samedi 11 décembre 2010

Sale type

Aujourd'hui j'ai reçu UNE réponse à la demi-douzaine de lettres que j'ai envoyées il y a dix jours pour protester contre les lettres-types dont je suis inondée.

En effet, quelle que soit la nature de ma demande, de mon grief ou de mon hystérie, la mairie ne sait que me renvoyer une lettre-type.

Contexte de ma dernière missive:
Un matin je me levai aux aurores (8h39) et j'allumai mon cerveau annexe (France Inter), seule manière efficace de me connecter au monde. Mal m'en prit puisque je tombai en pleine interview de Monsieur Jean-Yves Mano, autrement connu comme monsieur l'adjoint au maire responsable du logement de Bertrand D., voire Monsieur le président de l'Opac (tiens, ça me dit quelque chose). Ce gai-luron (voir photo) se défendait, agressé par des journalistes (sont méchants ces gens, n'importe quel membre du gouvernement vous le dira) refusant de faire comme s'ils ne savaient pas que certains HLM sont occupés par des gens riches. Ou juste assez aisés pour aller ailleurs. C'est La tribune qui a craché le morceau en preum's (enfin ya moi aussi mais personne ne lit mes lettres, c'est un scandale).

Monsieur Jean-Yves Mano est bien d'accord: c'est proprement scandaleux. D'ailleurs il va faire le ménage dans tout ça, et d'ailleurs les services concernés labeurent jour et nuit pour remédier au problème.

Ca m'a un tantinet agacée, dans la mesure où moi, j'écris régulièrement à l'univers entier que je gagne trop de sous pour justifier un logement HLM et que je suis volontaire pour aller ailleurs, non, même pas dans plus grand, juste dans plus cher (et évidemment, faut pas pousser l'iguane dans la cage d'escalier non plus, plus près de l'école pendant qu'on y est). Un PLI (logement intermédiaire), quoi.
Ce qui permettait de libérer mon FANTASTIQUE (dans mon pays les majuscules sont une marque d'ironie) logement en faveur d'une famille vraiment défavorisée, vu que c'est quand même trois pièces et quand même moins de 600 euros par mois (et dans mon immeuble vous n'imaginez même pas combien certaines familles arrivent à caser de membres dans trois pièces).

Donc, reprenons, j'étais agacée.
Étant donné l'heure matinale, ma légendaire timidité et le refus catégorique de mes cordes vocales de donner de la voix avant d'avoir avalé l'ami du petit déjeuner, hors de question d'appeler France Inter pour déverser ma faconde dans l'oreille de Monsieur Mano et des milliards d'auditeurs. Donc, j'ai fait comme d'hab: j'ai écrit. A monsieur le président de l'Opac, of course, mais j'ai un peu mis en copie la terre entière (l'autre jour à la Poste l'employé, qu'il soit béni jusqu'à la douzième génération, m'a indûment refilé un carnet de timbre. J'en profite). Dont la mairie, mon interlocuteur aveugle, sourd et muet favori.

En gros, ma lettre disait ça:
Cher Monsieur Mano, moi je suis dans le cas des gens dont vous causez, je peux payer plus que mon loyer actuel et filer mon appart à des pauvres, seulement quand j'écris à ma mairie socialiste pour leur dire ils ne font rien qu'à me répondre des lettres types. Quoi faire?

J'aurais pu rajouter "et c'est pas la mairie qui me contredira", car ce matin, donc, j'ai reçu la réponse de "Le secrétaire administratif Catherine Della Valle" (on est pas très féministe de la syntaxe à la mairie du XVIIIe semble-t-il), qui me renvoie une lettre-type pour accuser réception de ma lettre me plaignant de recevoir des lettres types.

Ubu maire, vous connaissez? Merdre alors!



jeudi 2 décembre 2010

Malédiction aquatique

Après des mois et des mois de plocs du plafond, c'est le radiateur de la cuisine qui se met à goutter. Les cafards ont enfin l'eau chaude dans la douche.


Illustration: la fuite de la cuisine (ou: Chérie, le chat! On a oublié le chat!)

mardi 16 novembre 2010

Noir! C'est noir!

Un samedi matin, à neuf heures (dès potron minet, quoi, sans blague, un SAMEDI!), nous fûmes réveillés par des coups de masse (boum), de perceuse (vrille), et des lamentations (les miennes. J'avais naïvement caressé l'idée d'une matinée bien grasse, ça arrive parfois, quand les voisins oublient de me se réveiller).

Comme je ne manque jamais une occasion de me jeter sur le premier cliché venu, je me hâtai de maudire mes voisins du dessus qui présentent l'immense avantage de me servir de réceptacle à râleries et récriminations (zavaient qu'à pas fuiter neuf mois dans ma cuisine). (Et je parle même pas des cris et autres vacarmes télévisuels, je serais malpolie très vite).

Mais, que justice soit faite, pour une fois, ce n'était pas eux.

C'était Paris Habitat, soutenu par les gentils ouvriers d'Otis, qui venait de décider au bout de deux mois d'immobilisme de réparer l'ascenseur en panne. Mais un samedi à neuf heures, hein, car la semaine ils doivent aller bosser dans les immeubles où ya des gens susceptibles de se plaindre que le ouikende, ils veulent dormir.

