Je fais comme s'il n'y avait pas un cafard tout plat collé sur la tranche de mon placard.
J'ouvre mon placard, je prends une casserole, je rince la casserole (pour la débarrasser des éventuels œufs de cafards collés. Je veux bien manger du cheval 100% pur boeuf, mais des larves de cafard non, merci. J'ai déjà goûté des sauterelles en 1993, j'ai rempli mon contrat-insectes pour cette vie-là), et je referme la porte du placard. Comme si j'avais rien vu.
D'habitude les cafards je fais exprès de les tuer (et pas exprès de les rater) mais celui-là j'ai même pas fait exprès dites. Un jour il devait passer par là, tralalilalère, c'était son tour de terroriser la ménagère, ses potes lui ont dit "vas-y Roger, c'est à toi, fais-la crier et trépigner dans sa nuisette", il a dû répondre "rôô non les gars déconnez pas c'est pas mon tour c'est le tour à Fernand pis moi j'ai piscine ce soir dans le lave-vaisselle" mais ses potes ont rien voulu savoir, ils lui ont dit que s'il y allait pas c'était pas un vrai mâle, ils avaient un ptit coup dans le nez (j'avais renversé du Jurançon à côté de l'évier la veille) et il a dit bon c'est bon j'y vais d'accord zêtes lourds les gars et paf, le cafard. C'est à ce moment-là que j'ai pris la casserole, et refermé la porte avec ma violence coutumière d'énervée de la vie.
Les potes en sont restés coi et con, la veuve a bien pleuré, ses larves sont devenues pupilles de la nation, et moi j'ai rien vu.
Et pendant des jours et des jours, j'ai ouvert-refermé la porte du placard pour prendre des casseroles, aplatissant chaque fois un peu plus le macchabée ratatiné.
Et puis je l'ai repéré. J'ai poussé le cri de la mort, vite avorté quand j'ai constaté qu'il ne bougeait plus.
Sur la photo ya pas l'échelle mais je vous jure qu'il est très grand--parce que très plat. Mon cafard il est tellement plat on pourrait le faxer.
Je l'ai laissé une journée. En faisant comme s'il n'était pas là. Mais il était dans un coin de ma tête, alors j'ai pris mon courage et du sopalin à deux mains pour l'enlever.
Il était collé.
Collé grave. J'ai dû gratter, il partait par morceaux. On aurait dit un vieux reste de cendres au fond d'un pot à confiture dix ans après la crémation.
Mais haut les coeurs! La vie continue. les nouvelles générations prennent le relai, les larves éclosent, en ce moment ya plein de bébés cafards qui courent partout dans la cuisine et dans les chiottes. C'est trop mignon à écraser.
vendredi 15 février 2013
dimanche 20 janvier 2013
2013, année de la chaise.
Les voisins sont bruyants. Tous. Sauf la Mamie d'en dessous, qui est un fossile silencieux à la vie moquetée, et dont je n'entends parler que quand l'un des mes diaboliques appareils ménagers déborde, inonde et fait pleuvoir chez elle. Ou quand j'arrose mon basilic, que ça coule sur sa fenêtre et qu'elle est pas contente (ça doit mouiller la moquette). Le basilic ests tombé lors de la dernière tempête, donc nos rapports sont plutôt neutres.
En revanche la voisine d'à côté hurle en polonais environ tout le temps. Sur son fils ou sur personne. Comme notre cloison commune est celle du salon, ça ne m'empêche pas de dormir.
Les voisins du dessus crient beaucoup, et font tomber pas mal de trucs. C'est surtout le père qui gueule, éventuellement le fils aîné, qui doit avoir dans les 15 ans. Parfois des meubles tombent. Les chaises doivent voler bas. La mère je l'entends moins, et la fille, qui a onze ans, je ne l'entends pas. Sauf lorsqu'elle pleure.
Un soir de janvier, vers 22heures et des brouettes, moi je travaillais à mon bureau, Mozart dans les oreilles. Et la petite du dessus s'est mise à hurler. Elle a l'âge de la mienne, mes tripes maternelles ne peuvent s'empêcher de faire des comparaisons. Sauf que la mienne, elle n'a jamais hurlé comme ça. Une fois peut-être quand un bout de son doigt est resté dans l'encadrement de la porte et que la porte a claqué, elle a passé le mur du son. Ya longtemps.
La petite se met à hurler, mon coeur se serre, la fonction culpabilité de mon cerveau se met sur "on," je dis à Mozart de jouer plus fort, je bosse. Ce n'est pas la première fois. Qu'est-ce que je peux faire? Monter avec mon costume de justicière bien-pensante occidentale, tambouriner à la porte et leur hurler qu'on n'assomme pas une gamine de onze ans à l'heure où les braves gens dorment, quoi qu'elle ait fait? Je le prendrais comment, moi, si la voisine d'à côté venait me faire la morale quand je hurle sur mon fils ou qu'il se prend une fessée?
Mais elle ne s'arrête pas. Elle hurle et elle proteste. Pas comme quand on se prend une paire de baffes, que le choc est violent et soudain s'arrête, non, comme si on lui faisait quelque chose.
Je ne travaille plus. J'ai étouffé Mozart. La boule de mon ventre est montée à la gorge.
