dimanche 4 octobre 2015

Riri, Gigi, Leduc et les autres

Troisième épisode des palpitantes aventures de Oui-Oui au pays des queutards Rigoletto et sa fille Gilda.

Alors là, on est donc avec Rigoletto qui a, dans l'ordre:
- fait le con chez le duc
- récolté une malédiction qui a fâché tous les courtisans qui ont un peu pris ça pour eux (courtisans qui, soit dit en passant, croient que la jolie blonde est sa maîtresse alors que pas du tout)
-rencontré un tueur à gages venu de nulle part qui lui a filé ses coordonnées au cas où
- dégoisé sur son job qu'est pas facile-facile, parce que bosser pour un bellâtre friqué et fou du cul quand on est moche et bossu c'est pas une sinécure
- papoté avec sa fille pubère de la mama qui fait des pastas au ciel et des randonnées échevelées de la gamine (maison-église-maison)
- recommandé à la bonne (Giovanna) de bien surveiller la môme parce qu'on ne sait jamais, les hormones ça vous les rend toutes fofolles, les ados.

C'est bon, là, on a perdu personne?

Alors maintenant, Rigoletto part vaquer à ses occupations de bouffon (chez Verdi c'est pas une insulte, c'est un métier), et Gilda en profite pour dire à Giovanna que hum, ya quand même un ptit truc qui la travaille: le beau gosse qui la suit quand elle va à l'église. Elle l'aime.
(Normal. Moi l'autre jour ya un gars qui m'a suivie jusqu'au Franprix, ben j'attend plus qu'une chose c'est qu'il me demande en mariage et qu'il me colle deux gosses. Non, on s'est pas parlé, pourquoi faire? Il avait de belles mains. A mon avis, pour cimenter un couple sur la durée, ça et le fait de connaître le chemin du Franprix, c'est plus que suffisant).

Et là justement BIM! Qui était derrière un arbre en train d'épier Rigoletto et sa fille????????

Le beau jeune homme!

Qui n'est autre que Leduc, notre priapique de service, qui se jette éploré aux pieds de la belle (après avoir chassé la bonne) on lui confessant son amoûûûûr avec un grand Q.

(Bon là on a l'impression qu'on atteint le sommet du cucul. Et ben c'est là qu'il est fort Verdi: c'est beau. C'est plus que beau.)

La blondinette fait sa farouche au moins douze secondes avant de craquer et de lui faire entrevoir un bon ptit paquet de délices à venir mais oh! vite! Déguerpissez! J'entends qu'on vient!

Le gars se tire tout content en se disant qu'il a déjà fait la moitié du boulot et qu'elle est à point la donzelle. Et avant de partir il lui donne un faux nom à la gomme (Gualtier Maldè, genre le nom qui n'existe carrément pas, pourquoi pas Patapon Riboudu, mais bon qui suis-je pour juger hein) et il lui dit qu'il est étudiant. Et pauvre. Ben voyons.

(Enfin quitte à s'inventer un nom sexy il aurait pu faire un effort). (Bref).

Alors là, ça se complique un tout petit peu (mais pas trop, partez pas).

Les courtisans ont décidé de faire chier Rigoletto, qui les leur brise. Donc dans la série blague de régiment, ils décident d'enlever sa meuf (qui est sa fille en réalité, mais ils ne le savent pas. Parenthèse: c'est bien les nobles, ça. Ils passent leur journée ensemble, ils bossent, bouffent, jouent, baisent tous ensemble, et yen a pas eu UN pour demander au gars "au fait t'es marié, t'as des gosses, un chien, c'est quoi la marque de ta bagnole?" Non, pas la moindre curiosité pour la vie des autres. Et après on s'étonne qu'il y ait eu la révolution. Fin de la parenthèse).

Et c'est là que c'est tordu: ils croisent Rigoletto et lui disent qu'ils vont enlever la maîtresse (enfin une des maîtresses) de Leduc, et que ça va être drôlement rigolo (fatalement....) Et ils lui font TENIR L'ÉCHELLE! Ils lui bandent les yeux (c'est plus marrant) et ils enlèvent sa fille sous son nez...

