samedi 3 novembre 2012

Animal rit

"Un matin que je partais disperser mon passé (non, un bout de mon passé, faut pas rêver hein) aux quatre vents d'un volcan en colère, alors que la voisine raciste dormait, que la mère célibataire polonaise ne criait pas encore, que la voisine aigrie n'avait encore aucun enfant en trottinette à se mettre sous la hargne, que la Mamie à chien ne squattait pas encore l'ascenseur avec son cabot aussi tremblant et fou de solitude qu'elle, que les voisins en "amicale" (oxymore en un mot, les membres de cette association étant tout sauf amicaux avec quiconque) n'avaient pas encore pris leur plume pour se plaindre auprès du bailleur que les chats du gardiens évoluaient en toute liberté dans la cour tels des animaux sauvages et furieux voire pleins de maladies, que le bailleur n'avait pas encore fait afficher par le gardien lui-même, au pilori de la honte, un avis de ranger ses propres chats, telles les confessions publiques avec panneau autour du cou des meilleures années du Grand Bond en Avant, que les voisins du dessus ne réveillaient pas encore tout l'étage en se hurlant des bengladaiseries à la tronche, que mes cafards faisaient encore la teuf dans la cuisine, que Ginette n'avait pas encore alpagué un passant pour l'envoyer acheter ses sèches et se mettre à pleurer qu'elle aimait bien sa ptite maman qu'était morte maintenant, que les mômes du 2e n'étaient pas encore sortis au Lidl faire à trois (3 ans, 5 ans, 7 ans) les courses pour les parents que personne n'a jamais vu sortir de chez eux, que le gros Monsieur qui sent pas bon n'était pas parti faire sa balade en poussant le fauteuil roulant vide qui lui sert de déambulateur (ou peut-être croit-il promener un être aimé disparu ou enfui), j'ai croisé une souris dans le hall. Elle courait très très vite, elle avait l'air très très en retard, elle a peut-être même regardé sa montre et elle était peut-être en gants blancs, je sais pas, j'étais dans le gaz, il était tôt, je voulais pas rater mon avion."

Extrait de "Alice au pays des HLM," éditions J'ai Bu.

mardi 25 septembre 2012

samedi 11 août 2012

Confessions

On est en couple depuis....pfffff ça me semble une éternité, et il fait trop chaud pour faire des maths. (Ou alors des factures à la limite. Pour le petit côté "je joue à la caissière." Et le grand côté "money makes the world go round").

Bien sûr, nous eûmes des orages comme disait Jacques, mais c'est tout de même l'amour fol.
Évidemment j'ai l'impression, toujours, que c'est moi qui mène la danse, que je décide de tout. Que si je ne fais rien, il ne se passe rien, mais peau de balle, hein. Que si je décide de rester au lit toute la journée, alors d'accord,  on fait comme ça, on verra bien ce qui arrivera (et il arrive toujours la même chose: je me lève, parce que j'ai autant de volonté qu'une endive cuite parfois).

On se voit beaucoup. La nuit, évidemment, mais le jour, aussi. Tous les jours. Sinon c'est le manque direct, la boule à l'estomac (c'est beau hein? Sauf que pour l'héro ou le crack c'est pareil je vous rappelle. Alors bon finalement, non. Ca fait plutôt peur qu'autre chose une telle dépendance).

Je sais qu'il en voit d'autres que moi. Il sait que parfois je passe deux heures sans penser à lui. Mais c'est dans le contrat. On est bien comme ça. Des fois je chiale. Lui, jamais. Mais il sait se rendre infiniment chiant, et tenir longtemps. Et on me demande régulièrement si je n'ai pas envie de le quitter, d'en changer.

Le quitter?

Évidemment j'y pense. D'autant que ça ne se passe pas toujours très bien avec les enfants. Ils ont une relation particulière avec lui. Parfois ils le regardent avec des étoiles dans les yeux. Ils en parlent à leurs potes comme si c'était le meilleur du monde, comme si le simple fait que j'entretienne une relation durable avec lui pouvait entretenir une légitime fierté.

Mais la plupart du temps, ils ne l'aiment pas. Pas trop. Ils sont trop gentils (allez, soyons modestes: trop bien élevés) pour le dire en face, mais je vois bien qu'ils lui reprochent le temps que je lui consacre, dans leur certitude naïve que ce temps leur serait automatiquement réattribué si je mettais fin à notre relation (c'est cela oui.) Et d'ailleurs même le chat est jaloux et vient régulièrement me coller des coups de pattes quand je passe trop de temps avec lui à son goût.

