jeudi 8 janvier 2015
mercredi 7 janvier 2015
Charlie par Clara
Ma filleule a de l'or dans les doigts et une sensibilité hors du commun.
Elle a douze ans. (Et demi).
Elle a douze ans. (Et demi).
dimanche 14 décembre 2014
Pause poésie
Je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout le temps de bloguer.
C'est ballot parce que j'avais l'intention d'écrire une longue tirade existentielle sur la digestion du confit de canard chez les loutres gersoises en préménopause, j'avais toute la doc sous la main après des mois de recherches, mon plan était fait, la conclusion toute construite dans ma tête mais j'ai pas le temps de l'écrire, j'ai trop de clients sur le feu.
À la place je vous livre une des premières fables qui berça mon enfance. C'est mon père qui me l'avait apprise je pense. C'est à lire à haute voix. Sinon ça marche pas. (Éloignez les enfants, les coincés du cul et du second degré).
Attention ça va aller très vite.
Un hanneton volage près d'une pie passa.
Mais la pie était sage, et ne le happa pas.
Moralité:
Ah! Quel bel appât que la pie n'happa pas!
(Oui c'est écrit plus gros que d'habitude, c'est pour que ça prenne plus de place, ya pas de raison, au lycée ça marchait sur les copies de français et de philo).
C'est ballot parce que j'avais l'intention d'écrire une longue tirade existentielle sur la digestion du confit de canard chez les loutres gersoises en préménopause, j'avais toute la doc sous la main après des mois de recherches, mon plan était fait, la conclusion toute construite dans ma tête mais j'ai pas le temps de l'écrire, j'ai trop de clients sur le feu.
À la place je vous livre une des premières fables qui berça mon enfance. C'est mon père qui me l'avait apprise je pense. C'est à lire à haute voix. Sinon ça marche pas. (Éloignez les enfants, les coincés du cul et du second degré).
Attention ça va aller très vite.
Un hanneton volage près d'une pie passa.
Mais la pie était sage, et ne le happa pas.
Moralité:
Ah! Quel bel appât que la pie n'happa pas!
(Oui c'est écrit plus gros que d'habitude, c'est pour que ça prenne plus de place, ya pas de raison, au lycée ça marchait sur les copies de français et de philo).
mercredi 3 décembre 2014
ZZZZ.
On passe quoi, un tiers de notre vie à dormir? (la flemme de faire des recherches pour vérifier. A vue de nez un peu plus qu'à faire caca, un peu moins qu'à faire à bouffer? J'ai bon? L'inverse alors? Non? Bon).
En ce moment je dors comme un plomb et je rêve comme un plomb aussi (c'est-à-dire c'est lourd). Je fais des rêves baroques, souvent à la Hitchcock, avec un premier rôle (ah ben oui, moi, vous croyez quoi?) des seconds rôles (ça change), et cette fille.
Parfois elle fait juste de la figuration, par exemple je rêve que je galope dans la pampa à cheval sur une girafe radioactive, poursuivie par un troupeau de ténors alopéciques, et hop, au détour d'un sarcophage égyptien je la vois en train d'attaquer un sandwich au cassoulet par la face nord.
Ou bien je prends tranquillement mon accélérateur de particules pour partir soigner sur le front les blessés de la guerre de Cent ans en leur faisant manger des pages de livres, et qui c'est qui poinçonne les billets, des cacahouètes dans les oreilles et une scie à métaux entre les dents? Elle.
Elle ne dit jamais rien, mais elle est là. Elle ne me dit pas comment elle s'appelle, le générique ne dit pas où je peux trouver la clé pour m'en débarrasser ou pour la convaincre de me parler. Toutes les nuits elle est là. Parfois elle se contente de passer, au fond de la scène, comme si elle allait quelque part. Et tu vas où comme ça ma belle, dans les circonvolutions de mes névroses nocturnes? Tu cherches quoi, quel fil tirer pour dérouler la pelote de mes pensées? Est-ce que tu cherches par où tu vas instiller le poison de l'oubli, la noirceur de la maladie, le crabe qui va ronger ma comprenette et me faire oublier qui je suis alors que je ne suis même pas à la moitié du chemin qui doit me conduire à moi-même?
