mardi 16 novembre 2010

Noir! C'est noir!

Un samedi matin, à neuf heures (dès potron minet, quoi, sans blague, un SAMEDI!), nous fûmes réveillés par des coups de masse (boum), de perceuse (vrille), et des lamentations (les miennes. J'avais naïvement caressé l'idée d'une matinée bien grasse, ça arrive parfois, quand les voisins oublient de me se réveiller).

Comme je ne manque jamais une occasion de me jeter sur le premier cliché venu, je me hâtai de maudire mes voisins du dessus qui présentent l'immense avantage de me servir de réceptacle à râleries et récriminations (zavaient qu'à pas fuiter neuf mois dans ma cuisine). (Et je parle même pas des cris et autres vacarmes télévisuels, je serais malpolie très vite).

Mais, que justice soit faite, pour une fois, ce n'était pas eux.

C'était Paris Habitat, soutenu par les gentils ouvriers d'Otis, qui venait de décider au bout de deux mois d'immobilisme de réparer l'ascenseur en panne. Mais un samedi à neuf heures, hein, car la semaine ils doivent aller bosser dans les immeubles où ya des gens susceptibles de se plaindre que le ouikende, ils veulent dormir.

Quelques Dolipranes plus tard, ayé c'était fait. Ils ont même remplacé la porte palière, la nouvelle est d'un joli noir-déprime qui va assez bien avec le reste de la déco.


La vieille porte verte est plantée dans la cour, on attend le printemps, voir si elle fait des petits.


Du coup, d'émotion, l'autre ascenseur en est tombé quasiment instantanément en panne. Râââ.


jeudi 4 novembre 2010

Marteau, pis coeur

Quand les Feux de l'amoûûr de la voisine du dessous (oh Joooooohn, pourquoi m'as-tu caché que j'attendais un enfant de toi?) sont couverts par les coups de marteau polyglottes du voisin du dessus, grande est la solitude de la traductrice esseulée.

(Je ne sais pas à qui attribuer le © de ce Shaddock, je l'ai pompé sur le site d'une dame qui l'avait pompé sans dire où).

dimanche 31 octobre 2010

Ca pèle

L'automne est là, les feuilles tombent, les ptits vieux glissent sur les trottoirs mouillés, les chrysanthèmes surgissent aux vitrines des fleuristes tels des boutons sur le front prépubère.

Il fait gris et moche, et dehors aussi, le carrelage du hall 5 avance à grand pas dans la mochitude, les voisins se livrent au hurlement automnal pour être bien prêts à crier cet hiver. Ca pèle dehors, ça pèle dedans. Dans ma cuisine, la ploquitude a vécu, maintenant c'est opération séchage.

Tant qu'il pleuvait dans l'évier, je croyais, grande naïve, que seul le plafond était atteint. Mais j'assiste hélas chaque jour à un effeuillage en règle de la peinture de la cuisine. Shocking.




Et mes pauvres petits n'en mènent pas large. Ils ont beau essayer de cacher de leur corps l'impudique déshabillage des murs de la cuisine, ils sentent bien que ça va leur tomber dessus à court terme. Et moi au lieu de voler à leur secours, je les prends en photo. En cela j'obéis aux normes morales de notre XXIe siècle: tu prends en photo d'abord, tu discutes ensuite.

Je vous laisse juge de leur désarroi et du mauvais traitement que je leur réserve. Mais je veux qu'on sache que j'ai toujours pris le plus grand soin d'eux, de la grande comme du petit, et ce dans les nombreux appartements où je les ai trimballés. J'en profite pour leur faire passer un message qui les fera, j'espère, réfléchir à deux fois avant de se lancer sans moi dans la banquise du vaste monde, découragés par leur conditions de vie et la mauvaise hygiène que bien malgré moi je leur impose : mes chéris, ça ne durera pas toujours. Un jour on habitera dans un endroit salubre à nouveau. Sans cafards qui vous marchent dessus, sans peinture écaillée, sans voisins hystérico-fouteurs de gueule pour vous tenir réveillés la nuit. Tenez bon. Et surtout, comme vous l'avez fait pour la photo, restez toujours solidaires et ne vous séparez pas: à deux, on est plus forts.


mercredi 6 octobre 2010

Amuse tes amis

L'ascenseur est tellement, définitivement, désespérément, indubitablement, incroyablement, honteusement, bêtement, extrêmement, parfaitement en panne que les carreleurs s'en servent de LAMPADAIRE, tant ils sont convaincus que plus personne, jamais n'en ouvrira la porte:



Et ils l'enlèvent même pas en partant le soir. Certes, l'idée qu'un réparateur puisse intervenir après 17h est assez ridicule.

Qu'est-ce qui est vert, mais qui monte et qui descend plus du tout?
Un iguane dans mon ascenseur...

lundi 4 octobre 2010

pluploc

Il ne pleut plus dans la cuisine.
(Sauf la nuit dernière dans mon rêve, et c'était la mousson.)