Les courtisans se tirent en courant, et là le bouffon comprend qu'il y a un loup; il se rue chez lui: misère!!! La gamine a disparu!!!! Là il se dit que merde, la malédiction c'était pas du boudin alors, il a vraiment chopé la scoumoune....

On passe au deuxième acte (oui c'est long un opéra. Faites un effort).

On est chez Leduc qui l'a sacrément mauvaise. Il a pas trouvé Gilda et il fulmine: on lui a piqué sa meuf. Ya rien de pire pour exciter un gars que de le priver de son jouet si près du but. Il y était presque!!!!

A ce moment-là, les courtisans lèche-cul débarquent et fous de joie, racontent en jubilant le bon tour qu'ils ont joué à Rigoletto: ils lui ont piqué sa nénette, sous son nez, le con!
Mais où elle est ???demande Leduc qui reprend soudain des couleurs et qui sent son flux sanguin prendre une direction que je qualifierais de médiane.
Ben là, on l'a rangée dans ton pieu, en gros, répondent les vipères.

Inutile de vous dire que le duc, en moins de deux secondes, il est plus là. Une pensée émue pour la vierge effarouchée dans la chambre d'à côté qui va probablement connaître l'amour charnel et la fissure vaginale le même jour (ya une ptite mycose avec, je vous la mets?) vu comment le gars il en peut plus.

Comme on peut pas rester deux secondes sans qu'il se passe quelque chose, là Rigoletto débarque. Et c'est plus le même homme.  Autant les courtisans rigolent, autant lui se désole. Il n'est plus que l'ombre de lui-même et ne rigole plus du tout. Il s'écroule par terre comme une merde, pleure qu'il a perdu ce qu'il aimait le plus au monde, sa seule raison de vivre, qu'il veut qu'on la lui rende. C'est bon, Rigoletto, arrête de nous les briser, une de perdue dix de retrouvées rétorquent les affreux. Mais rendez-moi ma fille! hurle le père désespéré. Là il jette un sacré froid. Ah merde, c'était sa fille, on a peut-être fait une connerie quand même.

Et là Rigoletto parvient à faire un tour de force, en incarnant à la fois par son chant toute l'ignominie d'un homme qui se traîne plus bas que terre et abdique toute sa dignité, toute, en implorant chaque courtisan: pardon, pitié, pitié, rendez-la moi, rendez-moi mon enfant, et en touchant de son timbre le fond du coeur de toutes les oreilles qui l'entendent dans une transcendance de l'amour paternel (mais je m'égare).

Et les courtisans s'en foutent, zont pas de coeur ces gens-là. Ils l'ignorent superbement. Crève charogne, t'avais qu'à pas nous éclabousser avec ta malédiction à la con.

Là:



Et là pif! Gilda sort de la la chambre de Leduc. Ouf, soulagement de Rigoletto, alors c'était une blague, hein, dites, c'était pour rire. Mais sa fille tire une drôle de gueule. Ca va pas ma chérie? Ben, euh, répond la gamine, c'est-à-dire que la garantie va plus tellement marcher, j'ai un peu honte de le dire devant tout le monde mais Leduc m'a décapsulée.

Entracte.

(Pas en vrai, juste pour vous).
(Je vous rassure, ça va mal finir).
Bisous.



vendredi 2 octobre 2015

Vite la suite

Alors donc, j'ai acheté un ustensile qui permet aux filles de faire pipi debout, et c'est une extraordinaire aventure urinaire que je vous raconterai un autre jour car là, on a Rigoletto sur le feu.

Nous étions donc à la cour de Leduc, et le bouffon venait de se faire maudire un grand coup pour s'être un peu trop moqué d'un vieux papa qui mettait son honneur dans la culotte de sa fille (vous me direz c'est pas un endroit pour le ranger. Je vous répondrai ça fait des milliers d'années que je vous le répète). (je suis très vieille).

