pattes à son non-cou et de se tirer à toute vitesse de sous la casserole/cafetière/grille-pain/assiette (grave erreur, l'assiette)(surtout avec des restes de sauce, ça en colle partout, ça attire les cafards, hé oui)/table de cuisine (j'en ai pas, c'est trop ptit chez moi) et après on se retrouve à taper furieusement partout par terre c'est totalement contre-productif, on ne le chope ja-mais, on se fait mal, on réveille tout l'immeuble, on maudit sa mère et la grognasse de Paris Habitat qui veut pas désinsectiser, bref, on se garantit un réveil en beauté et une journée radieuse.
Non ce qu'il faut c'est un objet à la fois dur et souple, efficace et qui ne pardonne pas.(Ca fait rêver, hein?)
Un tapette c'est idéal évidemment, un livre c'est bien aussi. Seulement la tapette de la maison (zavez vu, je fais même pas de jeu de mots graveleux?) ayant été subtilisée par les mômes (pour?), il me reste les livres de cuisine, qui sont évidemment de l'autre côté du barrage de cafards du matin, bref j'ai rien et je tourne en rond sur moi-même en vociférant, voire pire, je le regarde, il me regarde, je le regarde, il me regarde, il se barre, je hurle.
(Parfois il se barre dans un endroit qui n'existe pas. Genre le mur. Il rentre dans le mur. Ce qui permet de faire de beaux rêves la nuit suivante, à l'idée des parpaings grouillant de cafards qui permettent à notre HLM de tenir debout. Et de me demander toute la journée s'il est encore là. Si ça se trouve d'ailleurs les parpaings ils sont en cafard en fait. Ca expliquerait pas mal de trucs).
Ce matin-là javais eu de la chance, c'était l'option numéro un: 6h48, personne. Notez j'avais payé la veille puisque j'en avais zigouillé un kamikaze qui n'avait pas attendu que je me couche pour tenter la traversée gamelle du chat-frigo en solitaire. J'ai chopé un sac plastique qui trainait et dans un réflexe que j'ai ô combien regretté je l'ai massacré à la main, tapant dessus en hurlant à mesure que je sentais son corps s'aplatir sous ma paume qui avait envie de vomir (oui je vomis des mains des fois). J'étais dans une telle rage que je l'ai achevé avec le gros livre de cuisine de Jamie Oliver (que je vous recommande au passage, pas seulement parce qu'il est efficace contre les cafards), et que quand j'ai voulu ramasser les morceaux il avait considérablement gagné en surface et en platitude (moi j'avais perdu approximativement six mois d'espérance de vie, je dirais).
Donc j'ouvre le lave-vaisselle pour prendre un bol.
C'était leur planque.
Des millions de cafards se sont mis à grouiller
en tous sens en vrombissant de leurs menaçantes antennes trois cafards se sont mis à courir. Un sous le lave-vaisselle. Un sur la tranche de la porte du lave-vaisselle. Et un je sais plus où tant la douleur m'égare.
Le réveil s'allume doucement en se prenant pour un soleil qui se lève, et émet des chants d'oiseau dont le cynisme ne m'échappe pas. En effet il fait noir comme dans un cul, et les vrais oiseaux pioncent. Eux n'ont pas une collégienne à réveiller et à nourrir, moi si.
Stratégie du matin (au cordeau, l'ordre et le minutage sont très très importants): Allumer la lampe de chevet. Se lever. Éviter le chat affamé qui commence sa campagne "un croc-en-jambe contre une barquette de pâtée." Allumer très vite et sans regarder le couloir-la cuisine (ne pas regarder surtout ne pas regarder)-le salon. Aller faire pipi, mettre un t-shirt.
6h48.
C'est le pire moment. Il faut aller dans la cuisine avant que le chat ne fasse un malaise, et surtout parce qu'il faut préparer le bol de chocolat de la collégienne susmentionnée et roupillante.
Or, c'est vers potron-minet (ou entre chien et loup, en tout cas à l'un de ces moments que l'on a appris en cours de français au collège, j'ai aussi at the crack of dawn pour ceux qui aiment bien les langues étrangères ailleurs que dans leur bouche) que la cuisine devient vraiment intéressante en termes de vie parallèle.
Deux possibilités: ils sont repartis se coucher, ou ils sont toujours là.
