dimanche 28 février 2010

Changeons de sujet.


Il faut cesser de répéter que c’est pas la taille qui compte, que les plus petites sont les meilleures ou qu’il vaut mieux une petite active qu’une grosse paresseuse.

Ca en rassure certains, sûrement, mais pour peu qu’on fasse preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle, affective, sentimentale et physique – on est bien obligé d’admettre que c’est to-ta-le-ment-faux.

Désolée.

Je vais parler de ce que je connais le mieux : moi. Moi par exemple, une toute petite ça me fait quasi-aucun effet. Alors qu’une grosse, ou une énorme (et j’en ai connu !) ça m’impressionne. C’est quand il faut toucher que ça se confirme d’ailleurs. Je peux éventuellement en toucher une petite, ça ne fera pas grand chose, mais, si elle est grosse, voire monumentale, je crie. Et les décibels sont proportionnels à la taille évidemment. Devant un spécimen gigantesque, il m’est arrivé de hurler. Même en fermant le yeux, ça ne change rien.

Je ne cois pas être un cas unique d’ailleurs. La plupart des filles sont comme moi, et celles qui vous diront le contraire sont des menteuses ! Evidemment, dans la discussion, entre amis, c’est facile de faire la fière, mais quand on se retrouve seuls, en tête-à-tête, et qu’il faut passer à l’acte, alors les choses prennent toute leur proportion et il n’est pas rare que certaines nénettes se barrent en courant, tout simplement.

Moi je ne peux pas me barrer, vu que c’est toujours chez moi que ça se passe. Presque tous les soirs j’en ai une nouvelle sous le nez. Et quand elle est grosse, je crie. Si elle est énorme, ça passe carrément pas : je hurle. Et pourtant, je suis bien obligée de me la taper, la blatte, pour pas qu’elle retourne se planquer sous le frigo.

dimanche 21 février 2010

On est dans la merde.

Le chat vient de manifester son mécontentement en posant en pleine nuit un acte au milieu du salon. Quand je dis un acte, je veux dire un étron. Les enfants ont été ravis de venir me réveiller à l'aube du dimanche pour me l'annoncer (les enfants adorent jouer les messagers, surtout quand la nouvelle est mauvaise.)

Moi je comprends le chat. Parfois j'ai envie de faire la même chose sur le paillasson de Paris Habitat.
Je crois que le chat est en manque de sommeil. Le jour, les hurlements des voisins l'empêchent de dormir.
La nuit, les hurlements des voisins l'empêchent de dormir.
A l'aube, mes hurlements de terreur devant le cafard du petit déjeuner l'empêchent de dormir.

Alors il faut comprendre ce geste de révolte qui, pour être sans élégance, n'est pas sans panache.
Mon chat s'emmerde, et il le partage.

mercredi 17 février 2010

Bat bug

© Romuald


Le local à poubelles a été décapé! C'est une bonne nouvelle, mais 35 ans d'ordure qui recouvrait les murs, ça ne disparaît pas aussi facilement. Le plus gros de la crasse a disparu, les effluves restent. Faute de savoir tenir plus de deux minutes en apnée, on continue donc à jeter nos sacs dans la rue, dans les poubelles publiques ou celles des immeubles voisins.
Ici, on est divisés en deux types de locataires: ceux qui sortent leurs chiens, et ceux qui promènent leurs poubelles.


mercredi 10 février 2010

Dément ton

Aujourd'hui mon iguane est passé à la télé.

(Je suis vengée. Petite, je voulais passer dans l'école des fans. Ma mère m'a fait croire qu'elle avait écrit, sans résultat. Ce n'est que vingt ans plus tard que l'auteur de mes jours m'a avoué l'atroce vérité: elle avait eu trop honte, et la lettre n'était jamais partie. La vengeance est un plat qui se mange froid, et c'est pas Jacques M qui me contredira.)




Je suis vachement contente d'apprendre que j'ai obtenu des rendez-vous pour changer de logement. Et je tiens à remercier mon iguane, mon chat, Agathe la blatte et mon gérant de m'avoir fait la surprise pour que je l'apprenne quasiment en direct à la télé (en vrai en streaming sur Internet).

Et puis ma merveilleuse illustratrice de copine qui ne se contente pas de dessiner avec talent, mais guette pour moi les occasions de passer à la postérité.

(Je vous parle même pas de mon photographe de pote qui m'a donné l'idée de filmer mon écran, ah ben ouais c'est pas pour rien que l'image est pourrie comme ça)

Comment expliquer cette délicate attention de Paris Habitat? Et surtout, quand-est-ce que je les aurai, ces rendez-vous?

Ah, Bruce, Bruce, comme je le disais encore à l'exhibitionniste du métro sa virgule à la main (pas dans la mienne, de main, hein...), il ne suffit pas de vouloir quelque chose très fort pour que ça arrive.

J'ai pas de rendez-vous. J'ai pas la perspective d'un nouveau logement non plus.
J'exiiiiiige un démenti!!!!!!





samedi 6 février 2010

Crève, charogne

(En passant, ce titre de circonstance, parfaitement plagié sur un Renaud adolescent, est absolument inepte. Pourquoi demander à une charogne de mourir une deuxième fois?...Quoique...à fort d'occire des cafards qui se ressemblent tous, j'ai l'impression de tuer tout le temps le même, qui renaîtrait de ses cendres, véritable phénix des HLM).