Donc là comme l'ambiance est un peu pourrie, tout le monde se casse et on se retrouve juste avec le bouffon qui chante que bon, la vie est dure quand on est vieux, moche et à la solde de DSK d'un noble priapique et friqué, mais heureusement il y a Gilda qu'est belle comme un soleil et qui m'aime pareil que moi j'aime Gilda qui est sa fille et Brel n'a absolument rien à voir à cette histoire. Eh puis tiens, comme on parle du loup, la voilà la mignonne, elle est aussi belle et pure que son père est moche et fourbe (on est à l'opéra faut que les choses soient claires). (Ceci dit le personnage du bouffon est plutôt profond et complexe comparé aux autres, mais on va pas commencer à parler sérieusement, je vous rappelle que ce blog est bénévole).

Donc elle chante coucou papa, comment j't'aime trop surtout que bon, maman est morte et c'est un peu la loose pour parler chiffons et premières règles à la maison (ya bien Giovanna la gouvernante mais si vous voulez mon avis--et vous le voulez, sinon vous ne liriez pas ça--ça remplace pas).

Là-dessus elle rentre faire la vaisselle et vlà-ty pas que le bouffon se fait aborder par un gars qui lui dit Salut, je suis un assassin et j'ai un couteau qui coupe, si t'as besoin de moi voilà mon 06.

(Oui, tout est normal oui).

(A la réflexion je crois qu'il rencontre l'assassin AVANT que sa fille ne lui raconte sa journée au collège, mais bon on s'en fout pour le fil narratif ça change pas grand-chose).

Donc là Rigoletto lui dit ben écoute c'est sympa, là en ce moment c'est plutôt calme les affaires, mais file-moi ta carte et je t'envoie un pigeon si j'ai besoin de tuer quelqu'un.

Et ils se quittent bons amis.

là:


Mais quel suspense. C'est insoutenable.

La suite vachement vite, et je vous rappelle que c'est qu'il faut aller le voir en vrai.

Et pour vous prouver que je mens pas quand je vous dis que Leduc il se la pète en mode "les filles sont toutes les mêmes et en plus elles racontent que des conneries et changent d'avis toutes les cinq minutes" (oui c'est exactement ça les paroles):

lundi 28 septembre 2015

Mots dits

Tiens, un article.

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà, craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois, et donc c'est l'heure de vous raconter une histoire.

Il était une fois un type, appelons-le Leduc, qui ne pensait qu'à tirer des coups, partout, tout le temps. (Avec des filles. Peut-être aussi des brebis ou des laies, mais l'histoire ne le dit pas. Je laisse votre imagination faire le reste). Femmes mariées, pucelles en fleur, tout ça, hop, à la casserole.

Leduc était non seulement blindé mais en plus il devait dégager des phéromones de la muerte vu que TOUTES les femmes tombaient dans son slip à peine il les avait regardées. Et pourtant, il ne se donnait même pas la peine de faire semblant d'être fidèle (il était marié) et passait son temps à confier à son meilleur pote qu'elles se valaient toutes (confidence familiale: mon papa me disait ça aussi).

Donc le gars il est jeune, riche, beau, pas de MST déclarée (et ça c'est bien un miracle), il a une COUR (parce qu'il est noble), et de vils lèche-cul qui le suivent partout en ricanant quand il arrive à se taper une vierge par surprise.

Un jour le type, il est en train de faire une mégateuf avec ses potes, ses lèche-cul de service et son bouffon personnel (car il ne se refuse rien) quand ya un vieux monsieur tout ronchon qui débarque en mode "espèce de crapaud verruqueux t'as déshonoré ma fille, à qui je vais pouvoir la vendre la marier moi maintenant".