Elle ne s'arrête pas. Ca doit faire quoi, une minute? C'est long, une branlée d'une minute non?
Qu'est-ce qu'ils lui font?
Brusquement je passe en mode "extinction cérébrale." c'est insupportable d'entendre cette gamine hurler, et tant pis pour ce qui pourrait m'arriver à moi, si je monte, seule, femme, nuitamment, chez ces gens.
Parce qu'aussi lâche et indigne que cela paraisse, c'est bien pour protéger notre peau que le plus souvent, on ne défend pas celle des autres, fussent-ils des enfants. Pour agir, il faut neutraliser son côté pensant, celui qui dit mais tu vas t'en prendre une aussi!!! Que ce soit pour la gamine du dessus, le clodo qui se fait emmerder, souvent, trop souvent, le cerveau a raison des tripes et trouve la bonne excuse pour pas y aller.
Bon là mes tripes me sont montées à la gorge, et moi je suis montée au cinquième après avoir enfilé des sabots et attrapé mes clés au passage.
Je suis devant leur porte, la petite hurle toujours. Je mets le doigt sur l'oeilleton, et je sonne. Les hurlements s'arrêtent immédiatement. On chuchote. On approche. On n'ouvre pas. Je sonne. je re-sonne. Je re-re-re-sonne. Je laisse le doigt sur la sonnette. Ils m'énervent. Ils peuvent quand meme pas faire semblant de pas être là, non seulement ils tapent leur gamine mais en plus ils me prennent pour une conne.
La porte s'ouvre, c'est le grand ado de 15 ans. "Elle va bien ta soeur? Je l'entends crier qu'est-ce qu'il se passe?"
Et là, la réponse qui tue:
"Elle est tombée de sa chaise".
Ah ouf. J'ai eu peur, à un moment j'ai cru qu'ils la tabassaient dites-donc. Mais si elle est juste tombée de sa chaise, c'est normal qu'à onze ans elle hurle comme si on lui arrachait une dent sans anesthésie. C'est vrai, yen a qui en sont morts il paraît.
"Je peux la voir?"
J'avance dans le couloir, la petite est là, dans l'encadrement de la porte d'une chambre, en larmes, la tête basse.
"Ca va? Qu'est-ce qui t'est arrivé?"
"..tombée de la chaise."
"Quelle chaise? Où ça?"
Elle me désigne la direction du salon du bout du menton. Le grand frère a disparu, les parents ne jugent pas intéressant d'être là, ils restent dans le salon. Ca doit être normal qu'une parfaite inconnue rentre chez vous le soir poser des question à votre gamine.
"T'as mal où?"
Elle me désigne le milieu de son dos. Je le touche, elle ne réagit pas. Je lui prends le bras, lui montre une cicatrice bizarre, qui pourrait être une brûlure--ou une tache de naissance un peu croûteuse. "C'est quoi ça ma puce?" "Je sais pas."
"Alors t'es tombée de ta chaise? Mais ça t'arrive souvent de tomber d'une chaise comme ça?"
Elle garde la tête baissée. Murmure.
"Oui."
Je lui dis que je suis en dessous. Qu'elle peut venir quand elle veut. Si elle a un problème. Ou pas. Je repars, le fils qui m'entends ouvrir la porte vient la refermer derrière moi.
Je rentre chez moi, les vannes s'ouvrent, je chiale dix minutes et..j'appelle le 119. Où une dame m'explique après que je lui ai tout raconté que chaque famille a ses méthodes d'éducation. Que tant qu'il n'y a pas de violence conjugale (sic) manifeste, et étant donné qu'ils m'ont laissée entrer, tout va pour le mieux. Sinon ils ne m'auraient pas laissée pénétrer chez eux. Pas moyen de lui faire comprendre qu'à 11 ans on ne se fait pas mal en tombant d'une chaise au point de hurler de douleur pendant des plombes, que j'ai une fille de onze ans, j'ai une vague idée du fonctionnement de la machine, et que je vois bien que quelque chose ne va pas. Mais non; elle m'assure que tant que je n'ai rien vu, il ne s'est rien passé. Alors quels sont les signes, lui demandé-je? Quels indices justifient qu'on appelle ce fameux 119? Eh ben c'est trèèèèèès simple: "Si vous voyez des parents être violents en public, par exemple".
Ah ben oui suis-je bête. Si la mère lui colle un coup de ceinture devant l'école ou que son père la viole dans l'ascenseur devant moi, je rappelle.
Il paraît qu'on ne peut rien faire.
En revanche la voisine d'à côté hurle en polonais environ tout le temps. Sur son fils ou sur personne. Comme notre cloison commune est celle du salon, ça ne m'empêche pas de dormir.
Les voisins du dessus crient beaucoup, et font tomber pas mal de trucs. C'est surtout le père qui gueule, éventuellement le fils aîné, qui doit avoir dans les 15 ans. Parfois des meubles tombent. Les chaises doivent voler bas. La mère je l'entends moins, et la fille, qui a onze ans, je ne l'entends pas. Sauf lorsqu'elle pleure.
