mercredi 6 octobre 2010

Amuse tes amis

L'ascenseur est tellement, définitivement, désespérément, indubitablement, incroyablement, honteusement, bêtement, extrêmement, parfaitement en panne que les carreleurs s'en servent de LAMPADAIRE, tant ils sont convaincus que plus personne, jamais n'en ouvrira la porte:



Et ils l'enlèvent même pas en partant le soir. Certes, l'idée qu'un réparateur puisse intervenir après 17h est assez ridicule.

Qu'est-ce qui est vert, mais qui monte et qui descend plus du tout?
Un iguane dans mon ascenseur...

lundi 4 octobre 2010

pluploc

Il ne pleut plus dans la cuisine.
(Sauf la nuit dernière dans mon rêve, et c'était la mousson.)

J'ai envoyé aux voisins du dessus Monsieur D. un homme très très grand et trèèèès costaud, ainsi que pas mal noir, et qui en impose un max. Que quand il te regarde avec un sourire tu voudrais qu'il soit ton grand frère ou qu'il ait été là le jour où cette raclure de Christine D. t'a monté un guet-apens en CE1 et que tu t'es fait casser la gueule par tous ses potes au fond de la cour, alors que toi t'y allais pour jouer à l'élastique (t'aurais dû te méfier de cette envie soudaine de jouer avec toi au fond de la cour, derrière les toilettes, pendant que les maîtresses grillaient leurs clopes en salle des prof), bref, ce jour-là ça aurait été bien pratique d'avoir un géant très musclé pour leur rectifier la façade.

Là en l'occurrence, parce que finalement les clichés ont la vie dure et qu'un grand noir baraqué fait toujours meilleure impression qu'une petite blanche sans couilles, surtout quand il s'agit de revenir sur le droit chemin et de réparer un robinet, la force a eu raison de la bêtise et deux jours plus tard ça ne ploquait plus.

Le tout sans prononcer un seul mot de bangladais.

Je suis même pas sûre que Monsieur D. ait eu besoin de leur dire qu'il était expert en assurance.

mardi 28 septembre 2010

C'est pas très gentil de se moquer...

Depuis février dernier, des ouvriers avides d'insertion se sont attaqués à la lourde tâche de décarreler les halls d'entrée des trois immeubles qui forment notre joyeuse cité, pour recarreler en plus moche. Enfin, chacun ses goûts, mais nul ne peut nier que l'intention soit louable, puisqu'il s'agit d'améliorer notre cadre de vie tout en occupant sainement des jeunes pour (presque) pas un rond, tout en recyclant des invendus de carreaux couleur vomi.
Donc avant, en entrant dans notre petit paradis urbain, on voyait ça:



Maintenant, on a la chance de voir ça (enfin là où c'est fini, parce que c'est loiiiin d'être terminé):



(remarquez la jolie frise carreaux-cassés, c'est les grumeaux), décor qui m'a valu l'autre jour d'entendre une mamie à cabas s'exclamer avec une indignation mêlée de découragement "TOUT est moche ici!" en entrant dans le hall.

Et comme Paris-Habitat a un goût de l'esthétique qui confine à la perfection, et qu'il n'est pas question que nous ne jugions pas à leur juste valeur les efforts et l'argent investis dans la déco, on a même un échantillon avant/après, pour bien se souvenir comme on a de la chance d'habiter là:






J'en profite pour lancer un appel: cela fait aujourd'hui plus de 25 jours que l'ascenseur de gauche est en panne. Les gens coincés dedans vont finir par s'agacer.

mercredi 22 septembre 2010

La bête immonde

Avant j'aimais la nuit. La sensation de solitude peuplée que seule peut procurer la ville, le retour sur soi après une journée de côte-à-côte, la sensation de préparer doucement son corps et son esprit au repos qui permettra, demain, de recommencer une journée comme on recommence sa vie. J'aimais me blottir dans un livre et avoir la liberté silencieuse de choisir de m'en extirper, le temps d'une parenthèse tilleul-menthe (un sucre). J'aimais, dans le noir, parcourir le couloir et aller sentir les cheveux des enfants qui dorment et qui transpirent cette odeur si particulière de rêve. J'aimais sortir, arpenter la ville en veille aux allures de décor de cinoche, entendre mon pas résonner ou sentir le trottoir sous mon pied souvent nu, et rentrer digérer mes songeries au fond d'un lit protecteur.
J'aimais décider, à deux heures du matin, que l'heure était venue de sortir la cire et la pince, et m'épiler à l'orientale parce que bon, là, maintenant, j'ai envie.
J'aimais m'allonger par terre et regarder le dessin des ombres projetées par la flamme trémoussante d'une bougie. J'aimais prendre un papier et un crayon et écrire des conneries géniales qui paraîtraient d'une déconcertante puérilité le lendemain matin.