Dans mon bestiaire, j'ai omis de narrer l'irruption du rat crevé qui nous a accueillis lors de notre arrivée ici.
Par ces termes si durs, je ne parle pas d'un voisin haineux ou d'un salarié acariâtre de Paris Habitat, même pas.
Une fois le déménagement fait, le coeur gros encore des regrets d'avoir quitté un palace en altitude mais bon, la monoparentalité a un prix, j'ai fait le tour du locataire avec mes enfants pour leur montrer que quand même, on avait bien de la chance d'habiter dans un immeuble où il suffisait de parcourir quelques couloirs de la mort aux canalisations parfaitement isolées
(la preuve en image)





..pour déboucher sur un local encombré de poubelles puantes devant lesquelles une porte donnait sur une cour à laquelle, apparemment, personne n'avait accès faute d'en avoir la clé, sauf quand les poubelles étaient de sortie. (J'ai demandé à mon gérant si je pourrais éventuellement en avoir une, de clé, histoire d'aller faire du roller pendant les période creuses. Il ne sait pas, il va se renseigner. C'était l'année dernière. Je crois que la partie du cerveau qui a entendu (compris? Allez savoir) ce message s'est depuis fossilisée chez lui. N'allez pas croire que je n'aie aucun respect pour les fossiles, c'est utile, dans les musées, ou en presse-papier.)
C'était septembre, il faisait encore beau, Cosette, du haut de ses sept ans tout neufs, gambadait en sandalettes roses dans cette grande cour encerclée par le cul des immeubles Opac des autres rues du quartier, quand pouisshhht.
C'est quoi ça maman?
C'est un rat ma chérie, comme c'est rigolo!!!!

En scandalettes, jvous dis.

dimanche 31 janvier 2010

Tirade à mon bailleur (ou les vers du nez)

Ah non ! C’est un peu court, jeune homme !

On pourrait dire, pour sûr, qu’vous vous payez ma pomme !

Et en variant le ton ! Par exemple, tenez :

Agressif : Moi madame, si j’avais un tel toit

Je me garderais bien de m’en mordre les doigts !

Amical : Mais tous ces champignons de rien ne vous servent !

Lancez-vous donc, Madame, dans l’commerce des conserves !

Descriptif : C’est un loft ! Un palais ! Un palace !

Que dis-je, un palace ? C’est un bel édicule !

Curieux : De quoi sert ce joli vestibule ?

De chatière, Madame, ou de boîte à cafards ?

Gracieux : Aimez-vous à ce point le bizarre

Que maternellement, vous vous acharnassiez

A cultiver mycoses et laids invertébrés ?

Truculent : Ca Madame, lorsque dans l’ascenseur

Un reptile cané vous met du baume au cœur

Finit-il rôti, au sel…ou à la vapeur ?

Prévenant : Gardez-vous, en sortant les poubelles,

De glisser dans la fange de votre tour de Babel !

Tendre : Mais qu’ils sont mignons ces petits !

Et qu’ils ont l’air triste dans ces murs tout pourris !

Pédant : L’animal, seul, Madame, que Sarkozy

Appelle Bessortefeuguaynautpécrèssébalkany

Dût avoir tant d’orgueil sous si peu de jugeote !

Cavalier : Quoi, l’amie, mais que vous êtes sotte !

Si vous êtes mal logée, c’est bien de votre faute !

Emphatique : C’est la demeure d’une reine !

Admiratif : c’est de l’amiante, ou de la laine ?

Lyrique : Est-ce un bateau ? Est-ce le Titanic ?

Naïf : Comment ça on vous prend pour une bique ?

Respectueux : Souffrez, Madame, qu’on vous salue

Vous y êtes encore, en en ayant plein le cul !

Campagnard : c’est ben pratique, qu’il pleuve dans la cuisine,

Ca économise l’eau pour cuire les aubergines !

Militaire : Aux abris !

Pratique : C’est toujours ça de pris !

Assurément, Madame, vos cafards sont ravis.

Enfin, parodiant tout Paris Habitat :

La voilà donc, cette turne, qui des nerfs d’Iguana

A détruit l’harmonie ! Et pourtant ya pas d’quoi !

Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit,

Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit.

Mais d’esprit, ô le plus lamentable des bailleurs,

Vous n’en eûtes jamais, et j’ajoute d’ailleurs,

que de lettres vous n’avez que les trois qui forment le mot sot !

Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut

Pour pouvoir lire mes lettres et comprendre mes maux

Que vous n’en eussiez pas répondu au quart

De la moitié du commencement d’une, car

Si votre publicité sort tambour et trompettes,

En vrai tu ne fais, rien, Bailleur, tu te la pètes.


(Tous mes remerciements à Edmond Rostand, qui donne des orgasmes au cerveau.)

mardi 26 janvier 2010

Cafard du matin, chagrin

Cafard du soir, chagrin tout pareil.

Ce matin (un lapin, non, je l'ai déjà faite celle-là), ce matin disais-je, Cosette et Gavroche ont fait la connaissance de leur premier cafard.

Jusque-là j'avais réussi à leur dissimuler le bestiaire en les déguisant habilement en raisins secs ou en M&M's, mais là, entre la tartine et le jus d'orange, le raisin sec sur pattes qui tourne en rond dans la cuisine, j'ai pas pu leur faire avaler (ou alors ce sont peut-être mes hurlements hystériques et matutinaux qui leur ont mis la puce à l'oreille, allez savoir).

Une main virile et néanmoins peu velue (on ne peut pas tout avoir) ayant écrabouillé puis disposé du bestiaux devant un public en délire et un chat absolument indifférent qui miaulait sans discontinuer pour exiger sa pitance, à côté du cafard qui lui tournait tout pareil sous le cul d'une bouteille d'huile d'olive vide ("Merde le fond n'est pas plat" a constaté la main virile répugnant à écraser le monstre à mains nues), Gavroche vint interrompre la douche maternelle pour s'enquérir: "Maman, c'était une bête ou un cafard?"

La même question que je me suis posée hier devant la télé, dis-donc.