S'ils sont repartis se coucher, alors j'évite le hurlement hystérique/la tachycardie/d'invoquer en vain le nom du seigneur/les grosses larmes qui coulent à l'intérieur des joues (sisi)/les chaînes de gros mots que m'a appris mon père (beaucoup plus sympa que les chaînes de lettres ou de mails avec des ptites leucémiques A négatif qui attendent ton sang pour pas mourir (comment ils savent que je suis A négatif? Bordel?), comme nomdedieudeputaindebordeldemerde (oui, en un seul mot)). S'ils sont repartis se coucher, donc, je n'évite quand même pas d'entrer dans la cuisine comme une squaw en légère surcharge pondérale avec la grâce de la bisonne, petit pas à petit pas, petit coup d'oeil par petit coup d'oeil...
La technique, c'est de regarder d'abord par terre au milieu du lino. Comme ça si yen a sur les côtés qui n'ont pas fini de décaniller, ils ont encore une chance. Et moi j'ai encore une chance de ne pas les voir. Et petit à petit, d'agrandir le champ de vision par à coups: à droite, à gauche, à droite, pour remonter vers le lieu du crime: l'évier. Là si yen a pas, c'est bon, je peux m'avancer vers le milieu de la cuisine et me saisir du bol, du chocolat, non sans avoir allumé la radio des fois qu'ils auraient envie d'écouter France Inter eux aussi. Ils sont repartis mais je sais très bien qu'ils sont là, qu'ils me regardent. Qu'ils m'écoutent. C'est pour ça que je leur parle d'ailleurs. (Oui je parle à mes cafards, est-ce vraiment plus névrosé que de murmurer à l'oreille des loups ou de danser avec les chevaux?)
S'ils sont encore là, la technique c'est un délicat enchaînement de hurlement bref et mourant, juron, larme intérieure, début de crise cardiaque (et puis je me rappelle que je suis excessivement jeune et dépourvue de la moindre trace de choléstérol alors j'arrête) et c'est là que je cherche l'OBJET.
On ne peut pas tuer un cafard avec n'importe quoi.
(L'autre soir j'ai essayé avec ma main (et un sac plastique). J'ai tué ma main).
Déjà tout objet rigide est à proscrire: par une loi physique mystérieuse et absolument partiale à l'endroit des cafards, tout objet rigide atterrissant sur leur carapace laissera forcément un angle mort, même si c'est pile au milieu et qu'il était drôlement plat, l'objet, permettant à la bête de prendre ses pattes à son non-cou et de se tirer à toute vitesse de sous la casserole/cafetière/grille-pain/assiette (grave erreur, l'assiette)(surtout avec des restes de sauce, ça en colle partout, ça attire les cafards, hé oui)/table de cuisine (j'en ai pas, c'est trop ptit chez moi) et après on se retrouve à taper furieusement partout par terre c'est totalement contre-productif, on ne le chope ja-mais, on se fait mal, on réveille tout l'immeuble, on maudit sa mère et la grognasse de Paris Habitat qui veut pas désinsectiser, bref, on se garantit un réveil en beauté et une journée radieuse.
Non ce qu'il faut c'est un objet à la fois dur et souple, efficace et qui ne pardonne pas.(Ca fait rêver, hein?)
Un tapette c'est idéal évidemment, un livre c'est bien aussi. Seulement la tapette de la maison (zavez vu, je fais même pas de jeu de mots graveleux?) ayant été subtilisée par les mômes (pour?), il me reste les livres de cuisine, qui sont évidemment de l'autre côté du barrage de cafards du matin, bref j'ai rien et je tourne en rond sur moi-même en vociférant, voire pire, je le regarde, il me regarde, je le regarde, il me regarde, il se barre, je hurle.
(Parfois il se barre dans un endroit qui n'existe pas. Genre le mur. Il rentre dans le mur. Ce qui permet de faire de beaux rêves la nuit suivante, à l'idée des parpaings grouillant de cafards qui permettent à notre HLM de tenir debout. Et de me demander toute la journée s'il est encore là. Si ça se trouve d'ailleurs les parpaings ils sont en cafard en fait. Ca expliquerait pas mal de trucs).
Ce matin-là javais eu de la chance, c'était l'option numéro un: 6h48, personne. Notez j'avais payé la veille puisque j'en avais zigouillé un kamikaze qui n'avait pas attendu que je me couche pour tenter la traversée gamelle du chat-frigo en solitaire. J'ai chopé un sac plastique qui trainait et dans un réflexe que j'ai ô combien regretté je l'ai massacré à la main, tapant dessus en hurlant à mesure que je sentais son corps s'aplatir sous ma paume qui avait envie de vomir (oui je vomis des mains des fois). J'étais dans une telle rage que je l'ai achevé avec le gros livre de cuisine de Jamie Oliver (que je vous recommande au passage, pas seulement parce qu'il est efficace contre les cafards), et que quand j'ai voulu ramasser les morceaux il avait considérablement gagné en surface et en platitude (moi j'avais perdu approximativement six mois d'espérance de vie, je dirais).