Bref ça fait longtemps qu'on est ensemble, et là je viens de décider unilatéralement de faire une pause. Trois semaines, et je pars en vacances. Cataclysme affectif!!! La boule au creux de l'estomac est déjà arrivée, alors que je ne suis même pas encore partie, et qu'il est là, à côté de moi, et même qu'il me regarde écrire en attendant que je m'occupe de lui (oui, bon, j'arrive!) Il est pas trop pour: il m'a déjà dit qu'il me couperait les vivres le temps de ma "disparition". Ben tant pis je me débrouillerai avec les sous que j'ai (ça va je pars pas à Hawaii non plus).

Ca n'a pas été une décision facile à prendre, c'est même un déchirement. Mais il reste (il garde l'appart, que les cafards et le basilic ne dépérissent pas trop), je ne lui laisse même pas le chat qui prend son mois de congé à l'autre bout de l'arrondissement, ni l'ordi dont je ne me sépare jamais... Je vois bien qu'il est pas content: il m'a empêché de dormir toute la nuit le salaud (oui j'ai le droit de l'insulter, si vous saviez dans quel état il me met parfois, c'est pas cher payé la vengeance). Il reste. Enfin, j'espère qu'il reste. Je lutte contre la petite voix diabolique qui me dit qu'en trois semaines, il m'oubliera, et qu'il faudra tout recommencer avec un autre.

Je pars.

Salut, le taf.


mardi 3 juillet 2012

Choc

Il ne sera pas dit que l'été est pourri, car cette semaine, un de mes plus vieux rêves s'est réalisé: il a plu, oui, mais du chocolat.

Je déambulais avec désinvolture dans les dépendances de ma propriété (=je traversais la cour au milieu des trois blocs de HLM), le sourire aux lèvres (=tiens, ça sent pas la sardine, pourtant il est déjà 9h30) et l'œil vif (=en dormant à moitié) quand soudain, à un centimètre de mon corps, SPLATCH, a atterri sans douceur un petit chocolat suisse au lait encore emballé (j'ai mis des majuscules parce qu'il a crié en tombant vu que soit il venait de très très haut soit il avait pris pas mal d'élan).

Comme quoi on a beaucoup exagéré le niveau social des locataires de HLM parce que quand on en est à balancer du chocolat, suisse de surcroît, par les fenêtres, c'est qu'on ne manque pas de hamburgers (en revanche je n'ai pas encore reçu d'écran plat sur la tronche, ce qui est assez surprenant parce qu'une fois sur deux quand je vais à la cave je vois des gros cartons vide d'écrans plasma. Mais à passer par la fenêtre c'est moins facile.)

Je ne l'ai pas ramassé parce que j'ai ma dignité (ou mal au dos).

Sinon après le bel espoir du mois dernier (rappel des épisodes précédents: on m'a proposé un appartement, qu'il fallait que j'accepte sans savoir où il était, j'ai accepté), on a eu l'honneur de m'informer que le logement avait été attribué à quelqu'un d'autre, que j'étais arrivée 3e à la commission, et que si la personne se désistait j'aurais l'appart.

Et la 2e famille alors? Demandais-je naïvement.

La 2e famille, elle n'a pas été retenue. Donc je suis bien 3e, mais sur 2.

Fatigue.


lundi 28 mai 2012

C'est pas la fête du slip quand....

...j'ai pas blogué depuis presque deux mois, parce que quand j'ai une idée, je la mets dans mon tiroir cérébral à idée de post et je me coince le doigts dedans en le refermant. Du coup je l'ouvre plus jamais. ca lui apprendra.

...les cafards ne se cachent plus pour mourir. Juste après le 6 mai, décrétant que le changement, c'est maintenant, Gaspard le cafard est sorti fêter ça au milieu de la cuisine en PLEIN JOUR. Comme il avait beaucoup bu et écouté de la musique très fort avec ses potes dans l'ascenseur la veille (j'ai des preuves) (et j'ai aussi des preuves qu'ils se sont barrés avant de finir de ranger, bande de sagouins)
sa gueule de bois a été plus forte que lui et il est mort.