Et aujourd'hui, avec ces saloperies de bestioles, qui sont là, qui me guettent, qui se jettent entre mes pieds si je me lève trop tôt, et dont j'entends le chant de victoire à présent que les nuits rallongent et que mes jours raccourcissent, qui savent que l'appartement, l'immeuble, la cité sont à elles, la nuit, j'ai une boule qui me serre la gorge à mesure que l'obscurité gagne, j'allume frénétiquement toutes les lumières de la maison, et j'ai envie de me barricader hors de chez moi. Je lis en croyant voir passer, du coin de l'oeil, des cafards sur la table de nuit. Je me réveille en sursaut, persuadée qu'ils courent sur ma joue. Et je n'ose plus sortir, de peur de ne pas avoir le courage de rentrer.

Et sur l'écran noir de mes nuits blanches, comme disait Claude, c'est ce genre de cinéma que je me fais:




(Oui, je crains qu'une bête ait été blessée pendant le tournage, et précisons qu'il a fallu une bonne trentaine de pulvérisations de spray "Kapo" (ce nom est rigoureusement authentique, et comment peut-on appeler un insecticide comme ça sans avoir mille procès sur le dos je sais pas) avant de parvenir à neutraliser ce cloporte qui semble le produit d'un croisement entre un cafard et un mammouth).

Je tiens aussi à souligner qu'une fois la créature totalement décédée, il m'a fallu sniffer du kapo pour avoir le courage de la balancer par la fenêtre. Car elle était trop grosse pour passer par le trou de l'évier.

dimanche 5 septembre 2010

Comment reconnaître un cafard

Comment reconnaître un cafard?

S'il marche sur ses pattes de derrière, s'il vous regarde avec de grands yeux vides et vous envoie six mois après le passage des peintres et du dernier coup de rouleau une lettre d'une grande dignité expliquant que Madame, si vous ne laissez pas les ouvriers avoir accès à votre appartement, les travaux ne seront jamais effectués, ce n'est pas un cafard. C'est le gérant.

S'il se déplace les yeux aux sols et vous ouvre la porte de l'ascenseur avec flagornerie et l'air gêné, et vous répond "pas parle français" quand vous lui dites que son tuyau dégouline depuis huit mois dans votre cuisine, ce n'est pas un cafard. C'est le voisin du dessus.

Si elle vous regarde avec un grand sourire et vous félicite sur la beauté de vos mômes dans l'ascenseur, en ajoutant "ils sont bien blonds et ils ont les yeux bien bleus, ça fait du bien de voir ça," ce n'est pas un cafard, c'est pire. Même l'insecticide n'y pourra rien. Mais dans le doute, on peut taper. Pour qu'elle s'écrase.

S'il vous dit d'un air innocent, affairé et enjoué "ah bon? Vous n'avez toujours pas de trappe chez vous?/les désinsectiseurs ne sont pas passés?/ya plus de lumière dans votre couloir?/ils ont dit qu'ils allaient réparer l'ascenseur/je suis aux poubelles" ce n'est pas un cafard, c'est le gardien.

Si elle est assise dans une chaise roulante, maquillée comme une voiture volée, qu'elle vous traite de morue parce que vous n'avez pas de clopes à lui donner, et qu'elle vous salue comme sa meilleure amie cinq minutes après, ce n'est pas un cafard, c'est Ginette. Ginette est un rayon de soleil (un jour je la prendrai en photo, promis).

S'il a quatre pattes, des poils, vomit sur le tapis, chie sur le lino, réclame à manger toute la journée, défèque des étrons décorés au bolduc et mange vos cheveux à 6heures du matin, ce n'est pas un cafard, c'est le chat.

S'il est tout froid, tout raide, tout vert, tout mort et les pattes en l'air, ce n'est pas un cafard, c'est un iguane dans mon ascenseur.