Là les lèche-cul ricanent, Leduc s'en tamponne (il pense à sa prochaine prise) et le bouffon en profite pour se foutre abondamment de sa gueule. "T'es gentil, on tolère que ta fille se fasse déshonorer par le boss, tu viens pas nous la jouer Trierveiler, tu remercies pour ce moment et tu t'en vas, hein".

Tout le monde se marre bien mais le vieux daron prend vapeur et là, horreur, il jette une MALÉDICTION sur le bouffon.

Or la malédiction, c'est un peu comme la peste bubonique: tu sais pas trop comment ça s'attrape mais tu sais que si tu fréquentes de trop près un gars qui a des pustules, ça va pas tarder à te gratter sous les bras.

Là les lèche-cul ils rigolent plus du tout. Le type non plus, et il fait carrément arrêter le vieux gars (non c'est pas Poutine, non). Et le bouffon flippe, mais vraiment.

Mais qu'est-ce que va-t-il donc se passer après? (Roulement de tambours, grincements de dents, passage de brebis paniquée).

Vous le saurez quand j'aurai cinq minutes pour raconter la suite.

En attendant vous pouvez voir la version officielle le 5 octobre au théâtre de la porte Saint Martin à 20h (je fais de la pub si je veux, je participe à cet opéra, ya MILLE places dans ce théâtre, autant dire que vous pouvez inviter vos potes tout le monde est bienvenu, yaura des cacahouètes et des boissons fraîches).









lundi 3 août 2015

Pfff.

J'ai beaucoup de boulot. C'est bien. Mais du coup j'ai pas de vacances, et c'est pas bien. Mais si j'avais pas de boulot j'aurais pas de vacances non plus vu que j'aurais pas de thunes pour prendre des vacances. Donc au final je sais pas si ça vaut vraiment le coup que je bosse douze mois sur douze et 6,99 jours sur 7.

Ah ben si, ça vaut le coup puisqu'il faut que je trouve 1200 euros pour payer mon bailleur. Tous les mois. (Pour les non-Parisiens, une note en passant: social, le bailleur. Certes j'ai 150 mètres carrés avec terrasse sur le toit et piscine commune. Meuh noooon je déconne. J'ai 65m2 au premier étage plein nord. Je me plains si je veux, je sais qu'il y a pire. Ils ont qu'à ouvrir un blog et se plaindre aussi, ils verront ça défoule).

Donc je bosse pour payer un appart que je suis condamnée à ne quasi-pas quitter puisque je dois bosser pour le payer (moi aussi je m'y perds).

J'en étais là de mes réflexions au bord de la désillusion épuisée et transpirante (je chialais en marchant dans la rue, quoi), quand tout à coup je vis au bord du trottoir des livres abandonnés, de toute évidence offerts à l'avidité littéraire des passants (et ça fait deux fois en deux jours, comme quoi ya pas que les chiens, les vieux et les traductrices qui se font abandonner l'été, ya aussi les bouquins).

Je me suis dit c'est chouette, voilà un signe qu'il faut que j'arrête de chouigner, si ça se trouve ya des bouquins géniaux, de ceux qui te changent la vie ou juste te distraient quelques heures, hein, on va pas chipoter, c'est toujours ça de pris, prends le cadeau que t'offre la vie ma fille.

Je me suis approchée, et voilà donc le message moralo-remontant que m'envoyait ma bonne étoile (avant de partir se bronzer le cul sur une plage des tropiques, sûrement, la salope):


Donc là je bouffe du Crunch en sanglotant, merci la vie.


samedi 18 juillet 2015

Bricolages

Je ne suis pas en vacances, les vacances c'est totalement petit bourgeois.

(Si vous changez deux ou trois lettres à cette phrase, ça fait "je suis tellement dans la dèche que je vais partir en vacances de 17h à 18h30 le 15 août, probablement dans l'Intermarché climatisé du boulevard Ornano".)