Donc j'ouvre le lave-vaisselle pour prendre un bol.
C'était leur planque.
J'ai hurlé. J'ai rejeté la porte de la machine de toutes mes forces et j'ai fait un bond qui ferait rougir Newton et sa pauvre loi de la gravité. Là les mômes réveillés par mon beuglement sont arrivés en courant: maman maman qu'est-ce que t'as, qu'est-ce qu'y se passe???? C'est rien, ya un cafard leur répondis-je, mère courage toute en abnégation, le cheveux en pétard et l'œil torve.
Ah, ont-ils répondu, avant de repartir, blasés.
Je décidai alors de préparer le petit déjeuner en regardant le plafond, et de ne reposer les yeux sur le lino qu'une fois le jour bien arrimé.
A midi, j'entrai dans la cuisine. A terre, un cadavre retourné attendait la sépulture. J'avais refermé le lave-vaisselle avec tant de force que le choc l'avait tué.
Le soir, je me dis que je ne pouvais le laisser là. Armée d'une feuille de papier, je m'approchai du répugnant macchabée. J'avais décidé de commencer une collection et de le garder dans un pot, pour l'envoyer ensuite par la poste, avec des copains à lui, aux gens qui s'en foutent que chez moi ce soit un repaire de bestioles.
J'ai glissé la feuille sous le cadavre du matin et de mon innocence (non ça c'est n'importe quoi mais j'aime bien faire du style des fois). J'ai soulevé la feuille pour le faire glisser dans le pot.
Et là, il s'est mis à bouger les pattes.
Vite, vite, je l'ai mis dans le pot, vite j'ai vissé le couvercle en vomissant des mains.
Le lendemain matin, aux toilettes, j'ai eu la joie d'en croiser un autre, un bien gros, qui a attendu sagement que j'aille chercher un flacon d'insecticide et que je le spraye pendant de loooongues secondes asphyxiantes (pour tout le monde). Il est mort dans d'atroces souffrances et contre la poubelle. Chouette, ricanai-je, secouée d'un spasme de glauquitude, je vais l'envoyer rejoindre son copain dans le flacon, ça va aller vite ma collec'.
Je l'ai quand même laissé mariner toute une journée dans sa flaque d'insecticide pour être sûre. Le soir il y était toujours. Je suis allée chercher le flacon du mort.
Quand j'ai dévissé le bocal pour y glisser le nouveau copain, le mort de la veille s'est mis à remuer les antennes.
J'ai pas pu. J'ai refermé le bocal et jeté le cafard vaporisé dans les chiottes (j'ai pas vu qu'il était pas parti tout de suite, du coup je lui ai fait pipi dessus un peu plus tard, ajoutant l'outrage au meurtre, je suis comme ça).
J'ose plus regarder le mort qui reste dans le bocal. J'ai peur de le voir rigoler.
PS: c'est mon 100e post. C'est gentil d'être encore là.
samedi 3 novembre 2012
Animal rit
"Un matin que je partais disperser mon passé (non, un bout de mon passé, faut pas rêver hein) aux quatre vents d'un volcan en colère, alors que la voisine raciste dormait, que la mère célibataire polonaise ne criait pas encore, que la voisine aigrie n'avait encore aucun enfant en trottinette à se mettre sous la hargne, que la Mamie à chien ne squattait pas encore l'ascenseur avec son cabot aussi tremblant et fou de solitude qu'elle, que les voisins en "amicale" (oxymore en un mot, les membres de cette association étant tout sauf amicaux avec quiconque) n'avaient pas encore pris leur plume pour se plaindre auprès du bailleur que les chats du gardiens évoluaient en toute liberté dans la cour tels des animaux sauvages et furieux voire pleins de maladies, que le bailleur n'avait pas encore fait afficher par le gardien lui-même, au pilori de la honte, un avis de ranger ses propres chats, telles les confessions publiques avec panneau autour du cou des meilleures années du Grand Bond en Avant, que les voisins du dessus ne réveillaient pas encore tout l'étage en se hurlant des bengladaiseries à la tronche, que mes cafards faisaient encore la teuf dans la cuisine, que Ginette n'avait pas encore alpagué un passant pour l'envoyer acheter ses sèches et se mettre à pleurer qu'elle aimait bien sa ptite maman qu'était morte maintenant, que les mômes du 2e n'étaient pas encore sortis au Lidl faire à trois (3 ans, 5 ans, 7 ans) les courses pour les parents que personne n'a jamais vu sortir de chez eux, que le gros Monsieur qui sent pas bon n'était pas parti faire sa balade en poussant le fauteuil roulant vide qui lui sert de déambulateur (ou peut-être croit-il promener un être aimé disparu ou enfui), j'ai croisé une souris dans le hall. Elle courait très très vite, elle avait l'air très très en retard, elle a peut-être même regardé sa montre et elle était peut-être en gants blancs, je sais pas, j'étais dans le gaz, il était tôt, je voulais pas rater mon avion."