Un soir de janvier, vers 22heures et des brouettes, moi je travaillais à mon bureau, Mozart dans les oreilles. Et la petite du dessus s'est mise à hurler. Elle a l'âge de la mienne, mes tripes maternelles ne peuvent s'empêcher de faire des comparaisons. Sauf que la mienne, elle n'a jamais hurlé comme ça. Une fois peut-être quand un bout de son doigt est resté dans l'encadrement de la porte et que la porte a claqué, elle a passé le mur du son. Ya longtemps.
La petite se met à hurler, mon coeur se serre, la fonction culpabilité de mon cerveau se met sur "on," je dis à Mozart de jouer plus fort, je bosse. Ce n'est pas la première fois. Qu'est-ce que je peux faire? Monter avec mon costume de justicière bien-pensante occidentale, tambouriner à la porte et leur hurler qu'on n'assomme pas une gamine de onze ans à l'heure où les braves gens dorment, quoi qu'elle ait fait? Je le prendrais comment, moi, si la voisine d'à côté venait me faire la morale quand je hurle sur mon fils ou qu'il se prend une fessée?
Mais elle ne s'arrête pas. Elle hurle et elle proteste. Pas comme quand on se prend une paire de baffes, que le choc est violent et soudain s'arrête, non, comme si on lui faisait quelque chose.
Je ne travaille plus. J'ai étouffé Mozart. La boule de mon ventre est montée à la gorge.
Elle ne s'arrête pas. Ca doit faire quoi, une minute? C'est long, une branlée d'une minute non?
Qu'est-ce qu'ils lui font?
Brusquement je passe en mode "extinction cérébrale." c'est insupportable d'entendre cette gamine hurler, et tant pis pour ce qui pourrait m'arriver à moi, si je monte, seule, femme, nuitamment, chez ces gens.
Parce qu'aussi lâche et indigne que cela paraisse, c'est bien pour protéger notre peau que le plus souvent, on ne défend pas celle des autres, fussent-ils des enfants. Pour agir, il faut neutraliser son côté pensant, celui qui dit mais tu vas t'en prendre une aussi!!! Que ce soit pour la gamine du dessus, le clodo qui se fait emmerder, souvent, trop souvent, le cerveau a raison des tripes et trouve la bonne excuse pour pas y aller.
Bon là mes tripes me sont montées à la gorge, et moi je suis montée au cinquième après avoir enfilé des sabots et attrapé mes clés au passage.
Je suis devant leur porte, la petite hurle toujours. Je mets le doigt sur l'oeilleton, et je sonne. Les hurlements s'arrêtent immédiatement. On chuchote. On approche. On n'ouvre pas. Je sonne. je re-sonne. Je re-re-re-sonne. Je laisse le doigt sur la sonnette. Ils m'énervent. Ils peuvent quand meme pas faire semblant de pas être là, non seulement ils tapent leur gamine mais en plus ils me prennent pour une conne.
La porte s'ouvre, c'est le grand ado de 15 ans. "Elle va bien ta soeur? Je l'entends crier qu'est-ce qu'il se passe?"
Et là, la réponse qui tue:
"Elle est tombée de sa chaise".
Ah ouf. J'ai eu peur, à un moment j'ai cru qu'ils la tabassaient dites-donc. Mais si elle est juste tombée de sa chaise, c'est normal qu'à onze ans elle hurle comme si on lui arrachait une dent sans anesthésie. C'est vrai, yen a qui en sont morts il paraît.
"Je peux la voir?"
J'avance dans le couloir, la petite est là, dans l'encadrement de la porte d'une chambre, en larmes, la tête basse.
"Ca va? Qu'est-ce qui t'est arrivé?"
"..tombée de la chaise."
"Quelle chaise? Où ça?"
Elle me désigne la direction du salon du bout du menton. Le grand frère a disparu, les parents ne jugent pas intéressant d'être là, ils restent dans le salon. Ca doit être normal qu'une parfaite inconnue rentre chez vous le soir poser des question à votre gamine.
"T'as mal où?"
Elle me désigne le milieu de son dos. Je le touche, elle ne réagit pas. Je lui prends le bras, lui montre une cicatrice bizarre, qui pourrait être une brûlure--ou une tache de naissance un peu croûteuse. "C'est quoi ça ma puce?" "Je sais pas."
"Alors t'es tombée de ta chaise? Mais ça t'arrive souvent de tomber d'une chaise comme ça?"
Elle garde la tête baissée. Murmure.
"Oui."
Je lui dis que je suis en dessous. Qu'elle peut venir quand elle veut. Si elle a un problème. Ou pas. Je repars, le fils qui m'entends ouvrir la porte vient la refermer derrière moi.
Je rentre chez moi, les vannes s'ouvrent, je chiale dix minutes et..j'appelle le 119. Où une dame m'explique après que je lui ai tout raconté que chaque famille a ses méthodes d'éducation. Que tant qu'il n'y a pas de violence conjugale (sic) manifeste, et étant donné qu'ils m'ont laissée entrer, tout va pour le mieux. Sinon ils ne m'auraient pas laissée pénétrer chez eux. Pas moyen de lui faire comprendre qu'à 11 ans on ne se fait pas mal en tombant d'une chaise au point de hurler de douleur pendant des plombes, que j'ai une fille de onze ans, j'ai une vague idée du fonctionnement de la machine, et que je vois bien que quelque chose ne va pas. Mais non; elle m'assure que tant que je n'ai rien vu, il ne s'est rien passé. Alors quels sont les signes, lui demandé-je? Quels indices justifient qu'on appelle ce fameux 119? Eh ben c'est trèèèèèès simple: "Si vous voyez des parents être violents en public, par exemple".