En ce moment je traduis un livre (et j'arrose des plantes et je nourris des chats -- je m'entraîne à être vieille et seule, quoi) sur un film de de Palma. Du coup j'ai dû regarder ce film qui a tout un tas de mérites et un bon paquet de ressorts comiques parfaitement involontaires. Je l'ai visionné juste avant de finir de bricoler dans la chambre de Gavroche avant son retour de vacances (= poser des étagères. Avec une perceuse. A percussion. Alors que ça devrait être interdit de me mettre ce genre d'outil entre les mains, déjà quand on me donne une cuillère je me coupe).

Dans ce film il y a une jeune femme très très belle qui se fait suivre par un bon paquet de vicelards (bon ils sont deux. Mais comme disait Brassens le pluriel ne vaut rien à l'homme, et comme disait moi il vaut pas grand chose à la femme surtout si elle n'est pas consentante). Yen a un des deux qui veut sa peau. Et pour lui prouver, il essaie de la tuer avec ça:


Oui, voilà, donc une perceuse GÉANTE avec une GROSSE mèche (pas du tout phallique non non) et il lui met des ptits coups, hop un ptit coup dans le ventre, et hop un ptit coup dans le dos, jusqu'à ce que finalement il la fasse tomber par terre et là

(Ma fille lit ce blog. Ma chérie s'il te plaît arrête de lire et regarde plutôt ça.)

(Oui je sais, ma fille a 14 ans et c'est peut-être un peu tôt pour lui faire découvrir ces histoires de lapins mais un jour il faut se colleter avec la réalité).


il lui transperce le ventre et emporté par son enthousiasme il transperce aussi le plancher, à la grande joie du deuxième vicelard occupé à se faire bouffer par un chien à l'étage du dessous qui voit la mèche de la perceuse traverser le plafond et une douche de sang tomber à deux mètres de sa tronche (évidemment il était amoureux de la fille au trou, ce qui ne fait que rendre la situation plus cruelle) (d'un autre côté c'est un peu le plus grand looseur de l'année donc on a du mal à s'apitoyer).

Bref ça aurait été un film pioché au hasard j'aurais arrêté dès le premier chatouillis à coup de perceuse mais là je DEVAIS regarder, j'ai donc tout vu, un coussin serré sur le ventre, en hurlant encore plus fort que la fille trucidée (et les filles trucidées des années 80 elles criaient fort).

Ensuite c'était fini, le héros-looseur avait un sursaut de lucidité et comprenait qu'on s'était foutu de sa gueule, et trois ou quatre incohérences plus tard (le méchant tue une autre fille qui se réveille au bord de sa tombe puis se rendort dans sa tombe puis se réveille quand le gentil lui tombe dessus et croit que c'est lui le méchant mais heureusement le chien du méchant saute sur le méchant alors que c'est son maître et qu'il y a un quart d'heure il voulait bouffer le gentil et tout finit par des chansons) (bon ça a l'air nul comme ça mais c'est pas mal dans l'ensemble, notamment parce que ça parle aussi beaucoup de sexe et de masturbation féminine ce qui est extrêmement rare dans le cinéma américain de l'époque--même si évidemment c'est vu uniquement sous l'angle du voyeurisme par un spectateur masculin, faut pas déconner avec ça), trois ou quatre incohérences plus tard donc (cette phrase est beaucoup trop longue) il se tape enfin la blonde.

Et moi je peux finir de bricoler dans la chambre de Gavroche. À la perceuse.


Et incidemment, tant qu'à baigner dans une marre de sang et puisqu'on ne se lasse pas de parler de règles, j'ai l'habitude de regretter que les pubs pour protections féminines soient connes et utilisent du liquide bleu, tout ça.