Quelques Dolipranes plus tard, ayé c'était fait. Ils ont même remplacé la porte palière, la nouvelle est d'un joli noir-déprime qui va assez bien avec le reste de la déco.


La vieille porte verte est plantée dans la cour, on attend le printemps, voir si elle fait des petits.


Du coup, d'émotion, l'autre ascenseur en est tombé quasiment instantanément en panne. Râââ.


jeudi 4 novembre 2010

Marteau, pis coeur

Quand les Feux de l'amoûûr de la voisine du dessous (oh Joooooohn, pourquoi m'as-tu caché que j'attendais un enfant de toi?) sont couverts par les coups de marteau polyglottes du voisin du dessus, grande est la solitude de la traductrice esseulée.

(Je ne sais pas à qui attribuer le © de ce Shaddock, je l'ai pompé sur le site d'une dame qui l'avait pompé sans dire où).

dimanche 31 octobre 2010

Ca pèle

L'automne est là, les feuilles tombent, les ptits vieux glissent sur les trottoirs mouillés, les chrysanthèmes surgissent aux vitrines des fleuristes tels des boutons sur le front prépubère.

Il fait gris et moche, et dehors aussi, le carrelage du hall 5 avance à grand pas dans la mochitude, les voisins se livrent au hurlement automnal pour être bien prêts à crier cet hiver. Ca pèle dehors, ça pèle dedans. Dans ma cuisine, la ploquitude a vécu, maintenant c'est opération séchage.

Tant qu'il pleuvait dans l'évier, je croyais, grande naïve, que seul le plafond était atteint. Mais j'assiste hélas chaque jour à un effeuillage en règle de la peinture de la cuisine. Shocking.




Et mes pauvres petits n'en mènent pas large. Ils ont beau essayer de cacher de leur corps l'impudique déshabillage des murs de la cuisine, ils sentent bien que ça va leur tomber dessus à court terme. Et moi au lieu de voler à leur secours, je les prends en photo. En cela j'obéis aux normes morales de notre XXIe siècle: tu prends en photo d'abord, tu discutes ensuite.

Je vous laisse juge de leur désarroi et du mauvais traitement que je leur réserve. Mais je veux qu'on sache que j'ai toujours pris le plus grand soin d'eux, de la grande comme du petit, et ce dans les nombreux appartements où je les ai trimballés. J'en profite pour leur faire passer un message qui les fera, j'espère, réfléchir à deux fois avant de se lancer sans moi dans la banquise du vaste monde, découragés par leur conditions de vie et la mauvaise hygiène que bien malgré moi je leur impose : mes chéris, ça ne durera pas toujours. Un jour on habitera dans un endroit salubre à nouveau. Sans cafards qui vous marchent dessus, sans peinture écaillée, sans voisins hystérico-fouteurs de gueule pour vous tenir réveillés la nuit. Tenez bon. Et surtout, comme vous l'avez fait pour la photo, restez toujours solidaires et ne vous séparez pas: à deux, on est plus forts.


mercredi 6 octobre 2010

Amuse tes amis

L'ascenseur est tellement, définitivement, désespérément, indubitablement, incroyablement, honteusement, bêtement, extrêmement, parfaitement en panne que les carreleurs s'en servent de LAMPADAIRE, tant ils sont convaincus que plus personne, jamais n'en ouvrira la porte:



Et ils l'enlèvent même pas en partant le soir. Certes, l'idée qu'un réparateur puisse intervenir après 17h est assez ridicule.

Qu'est-ce qui est vert, mais qui monte et qui descend plus du tout?
Un iguane dans mon ascenseur...

lundi 4 octobre 2010

pluploc

Il ne pleut plus dans la cuisine.
(Sauf la nuit dernière dans mon rêve, et c'était la mousson.)

J'ai envoyé aux voisins du dessus Monsieur D. un homme très très grand et trèèèès costaud, ainsi que pas mal noir, et qui en impose un max. Que quand il te regarde avec un sourire tu voudrais qu'il soit ton grand frère ou qu'il ait été là le jour où cette raclure de Christine D. t'a monté un guet-apens en CE1 et que tu t'es fait casser la gueule par tous ses potes au fond de la cour, alors que toi t'y allais pour jouer à l'élastique (t'aurais dû te méfier de cette envie soudaine de jouer avec toi au fond de la cour, derrière les toilettes, pendant que les maîtresses grillaient leurs clopes en salle des prof), bref, ce jour-là ça aurait été bien pratique d'avoir un géant très musclé pour leur rectifier la façade.

Là en l'occurrence, parce que finalement les clichés ont la vie dure et qu'un grand noir baraqué fait toujours meilleure impression qu'une petite blanche sans couilles, surtout quand il s'agit de revenir sur le droit chemin et de réparer un robinet, la force a eu raison de la bêtise et deux jours plus tard ça ne ploquait plus.

Le tout sans prononcer un seul mot de bangladais.

Je suis même pas sûre que Monsieur D. ait eu besoin de leur dire qu'il était expert en assurance.