(Ou alors, c'était un cafard de l'UMP. Il a posé un geste de révolte, un sacrifice, un ultime cafardicide, à 20h01 sa décision était prise, il a tenté de noyer son chagrin dans le Minute Maid à l'orange en vain, il a écouté Mireille Mathieu dans l'ascenseur en boucle sans que son désespoir ne le quitte, et a pris sa décision dans un moment de dignité rare qu'on aurait souhaité lui voir au cours des années qui ont précédé, il s'est dit demain, dès l'aube, à l'heure où blanchira le lino de la cuisine, je me fais hara-kiri).
(Oui, je l'ai un peu aidé en l'écrasant sobrement dans un sopalin. Mais sans hurler comme une hystérique parce que
1)pour  moi aussi, le changement c'est maintenant, je voulais savoir si j'étais cap de négocier un nuisible sans piquer une crise, je sais que je peux, c'est bon, j'ai le droit de recommencer à hurler et
2) moi aussi j'étais pas fraîche de la veille et crier aurait sûrement fait décéder l'oreille qu'il me reste. (Oui, je n'ai qu'une oreille. Mais je fais pas mon intéressante comme l'autre van Gogues et je le dessine pas sur les toits. Juste je le hurle sur mon blog).

...on me propose un nouvel appart, à la condition que je dise OUI, que je remplisse un dossier avec douze kilos de justificatifs et de photocopies, le bulletin de naissance de la vache laitière de l'oncle de la bignole, et qu'on refuse de me dire OÙ il est. Car je le saurai SI mon dossier est accepté en commission et SI c'est moi qui suis retenue (on est trois sur le coup). Pourquoi refuser de me dire à quel niveau du périph se situe ce potentiellement splendide logement social? Pour éviter qu'on soudoie la gardienne? Que je m'y rende avec fusil à pompe et silencieux, pour me planquer dans un placard et attendre la venue des deux autres familles sur le coup, et plop, plop!? Ou juste pour faire chier le monde (moi je suis employée au service logement et j'ai droit de vie ou de mort sur tes neeeeeeeerfs alors t'as qu'à te faire une poëlée de cafards au germes de blé bio je dirai rieeeeeeen, espèce de morue libérale et monoparentale).

...j'ai tellement de travail que je me dis que merde, les vacances arrivent, c'est chiant ça je vais pas pouvoir travailler.

...je me rappelle que ma mère lit ce blog et que donc je peux pas parler de cul comme je voudrais.




dimanche 8 avril 2012

Sous-texte

Devinette: de celui qui se glissa dans ma boîte aux lettres ou de celui qui fut scotché sur ma porte, sauras-tu reconnaître le vrai poisson d'avril?






Je n'ai pas eu la chance de voir la queue d'un technicien.

"Euro service décline toute responsabilité pour l'entretien des appareils inaccessibles (...) dans les appartements dont l'accès lui a été rendu impossible par la présence d’enfants en bas âge ou d’animaux pouvant présenter un danger pour nos techniciens"

C'est quoi ces manières de souligner mes enfants en bas âge et mes animaux?

En terme d'enfants en bas âge, oui, c'est vrai, Gavroche approche les huit ans et demi, il fait lui-même ses piqûres quotidiennes maintenant et armé d'un stylo injecteur il peut s'avérer assez redoutable. Et je mets au défi n'importe quel technicien spécialiste des mécanismes de chasse d'eau de lui faire réciter sa table de sept sans se faire hara-kiri. Il ne mord pas, mais il est capable de parler non-stop pendant sept heures, et faire décéder le tympan le plus aguerri aux bruits de robinetterie. Donc c'est peut-être lui qui a empêché un quelconque technicien d'approcher la sonnette.

Ou alors ce sont mes animaux. Le Chat, qui pèse un demi-Gavroche et se déplace à l'allure d'une limace neurasthénique, et qui sert d'oreiller à toute la famille sans bouger une moustache. L'iguane de l'ascenseur, dont les mannes hantent les couloirs et les cages d'escalier.
Ou mes cafards? C'est vrai que les deux derniers que j'ai exterminés avaient l'oeil mauvais.

Bref. Dans les cages à poules, on élève des enfants méchants.

Moi j'aurais ajouté "vos vieux" aussi, parce que le venin raciste de certains présente un réel danger pour tout ce qui passe.







vendredi 16 mars 2012

logorrhée

Il faut dédramatiser le HLM.
Pie IX était épileptique. (Molière aussi).
Je ne sais pas comment on fait les papas.
The show must go on.

S'il savait que le silence est d'or il fermerait sa gueule plus souvent.
La boîte de réception c'est plus souvent une boîte de déception.
La traduction ne fait pas le bonheur. La trouduction non plus.
(oh!)

Il ne faut pas confondre un conflit de connards et un confit de canard.
Les tic-tac orange sont faits avec des bébé surimis.
Veni vidi vomi.
Ginette a fleuri, c'est le printemps.

Fausse adresse, fausse commune.
Je chie sur la sérénité. Elle me le rend bien.

Et n'oubliez pas: Radio Paris ment!

(Cette logorrhée sémantique vous était offerte par l'association des craqueuses de nougats amidonnées au sperme de banane).