Et puis j'ai vu cette pub, et je me suis dit que finalement, c'était ptête mieux qu'on reste un peu sur le liquide bleu et les nénettes à qui le dérèglement hormonal donne des envies incoercibles de danser en justaucorps blancs sur la plage et de caresser des chats, plutôt que d'utiliser les règles pour humilier encore un peu plus les femmes et leur montrer à quel point leur corps est dégueulasse:


Ce post parfaitement aléatoire vous est offert par  Intermarché et l'association des amis des parenthèses.

mercredi 8 juillet 2015

oh les filles

Hier soir, à 22h30, entre le Red Castle district et Montmartre sur Boboland, je me suis fait accoster par un charmant quasi-jeune homme qui, après m'avoir expliqué en quelques mots l'effet que j'exerçais sur ses sens (hémadame zêtes charmante j'adore les femmes comme vous) (notez que j'ai passé le cap de Mademoiselle vous êtes charmante, ça fiche un coup), est allé droit au but et m'a demandé avec beaucoup de politesse et une subtilité de bison est-ce que je voudrais bien monter avec lui, là, tout de suite?

Je me suis détaillée avec étonnement, car il ne me semblait pas être accoutrée d'atours indiquant la putitude (et d'ailleurs pour une fois j'avais même pas de décolleté, comme quoi la beauté--ahem--est intérieure) (et j'ai vraiment rien contre la putitude, mais bon en général ya une vitrine, et là je l'avais pas) et j'ai répondu que non ça va, pas tellement envie d'aller me faire sauter à Château Rouge en milieu de soirée dans un appartement inconnu par un type qui ne l'était pas moins.

Vous allez dire que je suis difficile, et que si ça se trouve j'aurais passé un super moment, et quand on essaie pas on peut pas savoir si on aime (ou comment les platitudes d'une banalité affligeante qu'on sert à table à nos moutards nous reviennent dans la tronche façon boomerang).

Certes.
Mais j'ai le droit de pas avoir envie?

Là j'ai eu du bol, le gars n'a pas tellement insisté. Il m'est arrivé après avoir ainsi refusé de galantes avances du même tonneau de me faire copieusement insulter, ou culpabiliser (ouais tu me connais même pas, chuis pas assez bien pour toi, etc etc).

Et c'est curieux parce que parfois, ça marche. Je veux pas dire que je suis ce genre de type (sérieux ya des filles qui les suivent gratuitement?)  Mais dans la mesure où je ne trouve rien à répondre sur le champ au type qui m'ENGUEULE parce que je ne veux pas le suivre/le sucer/prendre un café, juste après je me trouve vaguement conne, bizarrement mal à l'aise, d'avoir dû envoyer chier un type que je ne connaissais pas.

Un peu comme le jour où je me suis retrouvée nez à nez avec un mec qui me voulait vraiment beaucoup de mal, et que je me suis dit Vas-y, frappe-le, maintenant, sinon tu y passes, et qu'une petite voix dans ma tête a dit hopopopo, hé, il ne t'a ENCORE rien fait. On tape pas la première, c'est pas poli. D'abord lui, et ensuite s'il t'a pas écrasé trop fort la tête contre le mur, tu protestes.

Mais BORDEL d'où elle vient cette voix? Pourquoi on ne peut pas être à moitié aussi agressive que les types qui nous emmerdent? Comment ils ont fait, nos éducateurs, les médias, la société, pour nous garder aussi passives devant les harceleurs? Aussi désarmées devant les connards qui nous tripotent, qui nous suivent, ou qui nous harcèlent dans la rue? Quand je m'improvise un mari pour qu'on arrête de me faire chier (j'invente rien, j'ai dû le faire cette semaine ça aussi, le type il m'a suivie pendant une demi-heure sans que je m'en aperçoive et après il est venu me dire tout ce que j'avais fait pendant qu'il me suivait, où je m'étais arrêtée, ce que j'avais regardé et acheté, ce qui n'était pas du tout anxiogène) après je me sens toujours un peu coupable d'avoir menti. Ce qui est doublement dingue: premièrement de me sentir mal à l'aise d'avoir eu un comportement d'autodéfense, et deuxièmement de me sentir conne...d'avoir été mal à l'aise.


On est pas rendues, hein.


dimanche 28 juin 2015

Agenda

Cette semaine j'ai vécu de grandes choses.