J'ai envoyé aux voisins du dessus Monsieur D. un homme très très grand et trèèèès costaud, ainsi que pas mal noir, et qui en impose un max. Que quand il te regarde avec un sourire tu voudrais qu'il soit ton grand frère ou qu'il ait été là le jour où cette raclure de Christine D. t'a monté un guet-apens en CE1 et que tu t'es fait casser la gueule par tous ses potes au fond de la cour, alors que toi t'y allais pour jouer à l'élastique (t'aurais dû te méfier de cette envie soudaine de jouer avec toi au fond de la cour, derrière les toilettes, pendant que les maîtresses grillaient leurs clopes en salle des prof), bref, ce jour-là ça aurait été bien pratique d'avoir un géant très musclé pour leur rectifier la façade.

Là en l'occurrence, parce que finalement les clichés ont la vie dure et qu'un grand noir baraqué fait toujours meilleure impression qu'une petite blanche sans couilles, surtout quand il s'agit de revenir sur le droit chemin et de réparer un robinet, la force a eu raison de la bêtise et deux jours plus tard ça ne ploquait plus.

Le tout sans prononcer un seul mot de bangladais.

Je suis même pas sûre que Monsieur D. ait eu besoin de leur dire qu'il était expert en assurance.

mardi 28 septembre 2010

C'est pas très gentil de se moquer...

Depuis février dernier, des ouvriers avides d'insertion se sont attaqués à la lourde tâche de décarreler les halls d'entrée des trois immeubles qui forment notre joyeuse cité, pour recarreler en plus moche. Enfin, chacun ses goûts, mais nul ne peut nier que l'intention soit louable, puisqu'il s'agit d'améliorer notre cadre de vie tout en occupant sainement des jeunes pour (presque) pas un rond, tout en recyclant des invendus de carreaux couleur vomi.
Donc avant, en entrant dans notre petit paradis urbain, on voyait ça:



Maintenant, on a la chance de voir ça (enfin là où c'est fini, parce que c'est loiiiin d'être terminé):



(remarquez la jolie frise carreaux-cassés, c'est les grumeaux), décor qui m'a valu l'autre jour d'entendre une mamie à cabas s'exclamer avec une indignation mêlée de découragement "TOUT est moche ici!" en entrant dans le hall.

Et comme Paris-Habitat a un goût de l'esthétique qui confine à la perfection, et qu'il n'est pas question que nous ne jugions pas à leur juste valeur les efforts et l'argent investis dans la déco, on a même un échantillon avant/après, pour bien se souvenir comme on a de la chance d'habiter là:






J'en profite pour lancer un appel: cela fait aujourd'hui plus de 25 jours que l'ascenseur de gauche est en panne. Les gens coincés dedans vont finir par s'agacer.

mercredi 22 septembre 2010

La bête immonde

Avant j'aimais la nuit. La sensation de solitude peuplée que seule peut procurer la ville, le retour sur soi après une journée de côte-à-côte, la sensation de préparer doucement son corps et son esprit au repos qui permettra, demain, de recommencer une journée comme on recommence sa vie. J'aimais me blottir dans un livre et avoir la liberté silencieuse de choisir de m'en extirper, le temps d'une parenthèse tilleul-menthe (un sucre). J'aimais, dans le noir, parcourir le couloir et aller sentir les cheveux des enfants qui dorment et qui transpirent cette odeur si particulière de rêve. J'aimais sortir, arpenter la ville en veille aux allures de décor de cinoche, entendre mon pas résonner ou sentir le trottoir sous mon pied souvent nu, et rentrer digérer mes songeries au fond d'un lit protecteur.
J'aimais décider, à deux heures du matin, que l'heure était venue de sortir la cire et la pince, et m'épiler à l'orientale parce que bon, là, maintenant, j'ai envie.
J'aimais m'allonger par terre et regarder le dessin des ombres projetées par la flamme trémoussante d'une bougie. J'aimais prendre un papier et un crayon et écrire des conneries géniales qui paraîtraient d'une déconcertante puérilité le lendemain matin.

Et aujourd'hui, avec ces saloperies de bestioles, qui sont là, qui me guettent, qui se jettent entre mes pieds si je me lève trop tôt, et dont j'entends le chant de victoire à présent que les nuits rallongent et que mes jours raccourcissent, qui savent que l'appartement, l'immeuble, la cité sont à elles, la nuit, j'ai une boule qui me serre la gorge à mesure que l'obscurité gagne, j'allume frénétiquement toutes les lumières de la maison, et j'ai envie de me barricader hors de chez moi. Je lis en croyant voir passer, du coin de l'oeil, des cafards sur la table de nuit. Je me réveille en sursaut, persuadée qu'ils courent sur ma joue. Et je n'ose plus sortir, de peur de ne pas avoir le courage de rentrer.

Et sur l'écran noir de mes nuits blanches, comme disait Claude, c'est ce genre de cinéma que je me fais:




(Oui, je crains qu'une bête ait été blessée pendant le tournage, et précisons qu'il a fallu une bonne trentaine de pulvérisations de spray "Kapo" (ce nom est rigoureusement authentique, et comment peut-on appeler un insecticide comme ça sans avoir mille procès sur le dos je sais pas) avant de parvenir à neutraliser ce cloporte qui semble le produit d'un croisement entre un cafard et un mammouth).

Je tiens aussi à souligner qu'une fois la créature totalement décédée, il m'a fallu sniffer du kapo pour avoir le courage de la balancer par la fenêtre. Car elle était trop grosse pour passer par le trou de l'évier.