Pourquoi cette sensation, mademoiselle, que tu ne peux absolument pas me vouloir du bien, que tu es forcément là pour me nuire? Alors qu'en fait, ce que tu cherches, c'est peut-être simplement la sortie...égarée là par hasard, tu t'es trompée de rêve, tu allais chez une autre, et tu as atterri chez moi. Pas de bol...c'est peut-être toi la plus désorientée des deux. Oui mais c'est ma vie nocturne que tu squattes ma jolie.
Arrête de chercher, pose-toi, il faut qu'on cause.
Au matin, parfois, un cheveu incongru, ni à moi, ni au chat, ni aux visiteurs de passage, posé sur l'oreiller, me nargue de toute sa kératine.
(Souvent je me demande ce que ça fait de vivre toute sa vie en prison. Pas juste derrière les barreaux d'une geôle occidentale, mais par exemple dans un corps de femme en Afghanistan ou manœuvre sur un chantier de Dubaï, ou ouvrière dans une usine géante en Chine. D'avoir ces destins inébranlables, zéro espoir, ceux dont on sait qu'il ne changeront jamais. Savoir qu'on est toute sa vie prisonnière d'une maison, d'un mari crado, d'enfants non-voulus, d'une belle-mère salope, d'un contremaître tyrannique. Et vivre quand même. Choisir de ne pas mourir. Comment mesurer ça à l'aune de nos petites tristesses, chagrins d'amour, maux de dents, peines de boulot, problèmes de fric d'Occidentaux gâtés? On se dit qu'on ne le supporterait pas une journée, pas une heure.
Alors qu'en fait, si, probablement. La seule chose que l'on ne peut vraiment pas supporter, c'est d'y penser trop longtemps finalement.)
mercredi 19 novembre 2014
Paroles paroles paroles
Novembre. Les feuilles tombent, les larfeuilles aussi. J'en ai trouvé un par terre, bien garni de tout un tas de cartes vitale, d'identité, bleue et autre passeport que je me suis empressée de revendre au prix fort aux sans papiers de la Goutte d'Or.
(Note aux cognes: je blaaaague. J'ai retrouvé le proprio, rendu le portefeuille, reçu pour ma peine des chocolats très corrects, et expliqué à Gavroche qui voulait au passage soulager l'objet du billet de 20 balles qui y était niché que non, on ne pouvait pas faire croire qu'un pigeon s'était envolé avec. Fallait tout rendre.)
En parlant de Gavroche, j'ai déjà mentionné qu'il était dyslexique mais ai-je sussuré qu'il était également bilingue? Ce sont des choses qui arrivent. (Pas à moi. Moi je me suis cogné, comme vous, "Where is Jenny? Mummy is in the kitchen. Daddy is watching TV in the living-room" et tous les joyeux clichés pas sexistes du tout des manuels d'anglais des années 80. Bref).
L'autre soir à table je lui racontais dans les (très) grande lignes l'histoire de Don Quichotte. (La culture générale des dyslexiques c'est à l'oral ou RIEN). Ah ben c'est pas du tout de ça que je croyais que ça parlait, m'a-t-il rétorqué après un défilé éclair de moulins à vent et autres fausses princesses. Ah bon tu croyais que ça parlait de quoi?
- D'un âne qui se fait tirer dessus par un type et qui meurt.
????
- Ben oui. Don Quichotte.
Donkey shot.
Là, enfin, pour la première fois depuis ces longues années où je maudis le ciel et évoque en vain le nom du Seigneur pour lui expliquer où j'aimerais lui coller mon pied, j'ai compris à quoi servait l'absence totale de rapport à l'écrit de la dyslexie. A coller des orgasmes aux neurones des linguistes (pornographie de niche s'il en est. Mais tout est bon à prendre).