Ah ben oui suis-je bête. Si la mère lui colle un coup de ceinture devant l'école ou que son père la viole dans l'ascenseur devant moi, je rappelle.
Il paraît qu'on ne peut rien faire.
lundi 3 décembre 2012
Encore un matin
6h45.
Le réveil s'allume doucement en se prenant pour un soleil qui se lève, et émet des chants d'oiseau dont le cynisme ne m'échappe pas. En effet il fait noir comme dans un cul, et les vrais oiseaux pioncent. Eux n'ont pas une collégienne à réveiller et à nourrir, moi si.
Stratégie du matin (au cordeau, l'ordre et le minutage sont très très importants): Allumer la lampe de chevet. Se lever. Éviter le chat affamé qui commence sa campagne "un croc-en-jambe contre une barquette de pâtée." Allumer très vite et sans regarder le couloir-la cuisine (ne pas regarder surtout ne pas regarder)-le salon. Aller faire pipi, mettre un t-shirt.
6h48.
C'est le pire moment. Il faut aller dans la cuisine avant que le chat ne fasse un malaise, et surtout parce qu'il faut préparer le bol de chocolat de la collégienne susmentionnée et roupillante.
Or, c'est vers potron-minet (ou entre chien et loup, en tout cas à l'un de ces moments que l'on a appris en cours de français au collège, j'ai aussi at the crack of dawn pour ceux qui aiment bien les langues étrangères ailleurs que dans leur bouche) que la cuisine devient vraiment intéressante en termes de vie parallèle.
Deux possibilités: ils sont repartis se coucher, ou ils sont toujours là.
S'ils sont repartis se coucher, alors j'évite le hurlement hystérique/la tachycardie/d'invoquer en vain le nom du seigneur/les grosses larmes qui coulent à l'intérieur des joues (sisi)/les chaînes de gros mots que m'a appris mon père (beaucoup plus sympa que les chaînes de lettres ou de mails avec des ptites leucémiques A négatif qui attendent ton sang pour pas mourir (comment ils savent que je suis A négatif? Bordel?), comme nomdedieudeputaindebordeldemerde (oui, en un seul mot)). S'ils sont repartis se coucher, donc, je n'évite quand même pas d'entrer dans la cuisine comme une squaw en légère surcharge pondérale avec la grâce de la bisonne, petit pas à petit pas, petit coup d'oeil par petit coup d'oeil...
La technique, c'est de regarder d'abord par terre au milieu du lino. Comme ça si yen a sur les côtés qui n'ont pas fini de décaniller, ils ont encore une chance. Et moi j'ai encore une chance de ne pas les voir. Et petit à petit, d'agrandir le champ de vision par à coups: à droite, à gauche, à droite, pour remonter vers le lieu du crime: l'évier. Là si yen a pas, c'est bon, je peux m'avancer vers le milieu de la cuisine et me saisir du bol, du chocolat, non sans avoir allumé la radio des fois qu'ils auraient envie d'écouter France Inter eux aussi. Ils sont repartis mais je sais très bien qu'ils sont là, qu'ils me regardent. Qu'ils m'écoutent. C'est pour ça que je leur parle d'ailleurs. (Oui je parle à mes cafards, est-ce vraiment plus névrosé que de murmurer à l'oreille des loups ou de danser avec les chevaux?)
S'ils sont encore là, la technique c'est un délicat enchaînement de hurlement bref et mourant, juron, larme intérieure, début de crise cardiaque (et puis je me rappelle que je suis excessivement jeune et dépourvue de la moindre trace de choléstérol alors j'arrête) et c'est là que je cherche l'OBJET.
On ne peut pas tuer un cafard avec n'importe quoi.
(L'autre soir j'ai essayé avec ma main (et un sac plastique). J'ai tué ma main).
Déjà tout objet rigide est à proscrire: par une loi physique mystérieuse et absolument partiale à l'endroit des cafards, tout objet rigide atterrissant sur leur carapace laissera forcément un angle mort, même si c'est pile au milieu et qu'il était drôlement plat, l'objet, permettant à la bête de prendre ses pattes à son non-cou et de se tirer à toute vitesse de sous la casserole/cafetière/grille-pain/assiette (grave erreur, l'assiette)(surtout avec des restes de sauce, ça en colle partout, ça attire les cafards, hé oui)/table de cuisine (j'en ai pas, c'est trop ptit chez moi) et après on se retrouve à taper furieusement partout par terre c'est totalement contre-productif, on ne le chope ja-mais, on se fait mal, on réveille tout l'immeuble, on maudit sa mère et la grognasse de Paris Habitat qui veut pas désinsectiser, bref, on se garantit un réveil en beauté et une journée radieuse.
Non ce qu'il faut c'est un objet à la fois dur et souple, efficace et qui ne pardonne pas.(Ca fait rêver, hein?)