Extrait de "Alice au pays des HLM," éditions J'ai Bu.
Extrait de "Alice au pays des HLM," éditions J'ai Bu.
Libellés :
les gentils voisins,
nos amies les bêtes,
Paris Habitat
mardi 25 septembre 2012
lundi 28 mai 2012
C'est pas la fête du slip quand....
...j'ai pas blogué depuis presque deux mois, parce que quand j'ai une idée, je la mets dans mon tiroir cérébral à idée de post et je me coince le doigts dedans en le refermant. Du coup je l'ouvre plus jamais. ca lui apprendra.
...les cafards ne se cachent plus pour mourir. Juste après le 6 mai, décrétant que le changement, c'est maintenant, Gaspard le cafard est sorti fêter ça au milieu de la cuisine en PLEIN JOUR. Comme il avait beaucoup bu et écouté de la musique très fort avec ses potes dans l'ascenseur la veille (j'ai des preuves) (et j'ai aussi des preuves qu'ils se sont barrés avant de finir de ranger, bande de sagouins)
sa gueule de bois a été plus forte que lui et il est mort.
(Ou alors, c'était un cafard de l'UMP. Il a posé un geste de révolte, un sacrifice, un ultime cafardicide, à 20h01 sa décision était prise, il a tenté de noyer son chagrin dans le Minute Maid à l'orange en vain, il a écouté Mireille Mathieu dans l'ascenseur en boucle sans que son désespoir ne le quitte, et a pris sa décision dans un moment de dignité rare qu'on aurait souhaité lui voir au cours des années qui ont précédé, il s'est dit demain, dès l'aube, à l'heure où blanchira le lino de la cuisine, je me fais hara-kiri).
(Oui, je l'ai un peu aidé en l'écrasant sobrement dans un sopalin. Mais sans hurler comme une hystérique parce que
1)pour moi aussi, le changement c'est maintenant, je voulais savoir si j'étais cap de négocier un nuisible sans piquer une crise, je sais que je peux, c'est bon, j'ai le droit de recommencer à hurler et
2) moi aussi j'étais pas fraîche de la veille et crier aurait sûrement fait décéder l'oreille qu'il me reste. (Oui, je n'ai qu'une oreille. Mais je fais pas mon intéressante comme l'autre van Gogues et je le dessine pas sur les toits. Juste je le hurle sur mon blog).
...on me propose un nouvel appart, à la condition que je dise OUI, que je remplisse un dossier avec douze kilos de justificatifs et de photocopies, le bulletin de naissance de la vache laitière de l'oncle de la bignole, et qu'on refuse de me dire OÙ il est. Car je le saurai SI mon dossier est accepté en commission et SI c'est moi qui suis retenue (on est trois sur le coup). Pourquoi refuser de me dire à quel niveau du périph se situe ce potentiellement splendide logement social? Pour éviter qu'on soudoie la gardienne? Que je m'y rende avec fusil à pompe et silencieux, pour me planquer dans un placard et attendre la venue des deux autres familles sur le coup, et plop, plop!? Ou juste pour faire chier le monde (moi je suis employée au service logement et j'ai droit de vie ou de mort sur tes neeeeeeeerfs alors t'as qu'à te faire une poëlée de cafards au germes de blé bio je dirai rieeeeeeen, espèce de morue libérale et monoparentale).
...j'ai tellement de travail que je me dis que merde, les vacances arrivent, c'est chiant ça je vais pas pouvoir travailler.
...je me rappelle que ma mère lit ce blog et que donc je peux pas parler de cul comme je voudrais.
...les cafards ne se cachent plus pour mourir. Juste après le 6 mai, décrétant que le changement, c'est maintenant, Gaspard le cafard est sorti fêter ça au milieu de la cuisine en PLEIN JOUR. Comme il avait beaucoup bu et écouté de la musique très fort avec ses potes dans l'ascenseur la veille (j'ai des preuves) (et j'ai aussi des preuves qu'ils se sont barrés avant de finir de ranger, bande de sagouins)
sa gueule de bois a été plus forte que lui et il est mort.