D'abord suite à une trad j'ai eu drôlement envie d'essayer une coupe menstruelle. C'était à la fois comique et terrifiant. Comique parce que une espèce de soucoupe volante en silicone c'est un truc que j'avais encore pas songé à me mettre dans le vagin. L'idée était plaisante en soi. Mais surtout, la chose a en fait une réelle autonomie (désolée si vous n'avez pas de vagin ça ne va pas vous chauffer la nouille mon histoire, allez lire un article sur les torsions testiculaires en milieu imposé et revenez dans trois paragraphes) et dès qu'elle est introduite dans son milieu naturel elle se tire vers l'inconnu et au-delà.

Ce qui fait que le soir, pour l'enlever, faut enfoncer le bras jusqu'au coude façon vétérinaire vérifiant la position du veau avant la poussée (je sais de quoi je parle, j'en ai vu en vrai). Et la première fois je me suis dit bon sang, elle s'est barrée dans les trompes je vais être siliconnée du follicule mais en fait non, car le col de l'utérus étant une divine invention, il fait barrage.

Invention divine, mais lointaine quand même. Du coup pour choper la coupelle faut quand même être assez souple et ne pas avoir les ongles trop longs (mais aïe). Et une fois qu'on l'atteint non non non, c'est pas fini, faut faire un APPEL D'AIR sinon ça fait ventouse.

(Je vous laisse une minute pour réfléchir aux conséquences d'une traction sur ventouse posée sur le col de l'utérus. Tirez un grand coup, et tout le paquet est livré en une fois. Stérilet? Check. Trompes? Check. Et le bout là c'est quoi? Ovaire gauche à vue de nez.)

Bon en vrai le prolapsus est peu probable (attention dernier appel pour les âmes sensibles, il est encore temps d'aller regarder un épisode de Candy plutôt), mais si on peut pas faire appel d'air parce que ça GLISSE bordel, alors ça sort en explosant.



Oui, voilà, Stephen King dans tes chiottes.

Donc que du bonheur.
Comme j'ai vachement aimé l'expérience, j'ai recommencé tous les jours (et investi dans un karcher).

Au final c'est quand même économique/logique et pratique et bref, j'ai décidé que je gardais le machin jusqu'à la fin de ma vie utérine active.

A la fin de mon cycle j'ai bien fait comme ils disent sur la boîte, je l'ai fait bouillir pour le stériliser.

Et comme je l'ai oubliée dans la casserole, la chose a totalement fondu.

Donc ça, c'est réglé.

Ensuite, je suis allée travailler pendant deux jours dans les locaux de Libé et pour une fois j'aurais pu avoir le journal gratuit mais c'est con, chuis abonnée, ça sert à rien. J'ai traduit des trucs top-secrets, j'avais l'impression d'être une James Bond girl mais pas en maillot de bain, avec vingt kilos de plus et une coupe menstruelle dans la chatte.

Ensuite je suis allée interviewer une dame trans qui en l'espace d'une heure de discussion a réussi à me montrer une fois son soutif et environ douze fois sa petite culotte (quand je dis petite c'est une façon de parler). Elle était charmante, hyper serviable et absolument exhibitionniste. Pour une première interview de ma vie j'étais pas du tout mal à l'aise.

Enfin j'ai failli me faire arnaquer par un potentiel client qui veut me payer une trad de plus de 200 pages en feuillets mais sans les espaces.
(NB: un feuillet c'est 1500 signes espaces comprises. (NNB: oui espace c'est féminin en typo. Ne me remerciez pas c'est cadeau).)
Donc j'hésite entre l'envoyer bouler et faire la trad en lui rendant 200 pages sans le moindre espace. Un seul mot, de 200 pages. Ça ferait un truc dans ce genre-là mais fois des millions:
bonjourjenaimarrequ'onmeprennepourunepoireessaieencoredemarnaqueretjeviensvidermacoupemenstruelledanstonpotàcrayons.

Jmetâte.