Un tapette c'est idéal évidemment, un livre c'est bien aussi. Seulement la tapette de la maison (zavez vu, je fais même pas de jeu de mots graveleux?) ayant été subtilisée par les mômes (pour?), il me reste les livres de cuisine, qui sont évidemment de l'autre côté du barrage de cafards du matin, bref j'ai rien et je tourne en rond sur moi-même en vociférant, voire pire, je le regarde, il me regarde, je le regarde, il me regarde, il se barre, je hurle.
(Parfois il se barre dans un endroit qui n'existe pas. Genre le mur. Il rentre dans le mur. Ce qui permet de faire de beaux rêves la nuit suivante, à l'idée des parpaings grouillant de cafards qui permettent à notre HLM de tenir debout. Et de me demander toute la journée s'il est encore là. Si ça se trouve d'ailleurs les parpaings ils sont en cafard en fait. Ca expliquerait pas mal de trucs).
Ce matin-là javais eu de la chance, c'était l'option numéro un: 6h48, personne. Notez j'avais payé la veille puisque j'en avais zigouillé un kamikaze qui n'avait pas attendu que je me couche pour tenter la traversée gamelle du chat-frigo en solitaire. J'ai chopé un sac plastique qui trainait et dans un réflexe que j'ai ô combien regretté je l'ai massacré à la main, tapant dessus en hurlant à mesure que je sentais son corps s'aplatir sous ma paume qui avait envie de vomir (oui je vomis des mains des fois). J'étais dans une telle rage que je l'ai achevé avec le gros livre de cuisine de Jamie Oliver (que je vous recommande au passage, pas seulement parce qu'il est efficace contre les cafards), et que quand j'ai voulu ramasser les morceaux il avait considérablement gagné en surface et en platitude (moi j'avais perdu approximativement six mois d'espérance de vie, je dirais).
Donc j'ouvre le lave-vaisselle pour prendre un bol.
C'était leur planque.
Des millions de cafards se sont mis à grouiller
en tous sens en vrombissant de leurs menaçantes antennes trois cafards se sont mis à courir. Un sous le lave-vaisselle. Un sur la tranche de la porte du lave-vaisselle. Et un je sais plus où tant la douleur m'égare.
Le réveil s'allume doucement en se prenant pour un soleil qui se lève, et émet des chants d'oiseau dont le cynisme ne m'échappe pas. En effet il fait noir comme dans un cul, et les vrais oiseaux pioncent. Eux n'ont pas une collégienne à réveiller et à nourrir, moi si.
Stratégie du matin (au cordeau, l'ordre et le minutage sont très très importants): Allumer la lampe de chevet. Se lever. Éviter le chat affamé qui commence sa campagne "un croc-en-jambe contre une barquette de pâtée." Allumer très vite et sans regarder le couloir-la cuisine (ne pas regarder surtout ne pas regarder)-le salon. Aller faire pipi, mettre un t-shirt.
6h48.
C'est le pire moment. Il faut aller dans la cuisine avant que le chat ne fasse un malaise, et surtout parce qu'il faut préparer le bol de chocolat de la collégienne susmentionnée et roupillante.
Or, c'est vers potron-minet (ou entre chien et loup, en tout cas à l'un de ces moments que l'on a appris en cours de français au collège, j'ai aussi at the crack of dawn pour ceux qui aiment bien les langues étrangères ailleurs que dans leur bouche) que la cuisine devient vraiment intéressante en termes de vie parallèle.
Deux possibilités: ils sont repartis se coucher, ou ils sont toujours là.
S'ils sont repartis se coucher, alors j'évite le hurlement hystérique/la tachycardie/d'invoquer en vain le nom du seigneur/les grosses larmes qui coulent à l'intérieur des joues (sisi)/les chaînes de gros mots que m'a appris mon père (beaucoup plus sympa que les chaînes de lettres ou de mails avec des ptites leucémiques A négatif qui attendent ton sang pour pas mourir (comment ils savent que je suis A négatif? Bordel?), comme nomdedieudeputaindebordeldemerde (oui, en un seul mot)). S'ils sont repartis se coucher, donc, je n'évite quand même pas d'entrer dans la cuisine comme une squaw en légère surcharge pondérale avec la grâce de la bisonne, petit pas à petit pas, petit coup d'oeil par petit coup d'oeil...
La technique, c'est de regarder d'abord par terre au milieu du lino. Comme ça si yen a sur les côtés qui n'ont pas fini de décaniller, ils ont encore une chance. Et moi j'ai encore une chance de ne pas les voir. Et petit à petit, d'agrandir le champ de vision par à coups: à droite, à gauche, à droite, pour remonter vers le lieu du crime: l'évier. Là si yen a pas, c'est bon, je peux m'avancer vers le milieu de la cuisine et me saisir du bol, du chocolat, non sans avoir allumé la radio des fois qu'ils auraient envie d'écouter France Inter eux aussi. Ils sont repartis mais je sais très bien qu'ils sont là, qu'ils me regardent. Qu'ils m'écoutent. C'est pour ça que je leur parle d'ailleurs. (Oui je parle à mes cafards, est-ce vraiment plus névrosé que de murmurer à l'oreille des loups ou de danser avec les chevaux?)