(Ou alors, c'était un cafard de l'UMP. Il a posé un geste de révolte, un sacrifice, un ultime cafardicide, à 20h01 sa décision était prise, il a tenté de noyer son chagrin dans le Minute Maid à l'orange en vain, il a écouté Mireille Mathieu dans l'ascenseur en boucle sans que son désespoir ne le quitte, et a pris sa décision dans un moment de dignité rare qu'on aurait souhaité lui voir au cours des années qui ont précédé, il s'est dit demain, dès l'aube, à l'heure où blanchira le lino de la cuisine, je me fais hara-kiri).
(Oui, je l'ai un peu aidé en l'écrasant sobrement dans un sopalin. Mais sans hurler comme une hystérique parce que
1)pour moi aussi, le changement c'est maintenant, je voulais savoir si j'étais cap de négocier un nuisible sans piquer une crise, je sais que je peux, c'est bon, j'ai le droit de recommencer à hurler et
2) moi aussi j'étais pas fraîche de la veille et crier aurait sûrement fait décéder l'oreille qu'il me reste. (Oui, je n'ai qu'une oreille. Mais je fais pas mon intéressante comme l'autre van Gogues et je le dessine pas sur les toits. Juste je le hurle sur mon blog).
...on me propose un nouvel appart, à la condition que je dise OUI, que je remplisse un dossier avec douze kilos de justificatifs et de photocopies, le bulletin de naissance de la vache laitière de l'oncle de la bignole, et qu'on refuse de me dire OÙ il est. Car je le saurai SI mon dossier est accepté en commission et SI c'est moi qui suis retenue (on est trois sur le coup). Pourquoi refuser de me dire à quel niveau du périph se situe ce potentiellement splendide logement social? Pour éviter qu'on soudoie la gardienne? Que je m'y rende avec fusil à pompe et silencieux, pour me planquer dans un placard et attendre la venue des deux autres familles sur le coup, et plop, plop!? Ou juste pour faire chier le monde (moi je suis employée au service logement et j'ai droit de vie ou de mort sur tes neeeeeeeerfs alors t'as qu'à te faire une poëlée de cafards au germes de blé bio je dirai rieeeeeeen, espèce de morue libérale et monoparentale).
...j'ai tellement de travail que je me dis que merde, les vacances arrivent, c'est chiant ça je vais pas pouvoir travailler.
...je me rappelle que ma mère lit ce blog et que donc je peux pas parler de cul comme je voudrais.
dimanche 8 avril 2012
Sous-texte
Devinette: de celui qui se glissa dans ma boîte aux lettres ou de celui qui fut scotché sur ma porte, sauras-tu reconnaître le vrai poisson d'avril?

Je n'ai pas eu la chance de voir la queue d'un technicien.

Je n'ai pas eu la chance de voir la queue d'un technicien."Euro service décline toute responsabilité pour l'entretien des appareils inaccessibles (...) dans les appartements dont l'accès lui a été rendu impossible par la présence d’enfants en bas âge ou d’animaux pouvant présenter un danger pour nos techniciens"
C'est quoi ces manières de souligner mes enfants en bas âge et mes animaux?
En terme d'enfants en bas âge, oui, c'est vrai, Gavroche approche les huit ans et demi, il fait lui-même ses piqûres quotidiennes maintenant et armé d'un stylo injecteur il peut s'avérer assez redoutable. Et je mets au défi n'importe quel technicien spécialiste des mécanismes de chasse d'eau de lui faire réciter sa table de sept sans se faire hara-kiri. Il ne mord pas, mais il est capable de parler non-stop pendant sept heures, et faire décéder le tympan le plus aguerri aux bruits de robinetterie. Donc c'est peut-être lui qui a empêché un quelconque technicien d'approcher la sonnette.
Ou alors ce sont mes animaux. Le Chat, qui pèse un demi-Gavroche et se déplace à l'allure d'une limace neurasthénique, et qui sert d'oreiller à toute la famille sans bouger une moustache. L'iguane de l'ascenseur, dont les mannes hantent les couloirs et les cages d'escalier.
Ou mes cafards? C'est vrai que les deux derniers que j'ai exterminés avaient l'oeil mauvais.
Bref. Dans les cages à poules, on élève des enfants méchants.
Moi j'aurais ajouté "vos vieux" aussi, parce que le venin raciste de certains présente un réel danger pour tout ce qui passe.
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