Ca risque de pas être vachement utile dans la vie de Gavroche ce genre de sortie poétique mais foutre que c'était bon.
(Il avait aussi jugé précédemment que les polos low cost, avec le crocodile, c'était pas tellement sa came.)
(Je réalise que juste avec les mots-clés "pornographie" et "orgasme" je suis sûre de remplir mon quota de visiteurs du mois en 24 heures. Et ptête même "niche" aussi. J'ai pas fait exprès je le jure. Les amateurs de cabrioles canines fourvoyés par mon vocabulaire trompeur et un moteur de recherche peu scrupuleux peuvent toujours se consoler avec ça, autre illustration de la création artistique débridée des années 80:)
PS: Cervantes et Shakespeare sont morts le même jour, de la même année. Cette extraordinaire coïncidence littératuro-banale n'avait à ce jour aucune importance ni aucune incidence sur le cours des planètes, et d'ailleurs tout le monde s'en foutait éperdument sauf moi qui adore ce genre d'info parfaitement inutile. Ben maintenant, ça prend enfin tout son sens. Will, Miguel, on se comprend.
(Note aux cognes: je blaaaague. J'ai retrouvé le proprio, rendu le portefeuille, reçu pour ma peine des chocolats très corrects, et expliqué à Gavroche qui voulait au passage soulager l'objet du billet de 20 balles qui y était niché que non, on ne pouvait pas faire croire qu'un pigeon s'était envolé avec. Fallait tout rendre.)
En parlant de Gavroche, j'ai déjà mentionné qu'il était dyslexique mais ai-je sussuré qu'il était également bilingue? Ce sont des choses qui arrivent. (Pas à moi. Moi je me suis cogné, comme vous, "Where is Jenny? Mummy is in the kitchen. Daddy is watching TV in the living-room" et tous les joyeux clichés pas sexistes du tout des manuels d'anglais des années 80. Bref).
L'autre soir à table je lui racontais dans les (très) grande lignes l'histoire de Don Quichotte. (La culture générale des dyslexiques c'est à l'oral ou RIEN). Ah ben c'est pas du tout de ça que je croyais que ça parlait, m'a-t-il rétorqué après un défilé éclair de moulins à vent et autres fausses princesses. Ah bon tu croyais que ça parlait de quoi?
- D'un âne qui se fait tirer dessus par un type et qui meurt.
????
- Ben oui. Don Quichotte.
Donkey shot.
Là, enfin, pour la première fois depuis ces longues années où je maudis le ciel et évoque en vain le nom du Seigneur pour lui expliquer où j'aimerais lui coller mon pied, j'ai compris à quoi servait l'absence totale de rapport à l'écrit de la dyslexie. A coller des orgasmes aux neurones des linguistes (pornographie de niche s'il en est. Mais tout est bon à prendre).
Ca risque de pas être vachement utile dans la vie de Gavroche ce genre de sortie poétique mais foutre que c'était bon.
(Il avait aussi jugé précédemment que les polos low cost, avec le crocodile, c'était pas tellement sa came.)
(Je réalise que juste avec les mots-clés "pornographie" et "orgasme" je suis sûre de remplir mon quota de visiteurs du mois en 24 heures. Et ptête même "niche" aussi. J'ai pas fait exprès je le jure. Les amateurs de cabrioles canines fourvoyés par mon vocabulaire trompeur et un moteur de recherche peu scrupuleux peuvent toujours se consoler avec ça, autre illustration de la création artistique débridée des années 80:)
PS: Cervantes et Shakespeare sont morts le même jour, de la même année. Cette extraordinaire coïncidence littératuro-banale n'avait à ce jour aucune importance ni aucune incidence sur le cours des planètes, et d'ailleurs tout le monde s'en foutait éperdument sauf moi qui adore ce genre d'info parfaitement inutile. Ben maintenant, ça prend enfin tout son sens. Will, Miguel, on se comprend.
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