S'ils sont encore là, la technique c'est un délicat enchaînement de hurlement bref et mourant, juron, larme intérieure, début de crise cardiaque (et puis je me rappelle que je suis excessivement jeune et dépourvue de la moindre trace de choléstérol alors j'arrête) et c'est là que je cherche l'OBJET.
On ne peut pas tuer un cafard avec n'importe quoi.
(L'autre soir j'ai essayé avec ma main (et un sac plastique). J'ai tué ma main).
Déjà tout objet rigide est à proscrire: par une loi physique mystérieuse et absolument partiale à l'endroit des cafards, tout objet rigide atterrissant sur leur carapace laissera forcément un angle mort, même si c'est pile au milieu et qu'il était drôlement plat, l'objet, permettant à la bête de prendre ses pattes à son non-cou et de se tirer à toute vitesse de sous la casserole/cafetière/grille-pain/assiette (grave erreur, l'assiette)(surtout avec des restes de sauce, ça en colle partout, ça attire les cafards, hé oui)/table de cuisine (j'en ai pas, c'est trop ptit chez moi) et après on se retrouve à taper furieusement partout par terre c'est totalement contre-productif, on ne le chope ja-mais, on se fait mal, on réveille tout l'immeuble, on maudit sa mère et la grognasse de Paris Habitat qui veut pas désinsectiser, bref, on se garantit un réveil en beauté et une journée radieuse.
Non ce qu'il faut c'est un objet à la fois dur et souple, efficace et qui ne pardonne pas.(Ca fait rêver, hein?)
Un tapette c'est idéal évidemment, un livre c'est bien aussi. Seulement la tapette de la maison (zavez vu, je fais même pas de jeu de mots graveleux?) ayant été subtilisée par les mômes (pour?), il me reste les livres de cuisine, qui sont évidemment de l'autre côté du barrage de cafards du matin, bref j'ai rien et je tourne en rond sur moi-même en vociférant, voire pire, je le regarde, il me regarde, je le regarde, il me regarde, il se barre, je hurle.
(Parfois il se barre dans un endroit qui n'existe pas. Genre le mur. Il rentre dans le mur. Ce qui permet de faire de beaux rêves la nuit suivante, à l'idée des parpaings grouillant de cafards qui permettent à notre HLM de tenir debout. Et de me demander toute la journée s'il est encore là. Si ça se trouve d'ailleurs les parpaings ils sont en cafard en fait. Ca expliquerait pas mal de trucs).
Ce matin-là javais eu de la chance, c'était l'option numéro un: 6h48, personne. Notez j'avais payé la veille puisque j'en avais zigouillé un kamikaze qui n'avait pas attendu que je me couche pour tenter la traversée gamelle du chat-frigo en solitaire. J'ai chopé un sac plastique qui trainait et dans un réflexe que j'ai ô combien regretté je l'ai massacré à la main, tapant dessus en hurlant à mesure que je sentais son corps s'aplatir sous ma paume qui avait envie de vomir (oui je vomis des mains des fois). J'étais dans une telle rage que je l'ai achevé avec le gros livre de cuisine de Jamie Oliver (que je vous recommande au passage, pas seulement parce qu'il est efficace contre les cafards), et que quand j'ai voulu ramasser les morceaux il avait considérablement gagné en surface et en platitude (moi j'avais perdu approximativement six mois d'espérance de vie, je dirais).
Donc j'ouvre le lave-vaisselle pour prendre un bol.
C'était leur planque.
J'ai hurlé. J'ai rejeté la porte de la machine de toutes mes forces et j'ai fait un bond qui ferait rougir Newton et sa pauvre loi de la gravité. Là les mômes réveillés par mon beuglement sont arrivés en courant: maman maman qu'est-ce que t'as, qu'est-ce qu'y se passe???? C'est rien, ya un cafard leur répondis-je, mère courage toute en abnégation, le cheveux en pétard et l'œil torve.
Ah, ont-ils répondu, avant de repartir, blasés.
Je décidai alors de préparer le petit déjeuner en regardant le plafond, et de ne reposer les yeux sur le lino qu'une fois le jour bien arrimé.
A midi, j'entrai dans la cuisine. A terre, un cadavre retourné attendait la sépulture. J'avais refermé le lave-vaisselle avec tant de force que le choc l'avait tué.
Le soir, je me dis que je ne pouvais le laisser là. Armée d'une feuille de papier, je m'approchai du répugnant macchabée. J'avais décidé de commencer une collection et de le garder dans un pot, pour l'envoyer ensuite par la poste, avec des copains à lui, aux gens qui s'en foutent que chez moi ce soit un repaire de bestioles.
J'ai glissé la feuille sous le cadavre du matin et de mon innocence (non ça c'est n'importe quoi mais j'aime bien faire du style des fois). J'ai soulevé la feuille pour le faire glisser dans le pot.
Et là, il s'est mis à bouger les pattes.
Vite, vite, je l'ai mis dans le pot, vite j'ai vissé le couvercle en vomissant des mains.
Le lendemain matin, aux toilettes, j'ai eu la joie d'en croiser un autre, un bien gros, qui a attendu sagement que j'aille chercher un flacon d'insecticide et que je le spraye pendant de loooongues secondes asphyxiantes (pour tout le monde). Il est mort dans d'atroces souffrances et contre la poubelle. Chouette, ricanai-je, secouée d'un spasme de glauquitude, je vais l'envoyer rejoindre son copain dans le flacon, ça va aller vite ma collec'.