S'il répond à toutes vos lettres, quel qu'en soit le contenu, par une lettre-type impersonnelle et à côté de la plaque, avec le scan de la signature de Monsieur le responsable/le maire/l'adjoint/le pape, ce n'est pas un cafard, c'est l'employé de mairie qui a ouvert/jeté mon courrier.

Si elle a les nerfs en pelote, les cheveux en pétard, le palpitant à rude épreuve, le moral dans les chaussettes et une tablette de chocolat dans le tiroir, ce n'est pas un cafard, c'est moi.

Alors bon comment reconnaître un cafard?

A suivre...

dimanche 29 août 2010

N'en jetez plus.

C'était bien les congés payés?
Bon.
(J'aime bien demander ça parce que moi je n'ai que des congés pas payés, alors les vacances rémunérées ça a toujours un petit côté Bisounours pour moi. Eh oui, le front populaire n'est pas passé partout).

Il a bien fallu rentrer donc, pour gagner la pitance, financer les taille-crayons et combler le trou de la banque.

Heureusement que devant ma fenêtre ya du vert (des bouleaux? Platanes? Peut-être des sapins en fait. Je ne sais pas mais déjà j'ai reconnu que c'était des arbres) et quatre étages plus bas il y a du lierre, des orties, de la verdure, bref, un vrai petit coin de bonheur champêtre absolument verbotten à la circulation des pouilleux qui résident dans le HLM.

D'un autre côté, étant donné que mes co-pouilleux passent leur temps à confondre la fenêtre et le vide-ordure, c'est moyen dommage, et pour la sécurité de tout le monde, c'est mieux. Moi-même, j'avoue, il m'est arrivé de défenestrer des cafards chopés en flagrant délit de pérégrination sur le lino en me disant, que, quand même, même s'il survivait au choc, il allait quand même pas REMONTER la façade sur quatre étage et revenir pile dans mon appart à MOI?

Bref, tout ça pour dire que quand on prend le risque de pencher la tête par la fenêtre, quitte à se prendre un sac poubelle, un cafard en vol plané ou une vieille serviette hygiénique usagée (j'invente rien, HÉLAS) sur le coin du bonnet, on voit des trucs assez originaux parfois, dégueulasses toujours.

Mais alors là, vu l'actualité des derniers jours et la propension limite décente de certaines mamans à immoler leur progéniture par vol plané ou congélation rapide, j'ai failli trouver le panorama de mauvais goût:



Bon, c'est vrai, d'un autre côté, deux mois de vacances avec les enfants ça peut parfois donner envie de les coller par la fenêtre. Ca me rassurerait quand même de savoir que la gamine qui a fait ça sait que jeter bébé avec l'eau du bain, c'est une expression.

J'attends le moment où ils vont pousser Mémé dans les orties.

mardi 24 août 2010

Arsenic et vieilles antennes

En fait j'étais pas vraiment en vacances ces derniers temps, je faisais juste semblant. Telle l'autruche poursuivie par le dromadaire en chaleur, je mettais ma tête dans le sable, bien profond. Les esgourdes bouchées à l'émeri, je faisais comme si aucun ploc ne venait de la cuisine (chez France Gall le désert avance, sur le plafond de ma cuisine c'est l'humidité qui gagne du terrain. L'été n'a pas été sec, mais le melon est quand même mort - pourriture. Je ne l'insulte pas, je crois juste qu'il a été trop arrosé par les voisins- du dessus).

Et puis un vilain cafard poilu (oui parfois ils sont poilus, je dis ce que je veux, et si je veux boire du Baygon personne ne m'en empêchera) s'est chargé de me remettre les pieds sur terre en se jetant à mon cou à l'ouverture du lave-vaisselle (je reprendrai bien un peu de Fly-Tox avec ma compote).

Donc après mon imprimante, c'est ma machine à laver la vaisselle qui est désormais blindée d'insecticide. Je ne sais pas à quel point l'électroménager est prévu pour résister au poison, et je me demande si je ne vais pas inviter mes voisins à manger dans mes assiettes toutes propres sorties de la machine.

Bref, les affaire reprennent. Fuites, cafards, odeurs de poiscaille et hurlements, pas de doute, c'est déjà la rentrée...