Je l'ai quand même laissé mariner toute une journée dans sa flaque d'insecticide pour être sûre. Le soir il y était toujours. Je suis allée chercher le flacon du mort.
Quand j'ai dévissé le bocal pour y glisser le nouveau copain, le mort de la veille s'est mis à remuer les antennes.
J'ai pas pu. J'ai refermé le bocal et jeté le cafard vaporisé dans les chiottes (j'ai pas vu qu'il était pas parti tout de suite, du coup je lui ai fait pipi dessus un peu plus tard, ajoutant l'outrage au meurtre, je suis comme ça).
J'ose plus regarder le mort qui reste dans le bocal. J'ai peur de le voir rigoler.
PS: c'est mon 100e post. C'est gentil d'être encore là.
samedi 3 novembre 2012
Animal rit
"Un matin que je partais disperser mon passé (non, un bout de mon passé, faut pas rêver hein) aux quatre vents d'un volcan en colère, alors que la voisine raciste dormait, que la mère célibataire polonaise ne criait pas encore, que la voisine aigrie n'avait encore aucun enfant en trottinette à se mettre sous la hargne, que la Mamie à chien ne squattait pas encore l'ascenseur avec son cabot aussi tremblant et fou de solitude qu'elle, que les voisins en "amicale" (oxymore en un mot, les membres de cette association étant tout sauf amicaux avec quiconque) n'avaient pas encore pris leur plume pour se plaindre auprès du bailleur que les chats du gardiens évoluaient en toute liberté dans la cour tels des animaux sauvages et furieux voire pleins de maladies, que le bailleur n'avait pas encore fait afficher par le gardien lui-même, au pilori de la honte, un avis de ranger ses propres chats, telles les confessions publiques avec panneau autour du cou des meilleures années du Grand Bond en Avant, que les voisins du dessus ne réveillaient pas encore tout l'étage en se hurlant des bengladaiseries à la tronche, que mes cafards faisaient encore la teuf dans la cuisine, que Ginette n'avait pas encore alpagué un passant pour l'envoyer acheter ses sèches et se mettre à pleurer qu'elle aimait bien sa ptite maman qu'était morte maintenant, que les mômes du 2e n'étaient pas encore sortis au Lidl faire à trois (3 ans, 5 ans, 7 ans) les courses pour les parents que personne n'a jamais vu sortir de chez eux, que le gros Monsieur qui sent pas bon n'était pas parti faire sa balade en poussant le fauteuil roulant vide qui lui sert de déambulateur (ou peut-être croit-il promener un être aimé disparu ou enfui), j'ai croisé une souris dans le hall. Elle courait très très vite, elle avait l'air très très en retard, elle a peut-être même regardé sa montre et elle était peut-être en gants blancs, je sais pas, j'étais dans le gaz, il était tôt, je voulais pas rater mon avion."
Extrait de "Alice au pays des HLM," éditions J'ai Bu.
Extrait de "Alice au pays des HLM," éditions J'ai Bu.
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Paris Habitat
mardi 25 septembre 2012
samedi 11 août 2012
Confessions
On est en couple depuis....pfffff ça me semble une éternité, et il fait trop chaud pour faire des maths. (Ou alors des factures à la limite. Pour le petit côté "je joue à la caissière." Et le grand côté "money makes the world go round").
Bien sûr, nous eûmes des orages comme disait Jacques, mais c'est tout de même l'amour fol.
Évidemment j'ai l'impression, toujours, que c'est moi qui mène la danse, que je décide de tout. Que si je ne fais rien, il ne se passe rien, mais peau de balle, hein. Que si je décide de rester au lit toute la journée, alors d'accord, on fait comme ça, on verra bien ce qui arrivera (et il arrive toujours la même chose: je me lève, parce que j'ai autant de volonté qu'une endive cuite parfois).
On se voit beaucoup. La nuit, évidemment, mais le jour, aussi. Tous les jours. Sinon c'est le manque direct, la boule à l'estomac (c'est beau hein? Sauf que pour l'héro ou le crack c'est pareil je vous rappelle. Alors bon finalement, non. Ca fait plutôt peur qu'autre chose une telle dépendance).
Je sais qu'il en voit d'autres que moi. Il sait que parfois je passe deux heures sans penser à lui. Mais c'est dans le contrat. On est bien comme ça. Des fois je chiale. Lui, jamais. Mais il sait se rendre infiniment chiant, et tenir longtemps. Et on me demande régulièrement si je n'ai pas envie de le quitter, d'en changer.
Le quitter?
Évidemment j'y pense. D'autant que ça ne se passe pas toujours très bien avec les enfants. Ils ont une relation particulière avec lui. Parfois ils le regardent avec des étoiles dans les yeux. Ils en parlent à leurs potes comme si c'était le meilleur du monde, comme si le simple fait que j'entretienne une relation durable avec lui pouvait entretenir une légitime fierté.
Mais la plupart du temps, ils ne l'aiment pas. Pas trop. Ils sont trop gentils (allez, soyons modestes: trop bien élevés) pour le dire en face, mais je vois bien qu'ils lui reprochent le temps que je lui consacre, dans leur certitude naïve que ce temps leur serait automatiquement réattribué si je mettais fin à notre relation (c'est cela oui.) Et d'ailleurs même le chat est jaloux et vient régulièrement me coller des coups de pattes quand je passe trop de temps avec lui à son goût.
Bref ça fait longtemps qu'on est ensemble, et là je viens de décider unilatéralement de faire une pause. Trois semaines, et je pars en vacances. Cataclysme affectif!!! La boule au creux de l'estomac est déjà arrivée, alors que je ne suis même pas encore partie, et qu'il est là, à côté de moi, et même qu'il me regarde écrire en attendant que je m'occupe de lui (oui, bon, j'arrive!) Il est pas trop pour: il m'a déjà dit qu'il me couperait les vivres le temps de ma "disparition". Ben tant pis je me débrouillerai avec les sous que j'ai (ça va je pars pas à Hawaii non plus).
Ca n'a pas été une décision facile à prendre, c'est même un déchirement. Mais il reste (il garde l'appart, que les cafards et le basilic ne dépérissent pas trop), je ne lui laisse même pas le chat qui prend son mois de congé à l'autre bout de l'arrondissement, ni l'ordi dont je ne me sépare jamais... Je vois bien qu'il est pas content: il m'a empêché de dormir toute la nuit le salaud (oui j'ai le droit de l'insulter, si vous saviez dans quel état il me met parfois, c'est pas cher payé la vengeance). Il reste. Enfin, j'espère qu'il reste. Je lutte contre la petite voix diabolique qui me dit qu'en trois semaines, il m'oubliera, et qu'il faudra tout recommencer avec un autre.
Je pars.
Salut, le taf.
mardi 3 juillet 2012
Choc
Il ne sera pas dit que l'été est pourri, car cette semaine, un de mes plus vieux rêves s'est réalisé: il a plu, oui, mais du chocolat.
Je déambulais avec désinvolture dans les dépendances de ma propriété (=je traversais la cour au milieu des trois blocs de HLM), le sourire aux lèvres (=tiens, ça sent pas la sardine, pourtant il est déjà 9h30) et l'œil vif (=en dormant à moitié) quand soudain, à un centimètre de mon corps, SPLATCH, a atterri sans douceur un petit chocolat suisse au lait encore emballé (j'ai mis des majuscules parce qu'il a crié en tombant vu que soit il venait de très très haut soit il avait pris pas mal d'élan).
Comme quoi on a beaucoup exagéré le niveau social des locataires de HLM parce que quand on en est à balancer du chocolat, suisse de surcroît, par les fenêtres, c'est qu'on ne manque pas de hamburgers (en revanche je n'ai pas encore reçu d'écran plat sur la tronche, ce qui est assez surprenant parce qu'une fois sur deux quand je vais à la cave je vois des gros cartons vide d'écrans plasma. Mais à passer par la fenêtre c'est moins facile.)
Je ne l'ai pas ramassé parce que j'ai ma dignité (ou mal au dos).
Sinon après le bel espoir du mois dernier (rappel des épisodes précédents: on m'a proposé un appartement, qu'il fallait que j'accepte sans savoir où il était, j'ai accepté), on a eu l'honneur de m'informer que le logement avait été attribué à quelqu'un d'autre, que j'étais arrivée 3e à la commission, et que si la personne se désistait j'aurais l'appart.
Et la 2e famille alors? Demandais-je naïvement.
La 2e famille, elle n'a pas été retenue. Donc je suis bien 3e, mais sur 2.
Fatigue.
Je déambulais avec désinvolture dans les dépendances de ma propriété (=je traversais la cour au milieu des trois blocs de HLM), le sourire aux lèvres (=tiens, ça sent pas la sardine, pourtant il est déjà 9h30) et l'œil vif (=en dormant à moitié) quand soudain, à un centimètre de mon corps, SPLATCH, a atterri sans douceur un petit chocolat suisse au lait encore emballé (j'ai mis des majuscules parce qu'il a crié en tombant vu que soit il venait de très très haut soit il avait pris pas mal d'élan).
Comme quoi on a beaucoup exagéré le niveau social des locataires de HLM parce que quand on en est à balancer du chocolat, suisse de surcroît, par les fenêtres, c'est qu'on ne manque pas de hamburgers (en revanche je n'ai pas encore reçu d'écran plat sur la tronche, ce qui est assez surprenant parce qu'une fois sur deux quand je vais à la cave je vois des gros cartons vide d'écrans plasma. Mais à passer par la fenêtre c'est moins facile.)
Je ne l'ai pas ramassé parce que j'ai ma dignité (ou mal au dos).
Sinon après le bel espoir du mois dernier (rappel des épisodes précédents: on m'a proposé un appartement, qu'il fallait que j'accepte sans savoir où il était, j'ai accepté), on a eu l'honneur de m'informer que le logement avait été attribué à quelqu'un d'autre, que j'étais arrivée 3e à la commission, et que si la personne se désistait j'aurais l'appart.
Et la 2e famille alors? Demandais-je naïvement.
La 2e famille, elle n'a pas été retenue. Donc je suis bien 3e, mais sur 2.
Fatigue.
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